Itinéraires polaires

25 mai 2019

TA59 : 10 ans après !

Du 9 au 12 mai, nous avons réussi à réunir une dizaine d'adéliens de ma TA59, la 59ème mission à laquelle j'ai eu la joie de participer il y a exactement 10 ans. Nous en parlions depuis des mois, et en janvier tout s'est accéléré à l'initiative de quelques uns, ce qui nous a permis de réserver un gite dans le Cantal, au Claux, pas très loin du Puy Mary. La photo qui suit a été prise lors du grand repas tous ensemble du 11 mai au soir :

DDU10ans

 Sur la photo, en partant de gauche au fond puis à droite: votre serviteur, Frédérique (femme de Richard), Elodie, Eugénie, Jean-Phil, copain de Marion, Marion, Guillaume alias Guigui (et sa fille), compagnon d'Emeline (masqué, avec une de leurs filles), Emeline (et leur autre fille), Richard, Yann. Emilie, copine de Guigui, prenait la photo

Je m'attendais à trois jours sympas, je n'ai vraiment pas été déçu, les retrouvailles nous ont vraiment replongé dans l'ambiance d'il y a 10 ans, déjà... J'ai le sentiment que nous avons plutôt peu changé en 10 ans, beaucoup ont évolué bien sûr, certains étaient accompagnés pour ce week-end de conjoints et enfants, mais entre nous on s'est vraiment bien retrouvés. On a évidemment beaucoup parlé de Terre Adélie, retrouvé certains réflexes, et tout cela est revenu naturellement des années plus tard. Pour un certain nombre, je ne les avais pas revus depuis 7-8 ans, lors de retrouvailles post-DDU.

D'autres auraient également voulu se joindre à nous, mais trouver une date commune même des mois avant n'était pas simple, je pense notamment à Céline et Caro. Enfin ça faisait quand même un beau groupe, et nous avons vraiment passé la plupart de ce temps ensemble, beaucoup dans le gîte, notamment en raison du temps très moyen, voire pluvieux par moments. Nous avons tout de même pu avoir un aperçu de la région immédiate lors de petites promenades les vendredi 10 et samedi 11 après-midi, en passant généralement entre les gouttes. Un certain nombre d'entre nous est monté au sommet du Puy Mary, en partant du col du pas de Peyrol, une montée assez raide avec un vent soutenu et plutôt froid, dans le brouillard, mais heureusement sans pluie.

J'ai profité de cette belle ambiance qui nous a complètement sorti du temps, et même du lieu parfois, tant la Terre Adélie m'a semblée proche, et j'ai pu mesurer, sans parvenir encore à totalement y croire,  la chance qui est la mienne d'avoir l'opportunité d'y retourner à la fin de l'année ! Mes amis adéliens ont bien insisté, à juste titre, sur ce point, et m'ont promis de demander plein de nouvelles/photos de divers points dans la base, que j'aurai naturellement le temps de leur fournir dans quelques mois !

En attendant, les semaines s'écoulent, ni lentement, ni très vite, à leur rythme. Je vais avoir 40 ans dans quelques jours, en écho aux 30 ans que j'ai fêté à Dumont d'Urville dans une drôle d'ambiance avec ces amis adéliens. Cet anniversaire se déroulera aussi dans un contexte spécial à titre personnel puisque je serai normalement en Bretagne, à Quiberon, où mes parents achètent un appartement, où ils comptent passer beaucoup de temps dans le futur, certainement au détriment de Paris, où ils garderont cependant un pied à terre. C'est un gros changement de vie pour eux, mais aussi pour ma soeur, mon frère et moi-même, puisque cela entraîne la vente du (grand) appartement où nous avons grandi, où mes parents habitent depuis 30 ans exactement. Une nouvelle étape de la vie familiale, à laquelle je m'associe joyeusement à Quiberon en début de semaine prochaine. 2019, et son lot de nouveautés, avec une fin alléchante en perspective, dans le Grand Sud ! A bientôt.

