Itinéraires polaires

25 septembre 2016

Arrivée à la Réunion

Vendredi 23 Septembre 2016

Nous sommes arrivée dans le port du Port, au nord-ouest de l'île, vers 10h du matin, à l'issue d'une traversée assez éprouvante pour moi. Je suis arrivé avec un niveau de fatigue élevé, et moins de 12h après avoir posé le pied sur Maurice, il fallait déjà repartir, en mer cette fois. Les deux premières heures après avior quitté Port Louis se sont déroulées normalement, mais arrivés au large, juste après avoir mangé quelque chose d'un peu écoeurant, je me suis senti assez mal, alors que nous filions vers le large dans la nuit. Je suis allé m'allonger, ce qui a fait passer le mal de mer, mais quand je suis revenu pour tenir mon premier quart, je sentais bien que ça n'allait pas trop. J'ai tenu tant bien que mal pendant une bonne heure jusqu'au moment où le vent s'est renforcé, ce qui était une consigne pour réveiller le capitaine. Une fois la chose faite, je suis retourné m'allonger... et dormir quelques heures, car de toutes façons j'étais vraiment crevé et peu capable de tenir le quart. Finalement, j'ai émergé vers 4h du matin, et je suis directement allé relever Georges qui avait bien du tenir le coup, en dépit de son manque de sommeil ! 

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J'ai tenu le dernier quart oscillant encore entre fatigue résiduelle et léger mal de mer, m'allongeant un moment entre les différents contrôles de cap du bateau, de vitesse du vent, direction du vent, détection de navire (visuelle et radar), de 4 à 6h, lever du jour, où les côtes réunionnaises dont je ne voyais que les lueurs se rapprochaient nettement. En dépit de mon état un peu hésitant, j'ai quand même savouré ce moment particulier d'approche de la Réunion par bateau, à l'image de nos ancêtres qui ne l'ont ainsi abordée pendant des siècles. Il me semble que ce parallèle vient assez naturellement entre cette façon de voyager et les visions qu'ont probablement eues nos lointains ancêtres, à commencer par les grands explorateurs.  Je suis allé me recoucher un peu pourb profiter au mieux des derniers instants de cette première traversée.

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Alors que nous passions au large de Saint-Denis peu après 8h, la proximité de l'aéroport de Gillot se signala avec la vision d'un avion sur le point d'atterrir, que j'ai suivi jusqu'au terme de la manoeuvre, réalisant que la piste était vraiment au bord de l'eau ! J'ai pensé alors que des gens avaient probablement aperçu Bluenote par le hublot, réalisant comme moi et au même instant qu'il y avait donc toujours plusieurs façons d'aller à la Réunion, bien que la voie maritime soit naturellement beaucoup moins utilisée de nos jours.

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Quant à ce premier aperçu de la Réunion, c'était comme je l'imaginais, tout en restant assez impressionnant vu de mer : une montagne tombant dans l'eau, avec de grandes pentes, et des maisons parfois bien perchées sur les flancs du relief

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La route du littoral semblait improbable et minuscule au pied de ces falaises. En longeant cette côte nord, nous avancions bien, poussés par un alizé encore bien établi, tandis que l'état de la mer s'améliorait un peu, et que je me sentais presque bien, en observation permanente. Notre objectif se rapprchait, juste après la pointe des Galets, que nous apercevions au loin :

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Et comme parfaitement prévu par les modèles météo, le vent tomba brutalement à l'approche de la pointe, zone souvent déventée. Du coup, pour continuer à avancer un peu et arriver au Port, on a remis le moteur pour la dernière heure. Au moment de doubler la pointe des Galets, jolet panorama à l'arrière vers les hauts :

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.Puis vint l'entrée au port :

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Une autre vue de l'entrée :

entreeport2Nous avons retrouvé la place réservée par Paul, le cousin de ma mère et futur équipier, sans problème.  Une fois le bateau amarré, nous avons attendu la visite du service des douanes. Il faut que j'explique ici l'importance de ce point : la raison pour laquelle j'ai passé si peu de temps à Maurice, c'était qu'il y sévit actuellement une épidémie de fièvre aphteuse, qui touche le bétail. La Réunion a nettement élevé son niveau de contrôle de tout ce qui vient de Maurice, les formalités douanières y sont plus dracnoniennes, et nécessitaient que nous nous présentions au plus tard le vendredi 23 après-midi pour les passer avant le week-end, sinon il aurait fallu attendre lundi matin pour poser le pied à terre à la Réunion.  L'option d'attendre un peu à Maurice restait possible, cependant, notamment pour des raisons de vent plus favorable, il a donc été décidé de partir dès le jeudi pour arriver vendredi à la Réunion.

Nous avons donc attendu l'arrivée des 3 douaniers, plutôt sympathiques d'ailleurs, qui nous ont bien expliqué le contexte et qui nous ont justifié le fait de saisir une grande partie de notre nourriture, même les quelques kilos de fruits et légumes très appétissants qui venaient de Maurice. Ils sont donc repartis du bateau avec de grands sacs poubelle bien remplis de nos vivres, notamment la salade de riz qui devait encore nous faire un repas ou deux. En partant, vers midi, on leur a demandé de nous indiquer et conseiller un petit resto au Port, pour nous dépanner. Nous avons ensuite fait le tour du port à pied pour rejoindre le "Lou Landais", déguster un magret de canard au poivre pas très couleur locale, mais très apprécié !

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Ci-dessus, une vue du port de plaisance. En dessous, une vue d'une des rues débouchant sur le port :

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En rentrant, nous sommes passer récupérer un accès Internet via le wifi du port, que j'utilise actuellement, puis nous reposer un peu de cette traversée courte mais fatigante. Ce que j'ai trouvé désagréable sur cette partie de l'Indien, entre Maurice et Réunion, c'est le mouvement assez irrégulier du bateau. J'admets bien que ça bouge, c'est naturel, attendu, mais ça me semble quand même beaucoup plus supportable quand ce mouvement est régulier, ce qui n'était pas vraiment le cas. L'Indien est réputé pour être pénible à naviguer, pour ces multiples houles qui se superposent de façon un peu chaotique, j'en ai déjà eu un petit aperçu !

Un peu plus reposé, à quai, j'ai fait un petit bilan de cette première traversée avec Georges, qui pense que les conditions de fatigue avancée liées au voyage, couplées à un enchaînement rapide sur le bateau pour la première traversée, expliquent l'inconfort de ce premier contact avec le large. Je mentirais en disant que je suis complètement rassuré pour la vraie traversée à venir, mais l'hypothèse me semble raisonnable. En tout cas, cela n'entame pas mon optimisme concernant les conditions de la future grande traversée, je pense que bien reposé, et amariné au bout de quelques jours, ça devrait aller.

Vendredi soir, le cousin Paul avait organisé au Club Nautique Portois voisin un apéro dinatoire avec les passionnés de voile du Club, dont il fait partie, pour nous souhaiter la bienvenue. Pas de doute : ce fut un bel accueil, chaleureux. Après quelques punch, nous sommes allés trouver un sommeil bien réparateur à bord du bateau.

