Itinéraires polaires

01 juin 2020

Juin, au plus court

Nous sommes donc entrés ce lundi dans le mois de juin, celui où les journées sont les plus courtes ici, avec en point d’orgue le solstice d’hiver le 21 juin, et pour nous, adéliens, les festivités de la Midwinter qui se dérouleront du 21 au 28 juin.  En plein coeur de l’hivernage, avec cette ambiance très spéciale, légèrement pesante par le manque de lumière, mais réjouissante quand nous avons la chance d’en bénéficier, comme ces derniers jours. Cela m’aide certainement à conserver un excellent moral, et à finalement relativement peu sentir la fatigue. Ça se confirme : je vis cette période très différemment d’il y a 11 ans.

Hier dimanche, un puissant catabatique a formé un joli mur de neige sur le continent, et comme souvent, nous n’avons eu que peu de rafales sur la base, alors que le vent se déchaînait vraisemblablement à quelques kilomètres à peine d’ici. Un phénomène de compression a par ailleurs nettement réchauffé l’air, qui a atteint -8°C dans l’après-midi, avant de retomber nettement en soirée. Mais ce lundi, avec un vent assez discret, et malgré les -19°C, on ressentait bien peu le froid, peut être parce que nous sommes parfaitement acclimatés depuis toutes ces semaines, fascinante adaptation du corps humain !

Enfin juin, c’est ce moment de bascule, où un peu plus consciemment, je vais commencer à me projeter vers la fin de cette belle aventure 2020, puis vers le retour, que je suis un peu forcé de préparer ces jours-ci, car on me propose de repostuler sur le poste de prévisionniste Météo-France pour les Médias, que j’occupais avant de partir ici, et qui m’a globalement beaucoup plu pendant les 8 années précédentes. A part un gros manque de nouveauté, je ne vois pas beaucoup de défauts à cette option, que je risque donc de valider dans les prochains jours. Selon mon ancien chef, j’ai de bonnes chances de l’avoir, faute de candidats alternatifs…

C’est tout de même assez singulier de devoir se projeter dans une vie d’avant, peut être encore davantage, vu d’ici. A dire vrai, je suis surtout rassuré d’aller probablement vers quelque chose de parfaitement connu, et globalement apprécié. Je savais qu’en venant à DDU, je risquais de perdre ce poste Médias que j’avais aimé, alors si ce risque ne se concrétisait finalement pas, j’aurais probablement gagné sur tous les tableaux. On peut penser, j’ai pensé surtout en 2009, que cette étrange expérience de l’hivernage adélien remette beaucoup de choses en perspective, fasse sensiblement évoluer nos choix, nos envies, mais ce n’est pas vraiment ce que j’ai vécu la dernière fois, ça ne m’a en définitive que confirmé dans mes aspirations d’avant départ. Dans ce cas, aller vers quelque chose de connu et apprécié, me semble plutôt satisfaisant.

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29 mai 2020

Anniversaire et tempête Valérian

Double actualité ces derniers jours à DDU : j’ai fêté mon anniversaire hier jeudi 28 d’une part, et nous avons subi le passage de la forte tempête Valérian ce vendredi 29. Commençons par mon anniversaire : belle journée que ce 28 mai 2020 à Dumont d’Urville. C’état donc mon tour, 4 jours après Susie, notre ornithologue/anthropologue, et 6 jours après Michel, mon collègue météo : période riche en festivités (et en repas copieux !) J’étais de service à la météo, et lors du lâcher de ballon quotidien, j’ai tenu à écrire un petit mot sur le ballon, en écho à celui que j’avais écrit au même endroit, 11 ans auparavant. Je joins les deux photos à ce billet. La photo du ballon de mes 30 ans était l’illustration d’un billet qu’on peut retrouver dans les archives de ce blog.

On note que le 28 mai, les lâchers de ballon vers 9h du matin se font dans la nuit noire maintenant, j’ai cependant joint une autre photo du 28 mai 2020, d’un autre lâcher de ballon, peu avant 10h cette fois, à l’aube, avec le joli paysage derrière moi. Les conditions étaient en tout cas excellentes avec -18°C et un vent bien faible. Nous avons dû effectuer ce second lâcher de ballon, car la sonde de température/humidité du premier ballon a cassé à une altitude trop faible pour valider notre lâcher. Dans pareil cas, la consigne est d’effectuer un second lâcher, et si problème, un éventuel troisième lâcher, qui n’aura pas été nécessaire ce 28 mai 2020.