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11 avril 2019

Tourné vers le vent Antarctique

Les semaines filent à ma grande satisfaction, et les choses continuent à évoluer : mon départ pour la Terre Adélie a été définitivement confirmé, sans ambiguité, de façon officielle, vers le 20 mars (!), mais ça y est, je peux enfin me projeter vers cet improbable retour ! Pour m'y aider, je me suis rendu à Toulouse du 2 au 4 avril, afin de suivre et de donner une formation sur la Météorologie Polaire. Je suis en effet formateur en la matière pour l'Ecole Nationale de la Météorologie depuis 2017, et cela fait partie des stages que je dois suivre avant mon départ. J'ai donc assisté avec beaucoup d'attention aux différents modules que je n'enseigne pas, et donné mon cours et le TP correspondant avec un plaisir particulier.

Ce fut une véritable première immersion car j'ai retrouvé mes deux collègues météo qui vont séjourner avec moi l'an prochain en Terre Adélie, ainsi que deux collègues météo qui vont prochainement partir à Kerguelen, et un autre collègue formateur Yann qui a bien connu Kerguelen (2 missions). Nous avons pris plusieurs repas ensemble et longuement évoqués divers aspects des séjours dans les TAAF, ce qui remet clairement dans le bain ! En tant que seul ancien hivernant en Terre Adélie d'entre nous, j'ai pas mal parlé de mon expérience là bas, répondant avec plaisir à de nombreuses questions. Evidemment, le plaisir n'aurait pas été le même sans la perspective d'y retourner dans 8 mois à peine maintenant !

GaetanVent

Illustration venant de Dumont d'Urville ces derniers jours, source Twitter Gaétan Heymes @GaetanHeymes

L'immersion fut aussi facilitée par l'exercice que je proposais lors de la séance de Travaux Pratiques de prévision météo polaire, avec la simulation d'un trajet de l'Astrolabe entre Hobart et DDU, en conditions réelles c'est-à-dire entre le 3 et le 8 avril. Or, la période a été très venteuse ces derniers jours, comme l'illustre la photo de Gaétan ci-dessus, avec les différents records de vent qu'il évoque, un de plus ! J'ai regardé et effectivement la période allant du 1er février au 10 avril est la plus venteuse jamais relevée à Dumont d'Urville depuis le début des relevés avec une moyenne de 45km/h et un jour sur deux où les rafales ont dépassé les 100km/h ! Je me suis également fendu d'un petit tweet pour l'occasion, avec une animation satellite sur la zone :

 

Ce petit séjour toulousain, puis le suivi de la longue tempête de ces derniers jours en Terre Adélie, ont véritablement lancé l'étape 0 de cette nouvelle expérience antarctique à mes yeux. Je suis plus impatient que jamais, tout en sachant qu'il reste encore un peu moins de 8 mois d'attente, avec un départ traditionnellement dans les premiers jours du mois de décembre. Je commence à envisager quelques préparatifs, comment aménager mon temps de travail d'ici là, avec vraisemblablement une période de récupération dont je pourrai bénéficier après l'été.

Au boulot, on me parle très souvent de l'Antarctique, certes, il n'en faut pas beaucoup pour me lancer sur le sujet, mais j'ai l'impression que cela fait également pas mal réagir autour de moi, avec pas mal de collègues qui m'envient un peu, je crois, mais qui n'ont pas forcément la liberté dont je dispose pour partir ainsi un an, à l'autre bout du monde. Je suis bien conscient que ça ne restera qu'une (nouvelle) parenthèse, aussi enchantée j'espère que fut celle de 2009, mais dans l'époque troublée que nous vivons, cela me semble d'autant plus appréciable. En tout cas, cela dégage vraiment mon horizon à moyen terme de façon lumineuse, et il sera bien temps de me poser la question du retour dans un peu plus d'un an. Déjà, bien se préparer, et partir... A bientôt.