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24 septembre 2016

Ile Maurice

Jeudi 22 septembre 2016

J'ai débarqué vers 5h du matin à l'aéroport de l'Ile Maurice, en provenance de Francfort, à l'issue d'un voyage sans histoire. J'avais moyennement dormi la veille du départ de Paris, assez excité par la perspective du voyage, en tout cas j'étais prêt et complètement tourné vers l'objectif. Je n'ai pas non plus beaucoup dormi dans l'avion me menant à Maurice, si bien que je savais que cette journée allait être aussi éprouvante qu'hors de l'ordinaire. J'ai quand même pu profiter du voyage pour observer par le hublot ces nombreuses zones du monde qui me sont inconnues, avec notamment un survol de l'ouest des Balkans qui s'est conclu par la pointe sud du Péloponnèse :

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Un peu plus tard, avec les derniers rayons solaire, c'est la Crète qui se déployait toute en longueur sous nos pieds :

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Ensuite, avec dernières lueurs du jour, en approchant de la côte égyptienne, avec une atmosphère certainement chargée en sable saharien, le ciel a offert une palette de couleurs assez agréable :

couchavLa dernière chose que j'ai aperçue fut le trait de la côte égyptienne, ensuite quelques lueurs de ci de là mais presque rien, certes il y avait beaucoup de zones désertiques sous nos pieds, mais par instants quelques lueurs ça ou là, sauf en arrivant vers Addis Abeba dont on voyait parfaitement bien les lueurs par mon hublot, quelques heures après. Puis plus rien jusqu'à Maurice. 

Mon oncle Georges, le capitaine de Bluenote, était gentiment venu me chercher aux aurores à ma descente de l'avion, tandis que le bateau mouillait à une heure de route de là, de l'autre côté de l'île, à Grande Baie. A peine descendu de l'avion, après un contrôle d'immigration un peu plus long qu'à l'habitude en raison de ma situation particulière (pas de billet d'avion retour, simplement un papier disant que j'embarquais comme équipier à bord de Bluenote), je retrouvais Georges qui m'attendait et nous sautions dans une voiture pour retrouver le bateau.

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Je l'avais bien sûr vu en photo de nombreuses fois, même en vidéo, mais ça fait quelque chose de le voir en vrai, et vers 7h du matin en heure locale, j'embarquais donc accueilli par Alain et Jean Pierre, les deux équipiers de Georges qui venaient de traverser l'Océan Indien depuis Bali, avec lui. Ca fait quand même une drôle d'impression de mettre le pied à bord, en se rappelant le périple déjà accompli du bateau, et en imaginant que ça va devenir mon lieu d'habitation pour quelque temps, dans des mers plus ou moins clémentes... ! Après un petit déjeuner tous les 4, nous avons levé l'ancre pour la dernière navigation des équipiers de l'Indien, de Grande Baie à Port Louis.

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La navigation de Grande Baie à Port Louis est courte, nous avons mis 2 heures en gros, avec un bon vent 15-20 noeuds au portant, le bateau marchait bien et a même atteint 12 noeuds en pointe. Jolie vue vers la côte, avec le relief mauricien dominant de nombreuses maisons côtières.

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Derrière nous, les petites îles du nord de Maurice dont on s'est inexorablement éloigné :

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De jolies vues vers la côte :

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Un peu plus tard, en approchant de Port Louis, on voit de nombreux bateaux de pêche, souvent asiatiques (Malaisie, Taïwan), on devine bien qu'on approche d'un gros centre urbain :

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En arrivant à Port Louis :

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Tandis qu'Alain et Jean Pierre terminaient d'empaqueter leurs affaires après leur séjour de plus d'un mois, nous devions nous occuper des formalités administratives de départ. J'ai pour cela accompagné Georges au bureau de l'immigration mauricienne de Port Louis, situé assez loin du quai des Douanes où se trouvait le bateau. A l'issue d'une bonne petite marche de près d'une demi-heure, nous avons trouvé un sympathique officier qui nous a fait remplir les papiers, et tamponné mon passeport pour la deuxième fois de la journée. Je pense pouvoir affirmer faire partie d'une minorité de gens qui ont voyagé moins de 12 heures à l'île Maurice. Cette petite marche vers la mi-journée, qui m'a permis de mieux faire connaissance avec les ardeurs du soleil tropical, m'a donné un premier petit aperçu de Port Louis, ville très vivante à l'architecture très hétérogène, l'influence indienne me semblant largement prédominante.

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Déjeuner tous les 4 à bord au quai des Douanes, admirablement préparé par Jean Pierre, dont les talents de cuisinier "simple mais efficace" se sont effectivement confirmés, au cours duquel j'ai eu le privilège de gouter au fameux thazard pêché lors de leur traversée de l'Indien, très agréable. Ensuite, nous avons dit au revoir à Alain et Jean Pierre qui sont partis prendre leur avion, et nous nous sommes retrouvés tous les deux, Georges et moi, à bord. L'occasion d'aller faire un dernier petit tour pour avoir au moins un petit aperçu de Maurice, dans les rues avoisinnantes de Port Louis, notamment au marché local, plein de fruits et légumes :

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Nous avions ainsi une belle cargaison locale à bord, notamment de superbes tomates, carottes. A côté de maison basses, se trouvent quelques buildings plutôt élevés :

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C'est donc un mélange assez amusant, la ville est assez propre, on sent qu'il y a de l'argent, et des styles bien différents se cotoient.

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Après mon petit tour, j'ai pris une dernière photo de Bluenote sur le quai des Douanes :

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16h passées, il était temps de prendre le large, les formalités étant accomplies, et c'est finalement vers 17h que nous sommes sortis de Port Louis, pour rejoindre le large avant le coucher de soleil, qui tombe vers 18h. En sortant du port, surprise, alors que je l'attendais à son port habituel à la Réunion, le Marion Dufresne, bien connu des habitants des Terres Australes et Antarctiques Françaises (il fait les rotations entre la Réunion et les Kerguelen), se trouvait là !

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En sortant de Port Louis, belle vue entre ombre et lumière de fin de journée sur les alentours :

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Les lueurs du couchant à bord de Bluenote

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Dernières vues sur Maurice :

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Ce petit aperçu de Maurice m'a au moins donné l'idée et l'envie d'y retourner pour voir davantage ce que j'ai aperçu, essentiellement depuis le bateau. Les côtes mauriciennes s'éloignaient donc dans l'obscurité, et la première nuit à bord se profilait, je me sentais bien, fatigué bien sûr, même si cette fatigue était restée un peu cachée jusque là, devant toutes ces nouveautés dont il fallait profiter au maximum...

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19 septembre 2016

Proche du départ...

Ce lundi soir, me voici à 36 heures du départ pour ce voyage original, qui va me mener de l'île Maurice à l'Afrique du Sud. Les dernières semaines ont défilé très vite, bien remplies par le boulot, puis par une bonne respiration corse en début de mois de septembre. J'ai mis un peu de temps à m'y projeter vraiment, puis, tout naturellement, l'excitation est venue dans ces toutes dernières semaines, notamment grâce à la lecture des très bons billets d'un des équipiers actuels du bateau, Bluenote, que vous pourrez lire sur le blog http://bluenoteenmer.blogspot.fr qui permet de goûter à certains détails du voyage, très bien relatés.