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22 février 2019

DDU : début de l'hivernage de la TA69

Evénement ce vendredi 22 février 2019 en Antarctique : la TA69 ou encore 69ème mission en Terre Adélie, a commencé son hivernage, avec le départ de l'Astrolabe qui a quitté la base en fin de journée. C'est parti pour un peu plus de 8 mois d'isolement complet pour les 23 membres de la mission. J'ai une pensée particulière pour Gaétan Heymes, le chef météo de la TA69, avec qui je suis en contact assez régulier ces dernières semaines, et qui partage ses impressions assez régulièrement dans son blog : https://heymespheresud.blogspot.com dont j'ai tiré la photo suivante du départ du bateau ce jour :

 

Le début de cette année 2019 a été assez spécial de mon côté car il est prévu que je l'achève à Dumont d'Urville, ce lieu magique et un peu mythique, mais il faut pour cela attendre la validation des tests d'aptitude médico-psychologiques. J'ai passé ces fameux tests le 24 janvier dernier, une journée plutôt éprouvante, assez similaire en cela à mes souvenirs de la journée de tests de mars 2008. Le matin, examen médical classique, examen visuel, radio des poumons, radio panoramique dentaire, prise de sang. Après déjeuner : test psy, avec les 2 questionnaires de personnalités, qui m'ont pris 1h15 de réflexion, puis l'entretien d'environ une heure avec le psy, qui peut être par moment, dans son rôle, assez désarçonnant.

Je suis ressorti de là vidé, fatigué, et pas complètement rassuré. J'ai toujours considéré que ces tests constituent un véritable obstacle à franchir, dont on ne maîtrise pas tous les aspects, loin de là. A quoi bon être sélectionné par Météo-France si je suis déclaré inapte ? En plus, j'ai du repasser un examen plus complet avec un ophtalmo, et faire valider un certificat par mon dentiste, qui a demandé deux radios supplémentaires chez deux spécialistes différents suite au 24 janvier. Bref, une activité médicale bien remplie ces dernières semaines... Tout cela sur fond d'incertitude réelle quant au résultat. Il ressort de tout cela que j'ai reçu un mail de réponse du médecin des Terres Australes à Paris il y a seulement quelques jours, donc quasiment 4 semaines après la journée de tests, dans lequel il m'a sobrement déclaré : "je valide votre aptitude".

Ces 4 dernières semaines ont donc été relativement désagréables avec cette incertitude persistante, et l'impression un peu mitigée que m'avait laissée l'entretien avec le psy. Ce qui ne me rassure encore pas tout à fait aujourd'hui c'est que je n'ai pas eu de retour du psy, mais comme c'est le médecin des Terres Australes qui doit valider le tout (incluant l'avis psy), s'il le fait, je me dis que ça doit être le feu vert, le vrai !

Je commence tout doucement à réaliser et à me réjouir de la perspective d'un départ dans environ 9 mois (début décembre). Je vais enfin pouvoir commencer à me projeter dans la perspective d'un départ, avec pas mal de choses à ficeler d'ici là. Les formations vont commencer en avril avec une formation à la métréorologie polaire... que je connais bien puisque je suis pour la troisième année de suite formateur dans cette formation, je vais donc m'auto-former, ce qui m'amuse assez !

J'ai eu le plaisir de rencontrer lors du 24 janvier mes 2 collègues météo qui sont pressentis pour faire également partie de l'aventure, Alain et Michel, tous deux la soixantaine, et proches de la retraite. J'ai eu un très bon contact avec Alain, qui m'a informé cette semaine avoir reçu la validation de son aptitude, alors que Michel doit encore passer quelques examens je crois.

En tout cas ça fait déjà quelques semaines que je regarde quasiment quotidiennement le temps qu'il fait à DDU, les prévisions, avec envie, enthousiasme, en me rappelant aussi ce que j'ai vécu lors de ma TA59, il y a 10 ans.... A propos de la TA59, nous devons nous retrouver lors d'un week-end du mois de mai dans le Cantal, une douzaine d'entre nous, pour nous remémorer ces bons souvenirs. Quand je pense que je vais probablement y retourner.. ! Il y a 10 ans, j'avais ranimé ce blog né en Alaska pour les préparatifs du départ à DDU, j'ai soudain plus de motivation à remettre "Itinéraires polaires" sur pied, donc à bientôt !

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18 décembre 2018

Il y a 10 ans, DDU...

Petit message en cette date bien particulière, puisque c'est exactement il y a 10 ans que je suis arrivé à Dumont d'Urville, point de départ de 13 mois inoubliables. Je suis toujours bien placé pour repartir et espérer m'y retrouver dans exactement un an, il faut que je valide cependant les fameux tests, qui se dérouleront le 24 janvier, et dont j'aurai vraisemblablement les résultats en février. C'est donc environ deux mois plus tôt qu'il y a une dizaine d'années, pour ce qui est mon premier point de comparaison.