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C'est donc à l'île Maurice que cela va commencer, pour moi. Mon premier contact avec les Tropiques, après être allé souvent bien au delà au nord, et lors d'une inoubliable année, abondamment racontée sur ce blog, bien au delà au sud. Ce n'est pas pour rien que le nom de ce blog reste encore aujourd'hui Itinéraires polaires, en hommage à ces régions qui m'ont toujours attiré et fasciné. Je n'ai jamais douté qu'il y ait plein de merveilles à découvrir quelque part au milieu, entre les deux. Cette occasion m'est donc magnifiquement offerte par mon oncle Georges et son catamaran durant les prochaines semaines. Impatient de découvrir la sensation de liberté donnée par le voyage en bateau, en plus.

 

Je suis heureux que cela me donne également une occasion de revivifier ce blog depuis l'époque "glorieuse" de l'Antarctique. J'ai toujours pensé que je manquais de bonnes occasions de reprendre cette plume électronique pour y raconter des choses plus intéressantes que ma vie ordinaire. En écrivant ces lignes, je ne suis déjà plus tout à fait à Paris, et pas encore là bas, je ne saurais trop situer la chose. Je me sens dans cet état bizarre qui précède le saut vers une part d'inconnu, sensation que je n'avais plus connue depuis longtemps, assez déroutante, mais plutôt agréable. La réalité qui m'attend n'est pas encore palpable, assez floue malgré tout, tout en n'appartenant plus tout à fait à celle dans laquelle j'évolue, le voyage est parti, dans ma tête !

 

Je pense à la chance qui m'est offerte, à certaines circonstances, assez rares je crois, de l'existence, qui permettent de nous sortir complètement de notre routine, eh bien j'y suis. Rien ne me semble moins banal que cela. Je pars en confiance, avec beaucoup de curiosité à propos de ce qui m'attend, de la façon dont je vivre ce qui m'attend, voire, même si c'est bien trop tôt, de ce que je vais en retirer. D'une certaine façon, j'étais mieux préparé à l'aventure antarctique, sur laquelle j'étais largement renseigné, au fur et à mesure d'une très longue préparation, que sur les détails du voyage à venir. Mystère du déplacement lié au voyage itinérant contre un voyage fixé sur une base, aussi extraordinaire soit-elle. Mais c'est bien ainsi aussi, sans doute, pour se laisser porter par la découverte, cette petite part d'aventure à venir. A très vite depuis les latitudes tropicales !

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01 septembre 2016

Aléas climatiques

Septembre, l'été météorologique est maintenant terminé. Pour moi, c'est le moment des vacances qui approche, j'aurai le temps de revenir dessus et de nettement augmenter l'activité de ce blog dans les prochaines semaines. Pour l'heure, je voudrais rester sur deux événements climatiques, qui ont été assez marquants ces derniers mois : la crue de la Seine à Paris début juin, et la canicule bien tardive de cette fin août. Chacun de ces deux événements, à sa manière, est hors norme. On pourra me rétorquer que l'histoire du climat est jalonnée d'événements hors normes, en effet, mais ceux là ont peut être quelques ingrédients de ce qui nous attend dans le futur.

La crue de la Seine de juin 2016

La crue de la Seine s'est produite à la suite d'un épisode pluvieux exceptionnel, qui s'est produit fin mai (détails sur un article Météo France), qui a conduit à de nombreux records de pluviométrie dans la région Centre. Au départ, ce sont des fleuves en amont de la Seine qui ont vu leurs cours d'eau déborder, comme le Loing, qui a connu une crue centennale à Nemours entre le 1er et le 2 juin, dépassant là bas les cotes atteintes lors de la crue de 1910. L'onde de crue s'est ensuite propagée et c'est deux jours plus tard, les 3 et 4 juin, qu'elle a atteint sa cote maximale à Paris.

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Sur ces données issues du site vigicrues, on voit que le maximum a été atteint dans la nuit du 3 au 4 juin, et la valeur finale retenue fut de 6,10m au pont d'Austerlitz, une valeur proche de celle atteinte lors de la crue de 1982. On peut donc affirmer que c'est la plus forte crue de la Seine à Paris depuis 1982, donc 34 ans !

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Sur cette vue de chez moi le 3 juin, on peut voir le port de l'Arsenal bien inondé avec l'eau qui débordait largement sur les quais.

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La scène était assez surréaliste, de voir toute cette eau, là où on n'a pas l'habitude de la voir. Au fil des jours et de la montée de la Seine, régulièrement réévaluée à la hausse, j'ai commencé à avoir un peu peur pour ma cave, dans laquelle je suis descendu pour réhausser quelque éléments. A mon avis, à cette hauteur, il ne fallait pas que l'eau monte beaucoup plus pour inonder les caves de mon bâtiment situé si près...!

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J'ai produit cette petite image le 4 juin au boulot, représentant le nombre de minutes d'ensoleillement, chaque jour.  Et c'est ce qui était frappant lors de cette période de crue : le phénomène était déjà assez peu commun par son ampleur, mais cette ambiance étrange de longues journées grises où on regardait l'eau monter avec une certaine fébrilité était incroyable ! Au début il y a eu ces fortes pluies qui ne semblaient jamais cesser sur la région, Paris incluse, et ensuite, même quand la pluie a cessé (ou quasiment), le soleil est resté totalement absent plusieurs jours. Effectivement, une telle séquence de 6 jours consécutifs sans la moindre minute de soleil n'avait jamais été mesurée à Paris en mai-juin, où les journées durent en plus si longtemps, depuis le début des relevés !

Si je résume : des records de pluviométrie, mais aussi de faible ensoleillement. Il y a un autre élément qui ajoute au côté hors norme, mémorable, de cet épisode : il s'est produit en juin ! Il faut probablement remonter des siècles en arrière pour trouver trace d'une telle crue en juin. Les crues sont typiquement hivernales, quand les sols saturés n'absorbent plus l'eau de fréquentes perturbations, que la végétation en dormance n'absorbe rien, qu'un temps frais et peu ensoleillé de toutes façons n'évapore que très peu ce qui tombe. Parfois en fin d'hiver/début de printemps, la fonte des neiges vient également gonfler les cours d'eau. Mais là, rien de tout cela. Simplement un épisode météo exceptionnel par sa pluviométrie. On parle là d'un épisode centennal à l'échelle de la région Centre toute entière, ce qui n'est pas rien.

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Et finalement, après 6 petites minutes de soleil qui sont quasiment passées inaperçues samedi 4 juin, et qui n'ont probablement pas concerné toute la ville, c'est véritablement le dimanche 5 que le soleil est plus nettement réapparu, alors que l'eau commençait à se retirer doucement, comme on le voit sur la photo ci-dessus. Une séquence exceptionnelle par son humidité ambiante donc, la grisaille hors norme en cette saison de longues journées, et cette eau... ! Pour l'anecdote, je retiendrai aussi que j'ai accompagné, avec un autre collègue, le PDG de Météo-France pour présenter à notre Ministre de tutelle (Ségolène Royal, Environnement) un point météo lors de la petite cellule de crise qu'elle avait réunie devant un parterre de journalistes le 31 mai en fin de journée, si je me rappelle bien. Une semaine un peu hors norme à tous points de vue, dont je me souviendrai longtemps !

 

La canicule exceptionnellement tardive d'août 2016

Après un été qui s'était jusque là déroulé sans véritable coup de chaleur généralisé, une masse d'air brûlant a envahi le pays le 23 août et s'est installée les jours suivants, ce qui a donné lieu à des séries de températures très élevées, dignes de l'Andalousie ! On a ainsi dépassé tous les jours, du 23 au 27, les 35°C à Chateauroux, dans la région Centre (encore une fois !), depuis que la station existe, soit 1893, une telle séquence de température ne s'était produite qu'une seule fois, pendant la grande canicule d'août 2003. Un très grand nombre de stations, essentiellement de la moitié nord, ont battu des records de température pour une fin août (point plus complet sur l'article sur le site de Météo-France).

Moi qui pensais un peu naïvement, arrivé au 15 août, que la partie la plus chaude de l'été était derrière nous, je me trompais lourdement : nous avons clairement connu la vague de chaleur de cet été 2016 du 23 au 28 août, avec des nuits assez pénibles en ville, comme à chaque fois dans pareil cas.  Ce qui est remarquable, c'est qu'il fait encore chaud en ce début septembre, des records de chaleur ont encore été battus, cette fois près de la Méditerranée, aujourd'hui. D'autres records pourraient suivre dans les prochains jours, la chaleur semble encore vouloir rester un bon moment sur le pays ! 

Ainsi, cet été (juin-juillet-août, en météorologie) qui avait débuté dans cette humidité record début juin, s'est achevé dans la chaleur marquée, la sécheresse et sous beaucoup de soleil fin août, et semble vouloir jouer les prolongations au moins pour ce début de mois de septembre. Ah ! les charmes des variations des cycles météo, ça me passionne toujours autant, j'avoue ! Ces variations particulièrement marquées cette année ont fait passer l'humidité des sols sur le pays d'un niveau record juste après les déluges de fin mai à un niveau inférieur à la médiane en cette fin août :

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Des marqueurs du changement/réchauffement climatique ?

Peut-on relier ces événements extrêmes au changement climatique ? Concernant la vague de chaleur tardive, c'est assez clairement oui. Il y a toujours eu des vagues de chaleur par le passé, parfois bien tardives comme en septembre 1911, mais celle que nous avons connue cette année est exceptionnelle par les niveaux de température atteints sur une durée aussi longue, aussi tard dans le mois d'août. Ca correspond bien à ce qu'on attend comme conséquence du réchauffement climatique, on peut donc considérer cet événement hors norme comme un précurseur des séquences analogues du futur, peut être encore un peu plus chaudes, et plus tardives ?

Concernant la crue de la Seine, on ne voit pas de lien avec le réchauffement climatique. En revanche, l'épisode pluvieux d'une intensité exceptionnelle qui en fut à l'origine, pourrait être à sa façon aussi un précurseur, même si le lien est moins clair que pour la température. Il semble y avoir des études qui montrent que dans un climat plus chaud, évaporant davantage de vapeur d'eau, les précipitations intenses comme cela pourraient être encore un peu plus intenses. En ce sens, sans pouvoir relier l'épisode pluvieux record au changement climatique, il y a des éléments qui laissent à penser qu'un tel événement aurait plus de probabilités de se produire dans le futur.

A bientôt pour une transition vers le voyage en bateau qui se rapproche maintenant à trois petites semaines !

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12 juillet 2016

Un passage... au sommet !

Je me rends compte que j'ai dû établir un record depuis mon dernier billet, qui date d'il y a 3 mois ! Il se trouve que je devrais reprendre beaucoup plus fréquemment ma plume électronique dans les prochains mois, avec l'approche du voyage sur le bateau de mon oncle, qui vient d'arriver à Bali. Il va y rester un moment (un bon mois dans les parages), avant d'effectuer la traversée de l'Océan Indien, au terme de laquelle, vraisemblablement à l'île Maurice, je devrais embarquer. Ce printemps a filé très vite, j'ai eu deux séjours corses dans l'intervalle, toujours aussi agréables mais sans grand événement. Puis, jeudi 7 juillet dernier, je me suis déplacé pour un événement météorologique important : l'inauguration de la toute nouvelle station météo au sommet du mont Ventoux.

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L'association Infoclimat de passionnés de météo, dont je suis membre et proche depuis longtemps, a ainsi installé une station au sommet de cette tour de télécommunications (Orange), très proche du véritable sommet, d'où j'ai pris la photo. La météorologie nationale avait installé une station de mesure au sommet pendant des décennies, mais elle a fermé en 1968, et depuis aucune mesure météo n'y avait été effectué. La motivation et la tenacité des amis administrateurs d'Infoclimat a permis, grâce à de nombreux partenaires, d'acheter puis d'installer du matériel approprié, afin que les mesures reprennent en ce lieu emblématique des tempêtes de vent (mistral, ou marin).

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La petite cérémonie d'inaguration a donc eu lieu vers 11h ce jeudi 7 juillet, la station ayant été testée tout l'hiver. On voit ci-dessus le moment du discours des différents intervenants, ici Laurent, président d'Infoclimat. Les relevés sont maintenant accessibles sur un site dédié http://www.meteo-ventoux.fr, ainsi que sur le site d'Infoclimat, avec les données archivées. Je suis à la fois heureux et fier en tant membre d'Infoclimat que l'association ait mené à bien ce projet qui va nous apporter des données assez rares, mais aussi un peu triste en ma qualité de météorologue de Météo-France que mon établissement n'ait plus les moyens d'assurer ce genre de mission. Ce genre de service qui n'apporte pas de rentabilité n'est pas vraiment dans l'air du temps...

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En tout cas j'ai pu découvrir à cette occasion le mont Ventoux, le géant de Provence, qu'on voit bien dominer les environs depuis la plaine, à l'Ouest (nous sommes montés depuis Bollène). C'est en roulant que la photo précédente a été prise.  Sur la route, un peu plus loin, court arrêt indispensable dans un lieu célèbre pour sa crue catastrophique : Vaison-la-Romaine.

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On voit sur la photo ci-dessus une photo prise depuis le pont romain, qui a été submergé lors de la crue impressionnante de l'Ouvèze du 22 septembre 1992. Le repère de crue est indiqué sur la plaque à droite, tandis que l'on voit l'Ouvèze, en contrebas, un petit ruisseau bien tranquille. En quelques heures, il était tombé 150 à 300mm de pluie sur les environs, ce qui a mené à une crue éclair de l'Ouvèze, typique des régions méditerranéennes.

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De l'autre côté du pont romain, c'est bien le mont Ventoux que l'on voit au fond ! La journée est belle, nous filons donc vers la montagne.