Bien que je ne me projette pas encore complètement dans cette nouvelle aventure, j'y pense souvent, quasiment tous les jours, en suivant notamment les aventures de mon jeune collègue Gaétan, chef météo de la TA69, qui est arrivé à DDU le 9 décembre dernier, et qui tient un blog qui me rappelle de bons souvenirs. Prouesse technologique qui était impossible il y a 10 ans, il peut, parfois, tweeter, comme il l'a fait aujourd'hui :

 

 

 

Grande douceur on le voit ce mardi 18 décembre à DDU, et cette vue depuis le bureau météo qui réveille là encore de jolis souvenirs, et j'ai encore bien du mal à réaliser qu'il y a quand même des chances que je la revoie bien souvent dans à peu près exactement un an ! En tout cas l'enthousiasme de Gaétan, que je connais par ailleurs un petit peu, fait plaisir à lire, je retrouve un peu du mien il y a 10 ans. On verra cette fois dans quel état d'esprit je serai pour ces prochains mois, si je valide bien les tests, pour l'instant ça reste assez virtuel tout cela, j'ai envie de me projeter, mais je me retiens quand même. 

Quelques mots supplémentaires sur l'extra-ordinaire journée du 18 décembre 2008 qui fut la mienne, la nôtre avec bon nombre de mes camarades de la TA59, puisque c'est la longue journée d'approche et d'arrivée à DDU sous un soleil éclatant, l'Antarctique qui se rapprochait heure après heure, peut être mon meilleur souvenir de toute l'aventure... A bientôt et bonnes fêtes de fin d'année !

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01 novembre 2018

L'appel des manchots

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Comme je l'évoquais sans trop l'espérer dans mon dernier message de l'été, j'ai donc postulé fin septembre pour retourner passer un an en Terre Adélie, et j'ai été sélectionné par Météo-France en cette fin octobre ! Sous réserve que je valide les tests, médical et psychologique, je vais sans doute avoir la chance de revivre cette expérience formidable, 11 ans plus tard !

J'avoue que je n'y croyais pas trop, mais en réalité, il semble que le fait que j'ai été l'an passé le suppléant de mon collègue Gaétan qui y part dans un mois  a joué pour moi : si le candidat est toujours volontaire un an plus tard, bien sûr, il est assez naturel que du poste de suppléant, on passe au poste de titulaire ! J'ignorais ce qui est devenu évident cette année, c'est pourquoi j'ai été sonné, véritablement, quand j'ai appris la nouvelle la semaine dernière. Je crois que je ne réalise toujours pas trop.

C'est assez amusant de lire le récit d'il y a 10ans sur ce même blog, fait 6 mois plus tard, après validation des fameux tests, dont je me méfiais tant. Un bon enseignement à rester prudent cette fois aussi, car tant que ce n'est pas formellement validé, il n'est pas encore certain que je parte. D'ailleurs, on m'a désigné une suppléante. Bref, je me réjouis, mais avec modération, cela dit mon horizon change déjà significativement. Sauf si cela a beaucoup changé, j'ai une idée assez précise du programme des prochains mois. Effectivement, la partie sympa se trouve bel et bien après la validation des tests...

Je ne crains pas vraiment les tests psychologiques, la motivation est forte et intacte, et j'ai déjà bien vécu une année sur place. En revanche, côté médical, quand on regarde tout, on ne sait jamais ce qu'on peut trouver, même si je suis normalement dans un état de forme raisonnable... Je vais donc faire en sorte de ne pas trop penser à tout cela en attendant les tests, peut être en mars comme il y a 10 ans... ? Affaire à suivre, mais peut être que ce blog resurgira de plus belle dans les lieux qui lui ont donné tout son éclat ! A bientôt.

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18 août 2018

Déménagement

Ce sont donc près de 5 mois qui sont passés depuis le dernier article. C'est passé objectivement vite, même si j'ai attendu (un peu) trop longtemps que les choses se concrétisent, mais l'essentiel est fait : je vais déménager dans les prochaines semaines. Je l'avais annoncé dans l'article précédent, et je vais donc quitter Paris. Pas pour aller bien loin certes, mais symboliquement ce n'est pas dans la capitale où j'ai acheté, mais juste à côté, à Vincennes, tout près de Météo-France d'ailleurs. Je vais donc quitter cette vue qui m'a enchanté, souvent hypnotisé, pendant 6 ans, déjà :

Animation réalisée à partir de la webcam sur ma vue ce 18 Août 2018 du lever au coucher (voir en plein écran)

J'ai choisi Vincennes parce que je connais plutôt bien la ville, Météo-France se trouvant à Saint-Mandé voisin, ce qui me permettra ainsi d'aller travailler, en 5 minutes à pied. Mais aussi parce que mon frère, sa femme, ainsi que ma soeur, y habitent., tout comme mon cher ami Nico. Une autre raison, au moins aussi importante, c'est que c'est une ville calme, qu'il y a le bois juste à côté pour s'aérer. Je n'étais pas focalisé sur Vincennes dès le début de ma recherche, mais ce choix s'est imposé assez rapidement lors de mes prospections/réflexions.

J'ai choisi d'acheter le second appartement que j'ai visité, à vrai dire j'avais une petite contrainte avec la fin de mon bail actuel en septembre d'une part, et surtout semaine après semaine je ne voyais pas beaucoup de nouvelles offres qui pouvaient m'intéresser : un vrai 2 pièces, pas plus de 300 000 euros, et si possible en étage élevé pour la lumière, si possible proche des transports et mon travail. L'appartement que j'ai acheté remplit ces conditions. Cela a été bien laborieux de finaliser l'achat, je n'ai toujours pas compris pourquoi cela avait pris autant de temps sachant que mon dossier était clair, a priori favorablement accueilli par la banque, bref j'étais prêt à signer en mai, et cela s'est fait.. .le 3 août ! 

Quelques imprévus de dernière minute bien sûr, et un retard de 15 jours environ pour le début des petits travaux qui sont donc en cours, et qui devraient me permettre de prendre réellement possession de mon nouveau lieu d'habitation avant la mi-septembre. Depuis la signature, et le début des travaux quelques jours plus tard, enfin, je prends du plaisir à construire tout cela, mais ce fut surtout pénible jusque là, avec ces délais peu compréhensibles d'attente inutile, et les inévitables imprévus qui ont repoussé deux fois la date de signature.

C'est donc un nouveau départ, un nouveau chapitre qui se profile. Je crois que le fait de quitter le quartier bruyant et (trop) animé de Bastille me convient bien, et contribue déjà à rendre ce départ assez facile. Mais cette vue incroyable va me manquer, ces tableaux panoramiques quotidiens, ces couchers de soleil... Il va me falloir trouver d'autres sujets de contemplation, voire d'occupation parfois, quotidiens. Par ailleurs, je mesure le luxe d'habiter tout près de son travail : bien qu'assez imperméable à l'ambiance des transports en commun, je mesure la liberté que représente le fait de ne pas en dépendre, pas plus que du moindre moyen de transport, au quotidien.

Sur un autre plan, un autre déménagement, plus temporaire, reviendra, de façon très hypothétique cette fois : je suis décidé à postuler à nouveau pour repartir en Terre Adélie fin 2019. L'attraction polaire est toujours forte, ce voyage, cette aventure si particulière. Pour la même raison que l'an passé, je me vois des chances assez limitées d'être pris : si un autre candidat jamais parti se présente, on devrait logiquement le privilégier à mes dépens à nouveau.

D'abord, ce premier déménagement, sûr celui ci, dans le mois qui vient. Privé de ma vue, de mon niz d'aigle, d'autres envies naîtront peut être. Je ne serai pourtant pas dans un espace beaucoup plus grand : je passe ainsi d'un studio de 28 m2 avec 5m2 de balcon, à un appartement de 34m2 sans balcon. De fait, je n'aurai pas non plus à acheter énormément de mobilier, car le nouvel espace sera vite rempli. De toutes façons, pour combler mon désir d'espace, ce sera au moins la Corse, au mieux la Terre Adélie !