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Un peu plus loin sur la route, les premiers cyclistes, en effet, le Ventoux est mythique pour les cyclistes, très nombreux à tenter de le grimper à la belle saison, on en a effectivement doublé pas mal dans la montée.

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Un peu plus haut, après quelques kilomètres de montée, une jolie vue vers le Nord-Ouest, en gros de là où nous sommes venus, depuis les pentes du Ventoux.

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Un peu plus tard le sommet se rapproche, et on arrive à la limite de la végétation, pour entrer dans le paysage lunaire célèbre du sommet.

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Et voici le sommet, la tour est dans un domaine militaire non accesible au public. En revanche, la terrasse que l'on voit au premier plan est bien accessible, et c'est précisément sur cette terrasse que se trouvaient à l'époque les instruments météorologiques de mesure de mes anciens collègues. Ca m'a fait un petit quelque chose de marcher sur cette terrasse en pensant aux années d'observations, parfois dans des conditions dantesques, qui y avaient été effectuées.

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Sur la photo ci dessus, on voit donc la tour télécommunications, avec un zoom sur l'anémomètre, un modèle à ultrasons qui ne fonctionne plus comme les anciens, qui tournaient avec des coupelles. La technologie employée jusqu'en 1968 avait tendance à surestimer les vents forts, comme on s'en est aperçu au fil du temps. On aurait ainsi relevé une rafale à 320km/h au sommet du Ventoux (comme en... Terre Adélie dans les années 1970 !), mais cette valeur me paraît surestimée, comme l'étaient bien trop souvent les valeurs élevées de l'époque. Une valeur voisine de 250-270km/h me semble plus probable. En tout cas, ce nouvel anémomètre va avoir la tâche de nous renseigner sur les valeurs parfois impressionnantes que l'on subit au sommet ! L'avantage de ce modèle à ultrasons est qu'aucune partie mécanique n'étant en mouvement, il n'y a pas de risque de casse/usure. Il est dégivré en hiver pour continuer à mesurer.

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Une autre vue vers le Sud-Est cette fois, qui montre bien le côté lunaire du sommet, surtout sur le versant sud. Pour donner une idée des conditions météo, lors des tests hivernaux, lors de l'hiver passé qui ne fut vraiment pas caractérisé par sa rudesse, on a mesuré, le 16 janvier 2016, -11.0°C sous abri, avec un vent moyen à 129km/h, et une rafale à 178km/h ! Des conditions tout à fait dignes d'une des belles tempêtes que j'ai vécues en Terre Adélie en 2009... A l'héure où j'écris ces lignes, la rafale la plus forte enregistrée par la station est de 182km/h le 21 novembre 2015. Pour rappel, la plus forte rafale de mon séjour adélien en 2009 fut de 187km/h, valeur atteinte à 3 reprises dans l'année, si mes souvenirs sont bons... A suivre dans les prochains mois !

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En tout cas, bien loin de ces conditions dantesques, c'est avec un joli 18°C, un soleil de plomb et un vent très faible que nous avons pu effectuer cette petite cérémonie d'inaguration. L'ombre est rare au sommet, en plein soleil, à 1900m d'altitude, je n'avais pas oublié la crème solaire ! Les conditions devraient d'ailleurs changer dans les prochains jours, notamment pour l'arrivée au sommet de l'étape du Tour de France 2016 jeudi 14 juillet, on va voir... !

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Du monde vers l'heure du déjeuner en tout cas pour admirer la belle vue sur les Alpes, notamment la barre des Ecrins et le mont Pelvoux ici au centre de la photo, si je me rappelle bien. Nous avons fini par un déjeuner en contrebas sur la route du sud, au chalet Reynard, avec les administrateurs et quelques adhérents d'Infoclimat. Quand je suis redescendu dans les plaines, vers Avignon, on étouffait avec 34°C, bien loin des 18°C du sommet, un autre monde !

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Un banc comme je les aime : ouvert sur l'infini, la plaine provençale en l'occurrence. Au fond, la Méditerranée, invisible ce jour là.

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Une dernière vue du sommet en redescendant côté Sud, le côté lunaire est vraiment frappant.  On voit la tour télécom à droite, où se trouve "notre" nouvelle station. A l'heure où j'écris ces lignes, ce 12 juillet au soir, il fait 8.2°C, avec des rafales de mistral modestes pour le moment, à 55km/h, mais qui forcissent un peu. A suivre !

C'est tout pour ce soir, mais je reviendrai très prochainement sur les aléas climatiques récents, notamment la crue assez historique de la Seine du début juin, dont j'aurais dû parler depuis longtemps sur ce blog !

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09 avril 2016

Mouvements

Voici le printemps, cette belle saison que je n'ai jamais cessé de célébrer, d'aimer, depuis mon plus jeune âge. En cette année 2016, on sent que ça bouge, il y a du mouvement : d'abord dans certaines rues de France, plus nombreuses ces derniers temps, où de nouvelles initiatives émergent. A côté de cela, à titre personnel, je vais avoir la chance de faire un voyage spécial après l'été. Tout ce mouvement fait du bien parce que j'ai besoin, nous avons tous besoin, de ces choses qui élargissent un peu nos horizons, qui libèrent potentiellement notre créativité.

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D'abord, c'est donc à Paris que ça a débuté, avant d'essaimer un peu partout en France (et au delà) : le mouvement Nuit Debout. Fruit d'une profonde défiance et déception vis à vis de la classe politique actuelle, porté par l'énergie des jeunes à l'avenir barré dans un monde qui n'a pas encore réalisé sa mutation, je vois aussi cela comme une tentative de réponse collective à l'individualisme ambiant. Evidemment, tout cela me séduit sur le principe. Je ne me suis rendu qu'une seule fois sur la place de la République pour le moment, pour prendre en quelque sorte la température, et j'y ai trouvé à peu près ce que j'imaginais, sans grande surprise, mais sans déception. Les gens parlent beaucoup parce qu'ils ont des choses à dire, à traduire concrètement, et qu'ils sont très heureux de se regrouper, hors de tout cadre préexistant.

Je ne me sens pas pour autant ni l'énergie, ni la foi suffisantes pour prendre davantage part au mouvement en ce moment,mais je pense y retourner prochainement pour voir comment cela évolue, et je me garderais bien de fermer par principe tout porte. Cela fait déjà du bien de voir que ça existe, qu'il y a des gens qui souhaitent apporter d'autres réponses aux problèmes de notre temps, quitte à tout imaginer, parce que finalement, notre vraie richesse, elle est dans l'inventivité des gens, trop souvent bridée, voire découragée, dans le système actuel assez injuste, et à l'horizon rétréci. Le mouvement... c'est la vie, bien sûr. Aucun système n'est définitif, tout est perpétuellement mouvement, se le rappeler nous fait "juste" sentir plus vivants. Alors, merci pour ce mouvement, à suivre...