Je reviendrai probablement parler dans une échéance assez courte du bilan climatique de cet étonnant été 2018, le second plus chaud jamais mesuré en France après le mémorable 2003. L'histoire retiendra qu'après avoir été longtemps réticent, j'ai fini par acheter une petite climatisation mobile, épuisé par la chaleur sans fin de cet été, dès le début du mois de juillet. Elle m'a permis de dormir quasiment normalement pendant la canicule, d'aller travailler dans de bonnes conditions, tout en l'utilisant de façon aussi limitée que possible, c'est-à-dire essentiellement la nuit. A bientôt !

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24 mars 2018

Un joli début d'année

La fin du mois de mars approche déjà, et comme bien souvent, je pense à ce blog et je me dis que pour moi, pour les quelques lecteurs restants, c'est probablement une bonne idée d'y laisser une petite trace. J'ai eu la chance d'avoir un beau début d'année 2018, avec deux temps privilégiés : un voyage d'un peu de plus de 2 semaines au Yukon entre la fin janvier et le début février, et une belle pause d'une dizaine de jours en Corse entre la fin février et le début mars. C'est au cours de cette dernière que j'ai eu le privilège de vivre un coup d'hiver assez marqué, qui a apporté une dizaine de centimètres au village de Penta :

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Deux jolis séjours que j'ai un peu partagé à travers les réseaux sociaux, principalement mon compte Twitter @FGourand. Je ressens moins le besoin, ou j'ai tout simplement moins le courage, d'écrire sur ce blog et de partager ça en quasi direct. Le temps qui passe m'écrase peut être davantage qu'auparavant. Je le laisse davantage filer librement, d'une certaine façon, l'accumulation des expériences les banalise quelque peu. Je sais parfaitement la chance qui est la mienne de vivre ces belles choses, ça n'a pas changé. J'ai l'impression d'avoir déjà tout dit sur le Yukon ou la Corse, en tout cas. Et ça reste pourtant toujours aussi différemment beau, à chaque fois.

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Ci dessus, mon départ de Dawson City, en avion, le 6 février, avec une belle vue sur la vallée du Klondike, avec l'aéroport à droite, et la belle chaîne de montagnes de Tombstone au fond. Privilège et bonheur de connaître une belle moitié de séjour au grand froid, avec des températures qui sont souvent descendues sous les -40°C, ce qui m'a permis de connaître, sur Twitter, une petite célébrité en rééditant le tour bien connu de l'eau bouillante qui se transforme en neige quasi instantanément (en réalité, il y a deux étapes : une évaporation, suivie quasi instantanément d'une congélation solide, en neige) :

 

Dans un monde qui promeut l'hyperconsommation, je sais qu'il est "normal" de vouloir toujours plus, plus de voyages, plus d'expériences, etc... Mais cela suffit amplement à mon bonheur. Quand je suis au Yukon, surtout en hiver, ou en Corse, surtout hors saison, ces expériences maintenant familières se suffisent à elles-mêmes, et à me combler pour les nombreux mois parisiens qui suivent. Le sentiment d'une connexion à des choses essentielles.

Ainsi, cette année 2018 a vraiment bien commencé, elle s'annonce année de mouvement car je vais devoir quitter ma chère vue parisienne, pour en trouver une autre, un peu plus loin du centre, d'où je suis de fait écarté par l'augmentation démentielle de l'immobilier. Sachant mes dernières semaines arrivées dans mon appartement actuel, je prends le temps d'en profiter davantage, de me poser devant la vue, dont la perspective de départ révèle toute sa saveur. La recherche d'un nouvel appartement ne me fait pas plus vibrer que cela, j'ai décidé d'acheter parce que c'est économiquement plus rentable, sur le long terme, mais sans réel enthousiasme. Enfin du coup, il faut quand même faire ça un peu sérieusement, ça engage pour quelque temps quand même, j'y travaille... A bientôt !

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14 décembre 2017

Une année climatiquement difficile

Cela fait plusieurs mois déjà que je songe à aborder cet sujet sur mon blog : la grande période de sécheresse qu'a connue une bonne partie du pays, et notamment ma chère Corse. Depuis un an, on a pu voir à l'oeuvre la fascinante variabilité du climat méditerranéen, avec ses extrêmes qui semblent toujours plus marqués. Je vais prendre l'exemple de Penta di Casinca, à partir des mesures que j'y mène depuis 2004 : l'hiver dernier y avait été, comme dans une grande partie de l'île, exceptionnellement pluvieux, avec un cumul de 653mm en 3 mois de mi-novembre 2016 à mi-février 2017, avec 3 gros épisodes pluvieux dans cet intervalle (19-20 décembre, 22-23 janvier, et 8-9 février) totalisant 446mm en 6 jours, soit plus de la moitié du cumul annuel normal. Mais à partir du 10 février....