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L'autre mouvement auquel je pense, c'est la très chouette opportunité que m'offre mon oncle Georges de m'embarquer quelques semaines à bord de son catamaran. En effet, il a fait l'acquisition d'un bateau qui se trouve à l'est de l'Australie actuellement, et qu'il compte ramener en France. Il m'a sollicité, parmi d'autres, pour l'accompagner sur une partie de ce long voyage. Pour des raisons de calendrier qui permettent une compatibilité avec mon boulot, je devrais le rejoindre sur le créneau qui ira de l'archipel des Mascareignes (à l'île Maurice, peut être Rodrigues, pointée sur la carte), jusqu'à Richards Bay, à l'est de l'Afrique du sud. Ne pas se fier au trajet d'avion matérialisé sur la carte ci-dessus, qui donne juste une indication du point de départ et du point d'arrivée.

Le bateau, une autre façon de se déplacer, d'explorer notre planète. C'est une belle aventure pour moi, car mon expérience en voile est assez limitée déjà, mais il va s'agir d'une période de quelques semaines, là où j'en ai simplement fait à la journée jusqu'ici. Ce sera aussi mon premier séjour sous les Tropiques. L'île Maurice, la Réunion, peut être la moins connue Rodrigues, puis certainement une partie le long de Madagascar, avant d'arriver en Afrique du sud. Tant de lieux nouveaux, au rythme du bateau. Un beau mouvement en perspective en tout cas, je réalise cette chance. Normalement, cela devrait se faire après l'été, donc à cheval entre septembre et octobre prochains, les dates restant à préciser.

On déduira aisément de tout ce que je viens d'écrire que je vais particulièrement bien en cette année 2016, tout ce contexte me donne beaucoup d'énergie positive, et je reconnais que cela commence à faire longtemps que je n'ai pas connu de vraie petite baisse de moral ou de régime, dont j'ai souvent été coutumier.  On peut aussi déduire de l'annonce de mon futur voyage que ce blog devrait non seulement reprendre de l'activité, mais même de façon plus soutenue dans quelques mois. Quitte à m'écarter un peu, pour une fois, de mon thème polaire de prédilection. J'aime toujours et suis toujours autant fasciné par les pôles, mais je reconnais qu'il y a tant de choses à voir ailleurs je vais avoir la chance d'en avoir un petit aperçu.

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Difficile pour moi de ne pas afficher un petit bout de Corse pour parfaire à ce discours plein de bonne énergie, avec cette photo prise lors de mon dernier séjour de mars, le traditionnel lenticulaire du Cap Corse, pris vers le lever du jour, toujours aussi agréable. La tentation, l'attraction de la Corse est toujours aussi puissante, les séjours toujours aussi bienfaisants. Je conclus en remerciant ceux qui me lisent encore, depuis tout ce temps, et laissent des commentaires sympas : j'aime garder cette petite dose de partage. A bientôt et vive le printemps en cette année de mouvement !

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02 février 2016

Et janvier fila...

J'ai donc réussi à laisser filer le mois de janvier sans laisser le moindre message sur ce blog. J'ai eu le bonheur de débuter cette année par un séjour d'une grosse dizaine de jours en Corse. C'est devenu une habitude au fil des ans, et je me ressource autant que prends un bon élan pour débuter la nouvelle année. J'ai eu la joie de pouvoir photographier un superbe arc-en-ciel au cours de ce séjour, le 12 janvier au matin :

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Un séjour solitaire très réussi au calme, au coin de mon feu de cheminée, beaucoup de contemplation, et l'installation d'une nouvelle webcam qui est venue remplacer celle qui avait été foudroyée en décembre 2014 sur le toit. Je suis en train de remettre la vue des 3 webcam sur mon site http://penta.meteomac.com. Toujours de belles ambiances au lever du soleil :

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Egalement de petits lenticulaires à l'aspect toujours sympathiques :

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Plus inhabituel en cette saison : une mer de nuages très bas, beaucoup plus typique du printemps :

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 En effet, ce phénomène se produit quand une masse d'air très douce survole une mer relativement froide, typiquement lors des premières douceurs printanières. Mais comme cet hiver est exceptionnellement doux, et que la mer s'est tout de même légèrement refroidie... !

Comme souvent, avec l'élévation du soleil au début de la journée, la couche de nuages bas est agitée et elle s'élève elle-aussi un peu, avant dissipation, voilà ce qu'on pouvait apercevoir une heure après environ :

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Ca, c'est la photo quelques minutes avant le bel arc-en-ciel du début, ce matin là un libecciu assez fort soufflait au village depuis la montagne, on voyait bien, éclairée par les premiers rayons du jour, la masse nuageuse et pluvieuse qui tentait de déborder depuis la montagne. J'étais assez confiant sur la possibilité d'un arc-en-ciel, avec le soleil dans le dos...

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Il est officiellement un peu tard pour souhaiter bonne année maintenant, mais le coeur y est quand même. De mon côté, elle démarre très bien avec un projet de voyage très intéressant après l'été, que je détaillerai prochainement, et qui devrait m'entraîner assez loin de mes sentiers battus, aussi sympathiques soient-ils.  En tout cas, cela offre de bien belles perspectives pour cette année, que j'espère la plus sereine et apaisée à toutes et tous.

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14 décembre 2015

COP ou pas COP ?

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Le chapitre très médiatique de la COP21 s'est rapidement refermé, probablement à cause des éléctions régionales. Je tenais tout de même à revenir un peu sur cet épisode diplomatiquement historique, dont j'attends, comme beaucoup, avec une certaine impatience, les traductions effectives. Je ne dirais pas que j'attendais avec impatience cet événement, mais tout de même, j'étais bien curieux de voir ce qui allait se passer. En réalité, j'ai l'impression qu'on a assisté à peu près exactement, sans surprise, à ce à quoi on pouvait s'attendre avant de commencer : un accord de principe, peu contraignant, porteur d'un espoir qui a, hélas, beaucoup de chances d'être déçu.

Je crois qu'il ne faut cependant pas totalement bouder notre plaisir : sans accord, le signal envoyé aurait été catastrophique et, sans trop exagérer la chose, je pense que cela aurait contribué à alimenter une vision vraiment apocalyptique du futur de notre humanité. Disons qu'on est loin d'être tiré d'affaire, mais au moins au niveau symbolique, au vu et au su des peuples du monde entier, le problème climatique est reconnu comme légitime et d'importance majeure. Ce qu'il faut réellement en espérer, c'est que cela entraîne un mouvement massif dans les sociétes, au niveau des individus et des entreprises, qui nous fasse passer aussi rapidement que possible à un environnement sans énergie fossile.

Dans le contexte certes particulier d'une année où un fort phénomène El Niño sévit dans l'océan Pacifique, il se pourrait qu'on atteigne, pour la première fois en 2015, le seuil des 1°C au dessus de la température de l'ère pré-industrielle. Autant dire que, par rapport à l'objectif de se limiter à 2°C, la moitié du chemin est déjà réalisée. Etant donnée la quantité d'émissions mondiales actuelle, il me semble très probable que les 2°C seront atteints au cours de ce siècle, à moins d'un spectaculaire coup de frein coordonné et mondial, qui ne semble pas correspondre aux engagements des états présents à la COP, en dépit d'efforts réellement consentis. Je parle d'un coup de frein assez violent car une baisse lente et progressive du rythme actuel d'émissions, bien que souhaitable, ne permettrait vraisemblablement pas de rester sous ce seuil, qui bouleversera déjà de nombreux écosystèmes.