 

Comme je l'ai tweeté début novembre, le total des pluies a atteint à Penta 164mm, sur près de 9 mois (du 10 février au 4 novembre). Facteur aggravant, la température a été douce, voire chaude, une ambiance printanière s'est installée très tôt, et les températures ont souvent été très élevées pour la saison : mars, juin et août 2017 enregistrent ainsi des records de chaleur en moyenne mensuelle au village (depuis 2004). Le printemps a été très doux et sec, l'été a été chaud et très sec. J'ai passé quelques jours début août au village, notamment le jour où un nouveau record absolu de chaleur y a été enregistré, avec 35,3°C le 3, lors de la canicule qui a affecté le sud-est de la France. Si les températures ont sensiblement fraîchi à l'automne, les pluies sont restées très modestes.

Sur l'illustration du tweet ci-dessus, on peut voir les très nombreux records de faibles précipitations enregistrés à gauche sur la période 10 février-3 novembre, et encore, si je n'ai pas cerclé de rouge davantage de cumuls, c'est que je n'ai pas testé toutes les stations, seulement les cumuls les plus faibles. Sur le graphique de droite, on voit l'indice d'humidité des sols de la Corse, qui évalue l'humidité du sol, proche de la surface (ça ne concerne pas les réserves en eau, les nappes, plus profondes). On voit ainsi que, sortant d'un hiver exceptionnellement pluvieux,  cet indice était le 10 février proche du record d'humidité des sols, saturés par les centaines de millimètres de pluie tombés pendant les semaines précédentes. Mais la combinaison douceur précoce + quasi absence de pluie l'a fait plonger pendant le mois de mars jusqu'à atteindre fin avril un record de sécheresse des sols pour la saison, niveau record qui s'est maintenu sans interruption jusqu'au début du mois de septembre, ou le retour de faibles pluies a à peine amélioré la situation.

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On voit sur ce graphique plus récent et centré sur cet automne, que le niveau record a été à nouveau atteint au tout début octobre, jusqu'au 4 novembre et le retour de quelques pluies sur l'île, pas assez durables cependant pour connaître à nouveau un niveau de sécheresse des sols record du 20 novembre au 1er décembre... Puis, début décembre, un épisode de fortes pluies a touché une bonne partie de la Haute-Corse : j'ai ainsi enregistré 153mm de précipitations sur deux jours à Penta, la situation est restée humide sur d'autres parties de l'île, et l'humidité des sols a ainsi retrouvé des valeurs moins exceptionnelles, tout en restant sèches.

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Voici une vue du jardin de Penta le 5 décembre, avec une végétation rase avec quelques touffes vertes, qu'on retrouve plus habituellement en fin d'été/début d'automne, après les premières pluies, très inhabituelle. Je garderai le souvenir de cette année 2017 comme une année où j'ai beaucoup espéré, en vain, la pluie, craint les incendies jusqu'en novembre... Hélas, avec le réchauffement climatique et ses probables séquences sèches à rallonge dans le domaine méditerranéen, il y a fort à parier que cela se reproduira, peut être de façon pire que ce que nous avons connu en 2017. Espérons qu'on prenne les dispositions nécessaires pour stocker davantage d'eau, car elle risque de continuer à tomber de façon de plus en plus intense, et ponctuelle.

Si on prend davantage de recul, l'année 2017 devrait être une des années les plus chaudes que la Terre ait connues (2ème ou 3ème), et ce en l'absence cette fois du phénomène El Niño, qui booste sensiblement les températures atmosphériques mondiales en relâchant beaucoup d'énergie des océans vers l'atmosphère, ce qui est remarquable. Le réchauffement climatique est bien là, et nous ne sommes toujours pas à la hauteur de ce qu'il faudrait faire pour en atténuer l'impact...