Je vais donc rester à l'affût de ces différents signaux tangibles de l'avénement d'une nouvelle économie sans énergie fossile. En attendant, il me semble important de réfléchir à ce que nous pouvons faire à titre individuel, pour être plus sobres énergétiquement, voire en encourageant le développement des énergies fossiles, j'y réfléchis. Le changement doit commencer par nous-mêmes, je crois qu'on ne peut pas beaucoup attendre des politiques qui sont trop souvent des suiveurs d'opinion publique. Alors, COP ou pas COP ? COP, j'espère, parce que l'optimisme doit permettre d'ouvrir de nouveaux chemins : on n'a pas trop le choix, il me semble.

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18 novembre 2015

Le triste chant des sirènes

Vendredi 13 au soir, j'étais tranquillement chez moi, à quelques centaines de mètres de la place de la Bastille, en train de regarder un film. Soudain, j'entends des pétards dehors, comme il y en a assez souvent dans ce quartier festif, sans y prêter davantage attention. Un peu plus tard, des sirènes, comme il en passe également souvent dans l'artère très passante où j'habite. Beaucoup de sirènes, même, je commence à tiquer. Peu de temps après, toujours dans mon film, un SMS de ma soeur "T'as vu les infos ?". Et là je comprends, c'est ce soir. Je me branche immédiatement sur BFM et je découvre la situation chaotique de la soirée. Evidemment sonné par l'ampleur de l'attaque, des attaques. Je reçois et envoie quelques messages à mon tour,  je me branche sur les réseaux sociaux pour suivre l'actualité de ceux que je connais. Beaucoup d'informations rassurantes, assez rapidement, sur mes proches. 

Je passe ainsi plusieures heures à assimiler toutes ces informations, pendant que le chant des sirènes, quasi ininterrompu, se poursuit sous mes fenêtres. En réalité, il s'atténue un peu après 2h du matin, et d'épuisement je parviens tout de même à m'endormir environ une heure plus tard. Une nuit assez courte plus tard, je me réveille dans un Paris sonné et anormalement calme samedi matin. Je reprends un large complément d'informations via les mêmes canaux que la veille au soir, avant d'atteindre l'indigestion, une seule solution : tout couper, Internet, la télé. Continuer à vivre. Je n'avais pas grand chose de prévu ce samedi, je ne suis finalement pas sorti de chez moi, plus par épuisement que par prudence. J'ai surtout ressenti une immense tristesse devant cette folie.

C'était donc ce soir là. Le soir que je craignais, mais que j'attendais, d'une certaine façon. Pas forcément aussi spectaculaire, sur autant de fronts, mais j'étais à peu près certain que Paris serait à nouveau largement ensanglantée. Depuis le mois de janvier, depuis une série d'attentats ratés ou avortés proches de nous cette année, depuis l'attentat massif d'Ankara du 10 octobre, l'attentat spectaculaire contre l'avion russe dans le Sinaï le 31 octobre,  depuis le double attentat suicide de Beyrouth le 12 novembre, on sentait que les barbares islamistes étaient dans une phase très active, et je me demandais, presque consciemment, quand reviendrait notre tour. C'était donc ce soir là. Ca ne m'a pas vraiment étonné, pas vraiment sidéré, comme je l'ai souvent lu ou entendu. C'était tellement dramatiquement logique, et prévisible, selon tous les experts sur le sujet, qui m'avaient largement convaincu ces derniers mois.

Plus que la peur, dès le soir même, c'est surtout une immense tristesse, et beaucoup d'interrogations sur ce qu'il conviendrait de faire, à court, moyen et long terme, qui m'animent. J'ai l'impression que beaucoup de gens ont découvert depuis vendredi soir la réalité, la dangerosité du monde qui est le nôtre et, par là-même, la fragilité de la vie. J'ai le sentiment qu'il y avait une sorte de déni dans la société, par rapport à l'existence de ces menaces. Déni contre lequel la classe politique ne s'est jamais réellement élevée, peut être par idéologie, peut être par lâcheté, parce que ce n'est pas forcément très "vendeur" électoralement d'annoncer au peuple une réalité potentiellement anxiogène. On a ainsi abandonné ce terrain au Front National, et c'est bien dommage, tant il était urgent que la prise de conscience puisse toucher tous les modérés, les inconscients justement, que le discours du FN ne peut pas atteindre par ses outrances, par son irréalisme économique, par sa xénophobie plus ou moins assumée.

Le déni n'apporte jamais rien de bon, il me semble important pour vivre sereinement d'être lucide sur soi-même individuellement, mais aussi sur le monde qui nous entoure. Sinon, les réalités enfouies sous le tapis finissent par ressortir inévitablement, et le choc peut être violent. J'ai la chance d'être conscient de la fragilité de la vie, peut être parce que je suis miraculeusement sorti indemne d'un accident de voiture en février 2003. Mon esprit analytique peut s'avérer parfois pesant, manquer de légèreté, mais je raisonne quotidiennement en terme de probabilités, pour essayer de le faire de façon aussi juste que possible, il faut s'intéresser aux sujets, vraiment, regarder la réalité, les chiffres qui la décrivent. Ce travail de lucidité est difficile car il faut essayer de se débarrasser des idées préconçues, des rumeurs, des fausses informations, et se forger une opinion de façon aussi honnête que possible, à partir de faits aussi exacts que possible.

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Devise de Paris, affichée place de la Bastille, mardi 17 novembre au matin (noter l'extrême douceur de la température !)

Je me souviens de septembre 1986, de l'année 1995, du 3 décembre 1996 : j'ai grandi à Paris et enfant, puis adolescent, j'ai été marqué par ces attentats qui se sont produits non loin de là où j'habitais. En 1986 j'étais un enfant de 7 ans, j'avais compris qu'une bombe avait explosé dans une rue proche de chez moi (rue de Rennes), que je connaissais, que c'était grave, que des gens étaient morts, et depuis cette rue a gardé à mes yeux cette image d'un endroit (un peu) dangereux. Je me rappelle l'époque du lycée, la vague d'attentats de 1995, notamment celui du RER Saint Michel, à partir duquel les transports en commun se sont ajoutés à la rue de Rennes dans ma liste des endroits (un peu) dangereux, le niveau d'insécurité était alors monté d'un bon cran, car il y en avait eu à divers endroits. Et je me rappelle de l'explosion, que j'ai entendue, lors de l'attentat au RER Port Royal, à quelques centaines de mètres de chez mes parents. Depuis, j'y pense chaque fois que je passe en RER, parfois juste devant, à pied.

C'est peut être tout cet ensemble qui fait que j'associe, depuis longtemps maintenant, la ville à un espace potentiellement dangereux, infiniment plus que la campagne, ou la Nature, en tout cas. Et donc, que je ne m'y sens pas forcément complètement à mon aise, si l'on y ajoute la pollution, le bruit ambiant, souvent la foule anonyme dans laquelle je me sens noyé... Et qu'à l'inverse j'ai été attiré par tout ce qui n'était pas ça.

Je n'ai pas plus peur aujourd'hui que le 12 novembre, je ne ressens pas vraiment un avant et un après, si ce n'est dans la tension que je perçois autour de moi, l'inquiétude au moins. Pour ma part, je suis toujours un peu sur mes gardes dans le métro ou le bus, depuis 20 ans. Je me dis que c'est un des prix à payer pour habiter ici, si on l'ajoute à celui du loyer, de la taxe d'habitation, des restos, etc.. c'est sûr que l'addition est élevée ! Je n'ai jamais caché que je ne me vois pas, a priori, habiter durablement à Paris, en dépit de mes nombreuses attaches, familiales, amicales, et d'un travail qui me passionne.

Je pense bien sûr à ces victimes innocentes, peut être inconscientes de ce danger là, qui me semblent avant tout victimes d'un manque de chance inouï, il y avait une probabilité très faible qu'ils décèdent du terrorisme, qui tue infiniment moins que les accidents de la route dans notre pays, par exemple, et pourtant ils sont morts. Pour me rassurer en rationnalisant un peu, en ne regardant que les chiffres, j'aime me rappeler qu'il y a eu 3384 tués sur les routes de France en 2014.  Donc les tragiques 129 morts du 13 novembre, c'est autant de drames familiaux/personnels que l'on connaît, dans une relative indifférence générale, tous les 15 jours à peu près sur les routes de notre beau pays. Cette fois là, habitant non loin, oui, j'aurais pu en être, bien que mon côté légèrement asocial me fasse relativement peu fréquenter les terrasses (selon les standards des célibataires parisiens de mon âge, je pense), et encore moins les concerts ou stades, plus par inconfort lié à une certaine agoraphobie. 

Pour la suite et pour un peu mieux vivre, je crois, prendre conscience de ce risque, éventuellement s'y adapter sans s'empêcher de vivre, me semblent salutaires. Il y a des choses qu'on ne peut maîtriser, mais la vie est une expérience mortelle, même dans le cocon apparemment vide de l'idée de mort qu'est Paris, où l'on se divertit fort justement beaucoup (et peut être pour éviter d'y penser, rester dans le déni ?). D'une façon générale, je pense que si l'on souhaite mieux vivre, réfléchir à quitter Paris, à s'éloigner d'une grande ville d'une façon générale, me semble un bon début. Mon idéal de vie s'accorde difficilement avec une présence accrue et massive, sur la durée, de forces de l'ordre en armes sur la voie publique.

Et ce chant de sirènes... qui a repris ce mercredi matin, finissant par me réveiller, sans avoir besoin d'allumer les infos, j'ai compris que quelque chose d'autre, heureusement beaucoup moins tragique, se produisait. Ce chant de sirènes, il ne faudrait pas qu'il devienne trop permanent non plus, pour ce qu'il symbolise, le drame, en plus de l'aggression sonore qu'il constitue. Sur ce point et sur le fond, je rends cependant et évidemment un immense hommage à tous ceux qui oeuvrent pour protéger, intervenir et soigner. Mais je veux continuer à croire qu'il n'y a pas de fatalité et que rien n'oblige à vivre dans cette gigantesque concentration d'individus qu'est Paris.

"Fluctuat Nec Mergitur" : battu par les flots de la terreur, le bateau parisien ne sombre pas. Il faut raison garder, ce monde n'est pas devenu subitement plus dangereux aujourd'hui qu'il l'était le 12 novembre : il est globalement aussi dangereux, la probabilité de mourir d'un attentat n'a pas beaucoup bougé sur cette courte période et reste très faible. Pour essayer de mieux vivre, il faut s'informer, être lucide sur notre situation, échanger des idées, des connaissances, pour toute la partie sur laquelle nous avons une maîtrise, et pour le reste, espérer (en agissant politiquement à notre niveau, si c'est possible) que les barbares obscurantistes soient rapidement vaincus sur le terrain militaire, et sur le long terme, proposer un avenir à tous ces compatriotes qui se retournent dramatiquement contre nous. La vie continue !

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02 novembre 2015

Photos du Yukon (3)

Après une petite pause pour cause d'intermède corse, je poursuis l'album photo du Yukon. Comme on me l'a indiqué dans un sympathique commentaire, c'est effectivement un immense bol d'air que de se promener là bas, d'y rester, tout simplement, sans nécessairement multiplier les activités.

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Le matin du 8, un joli éclairage sur la confluence des deux fleuves

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Le même jour, sur le bord du Yukon, des bateaux à vapeur abandonnés depuis plus d'un demi siècle, vestiges du passé

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Au même endroit que précédemment, mais en regardant vers le sud cette fois, on voit le centre-ville de Dawson

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Un peu de vie animale, pour une fois, pendant ma promenade, on en voit beaucoup et facilement

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Les bords du Yukon côté West Dawson, il y a le ferry pour naviguer/traverser bien sûr, mais d'autres ont leurs propres moyens

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Ca tombe bien, toujours le 8, Seb met à l'eau le bateau pour aller faire un petit tour...

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Descendant le Yukon vers le nord, on croise le Klondike Spirit devant le village indien de Moosehide

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Une vingtaine de kilomètres en aval, à l'endroit où le Yukon fait un coude pour partir plus franchement vers l'Alaska, à l'Ouest...

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Une barre rocheuse parfois impressionnante, agrémentée de charmantes couleurs...

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En remontant vers Dawson, la colline dominante est le Midnight Dome, qui surplombe la ville

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L'approche de Dawson se précise...

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On est repassé devant la ville, pour avoir cette vue du Dome, cette fois prise depuis le sud, le centre-ville sur la gauche.

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Merveilleuse journée du 8, qui s'est donc achevée en soirée par quelques aurores toujours magiques

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Une photo panomarique prise le 9 depuis la point de vue, où je venais admirer, une fois de plus, la lumière du soir...

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Sur la droite de la photo précédente, encore de belles couleurs en bord de fleuve...

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L'après-midi du 10, je remonte sur le Dome pour admirer l'aval du Yukon, vers l'Alaska, et constater que les feuilles commencent à tomber des arbres : c'est le début du déclin des couleurs, visible sur les collines à gauche et à droite

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Ce Dome reste un bel endroit pour méditer, comme j'aime, devant la vue, comme le fait ce visiteur, regardant l'amont du fleuve

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La piste dans la vallée aurifère du Bonanza, avec des couleurs encore spectaculaires le 10.

Ce 10 septembre 2015 est la journée la plus douce de mon séjour, avec un thermomètre qui a atteint les 19°C sous abri dans la vallée, sensation très agréable. La température la plus froide a eu lieu durant la matinée du 7, avec une température de -4°C. Le 10, je suis à la moitié de mon séjour, en réalité la moitié la plus colorée, la plus intense, car le pic des couleurs est passé, il en reste encore de belles, mais la tendance est en train de s'inverser et les feuilles tombent des arbres.... Il y a encore quelques belles choses à montrer pour le prochain épisode !

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