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En attendant, ce 5 décembre, la vue était belle sur les montagnes enneigées à assez basse altitude au sud de Penta, ici en versant nord certes, et en me promenant vers Corte le 6, je me suis arrêté près de la station météo Infoclimat de Piedigriggio, où il avait fait un joli -5,2°C le matin même, avec encore un peu de neige du week-end précédent qui n'avait pas fondu, à l'ombre :

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A droite, au fond, c'est ce cher mont San Petrone, mais vu de l'ouest cette fois, bien enneigé également :

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Notons qu'avec la séquence fraîche et humide de ce début décembre, la station de Piedigriggio a enregistré quatre journées de forte gelée (< -5°C) entre le 1er et le 10 décembre. Enfin, je terminerai ce billet en renouant avec une habitude ancienne de ce blog, et ses photos de levers de soleil depuis Penta, toujours aussi agréables, ici le 8 décembre :

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25 novembre 2017

Si près, si loin...

L'année 2017 a défilé à toute vitesse, et ma volonté de retourner en Terre Adélie a véritablement pris corps. 10 ans après, j'ai donc repostulé lors de la commission d'affectation d'automne pour le poste de chef de station météo à Dumont d'Urville. Les résultats sont tombés il y a une dizaine de jours : je n'ai pas été choisi. C'est un de mes jeunes et brillants collègues qui aura la chance de découvrir, à son tour, la vie de chef de station météo sur le continent blanc. En la matière, le fait d'y avoir déjà été m'a desservi, afin de laisser leur chance à d'autres candidats. Ce qui rend donc assez peu probable le fait que je puisse y retourner un jour, une idée à laquelle je commence un peu à me faire.

Dans un contexte professionnel particulièrement mouvant à Météo-France, plus que jamais, j'ignore de quoi mon avenir sera fait, même dans les tous prochains mois, là où la Terre Adélie m'aurait apporté une réponse aussi heureuse que rassurante. En tout cas, j'ai répondu favorablement à une sollicitation pour préparer et donner un petit cours sur la météorologie polaire, qui a eu lieu cette semaine. Joie de renouer avec l'enseignement, une autre forme de communication qui a longtemps eu ma préférence. Une expérience appelée à se renouveller l'année prochaine, peut être à deux reprises même. D'une certaine façon, tout en restant à distance de la Terre Adélie, j'en reste proche par la problématique polaire et l'enseignement. Pire : j'ai également aggravé mon cas en donnant une conférence sur mon année à Dumont d'Urville à l'Ecole Nationale de la Météorologie cette semaine, essayant de transmettre l'enthousiasme de cette belle aventure à, principalement, une assemblée de jeunes collègues qui pourront bientôt postuler.

Au moment de la déception, je préfère rebondir sur le positif, et cette chance qui m'a été donnée il y a 10 ans, ces souvenirs et cette proximité que je ressens encore près de 9 ans après mon départ, si près, si loin déjà... A bientôt : je vais essayer de reprendre une activité plus régulière sur ce blog, en parlant de la dureté climatique de cette année 2017, notamment en Corse.

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21 mars 2017

L'appel polaire

bergca

J'ai eu depuis le début de l'année plusieurs occasions de revoir des images, filmées ou en photo, de la Terre Adélie, et, contrairement aux années précédentes, cela a évoqué des souvenirs puissants. D'une certaine façon, on peut dire que j'ai entendu à nouveau l'appel polaire, qui était tellement présent dans ma vie dans les années 2004-2009. Bien sûr, ça ne se manifeste pas tout à fait de la même manière, avec le même impératif, mais il est certain que je sens renaître ce désir d'aller vivre quelque temps dans ces contrées en marge de notre monde si compliqué, et un peu désespérant. Comment résister à l'envie de revoir de si belles oeuvres de la Nature comme ce magnifique "berg cathédrale" qui nous avait réjoui à la fin de l'année 2009 ? Peut être qu'au délà de la contemplation si puissante, mais égoïste, je saurais trouver de nouvelles façons de partager cette expérience d'un autre monde. Je réfléchis donc à postuler à nouveau pour un séjour d'un an à DDU, et j'ai l'impression que cela me redonne un peu d'élan, ça fait du bien. A suivre dans les prochains mois...

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