Une période très active pour nous à la météo de Dumont d’Urville, puisque nous avons entièrement déménagé nos 2 bureaux dans l’autre partie du bâtiment où nous nous trouvons, qui vient d’être entièrement rénovée ces dernières semaines, pendant la rénovation de nos anciens bureaux. Les travaux y avaient commencé le lendemain du début de l’hivernage, il y a un peu plus de 3 mois. Peut être que dans 3 mois, nous pourrons redéménager dans nos bureaux rénovés, tout beaux et propres.

Petit point temporel au passage : ce 28 mai, ça faisait exactement 6 mois que nous avions quitté la métropole pour une grande majorité d’entre nous, une demi année, déjà ! Et plus de 3 mois d’hivernage aussi… La moitié du séjour approche donc, en tablant raisonnablement sur un départ en décembre, c’est dans les prochains jours. Une seconde expérience déjà très riche, plus différente de la première que ce que j’aurais initialement imaginé. J’ai sensiblement évolué depuis 11 ans et je vis bien mieux l’isolement, l’éloignement, je suis particulièrement détendu, je profite de toutes ces belles choses, de la richesse de notre groupe, je me régale, au delà de quelques inévitables péripéties quotidiennes.

Pour mon repas d’anniversaire, j’ai sorti 4 des 11 bouteilles que j’avais apportées dans mes malles, j’ai donc enfin ouvert les cartons que j’avais soigneusement entreposés dans un coin de ma chambre jusque là. Pour l’apéritif, j’ai proposé un muscat du Cap Corse à la dégustation de tous, qui a été particulièrement apprécié. Pour le repas, pour accompagner le tartare de boeuf préparé par François, une bonne bouteille de Languedoc (Novi) et un bon Bourgogne (Savigny les Beaune). Et enfin, en guise de digestif, une liqueur de myrte Corse particulièrement fruitée, qui a également fait son petit effet. En guise de dessert, Aurore notre pâtissière nous avait préparé une superbe tarte au citron meringuée, avec une tête de maure (encore la Corse !) en chocolat, dont je mets une photo jointe à ce billet.

Un repas un peu hors du commun pour un anniversaire forcément pas comme les autres, entouré de mes amis adéliens de la TA70. J’en garderai certainement un excellent souvenir, sans nuage, à la différence de mes 30 ans de 2009, événement naturellement conséquent, mais où je me trouvais dans un état d’esprit plus mitigé, déplorant les absences des proches, qui me manquaient particulièrement à cette époque. A l’issue de ce repas joyeux et joliment arrosé, j’ai eu la joie de profiter de la modernité absente en 2009, en joignant ma famille sur Skype, pendant une bonne heure. Une bien belle journée, dont je me rappellerai !

L’actualité encore plus récente est le passage de la tempête Valérian sur la base, qui a commencé à souffler hier en soirée, pendant mon Skype familial, et qui a culminé pendant notre déjeuner de ce vendredi avec un vent qui a atteint en moyenne sur 10min la valeur de 122km/h, ce qui fait de cette tempête la deuxième plus forte depuis le début l’année, 8 jours après la tempête Michel, qui reste en tête. La rafale la plus forte a atteint 170km/h, pendant l’heure la plus forte, qui a fait vibrer le séjour où nous déjeunions plutôt tranquillement. On notera que la tempête a été la plus forte pendant l’heure où elle a pris une composante catabatique plus sud  (le vent venait du 150°, contre 130-140° le reste du temps), ce qui n’a naturellement rien d’un hasard.

Cette tempête se distingue aussi par un épais blizzard, avec une visibilité qui a à peine dépassé la dizaine de mètres pendant de nombreuses heures, à l’image de la photo que je joins prise à la sortie du séjour, avec l’imposante congère en face de nous, qu’il faut escalader à l’aide de la corde pour se rendre au séjour, à 40m de là, vent chargé de neige de face, ce qui provoque un effet glaçant, en quelques secondes à peine. Il a beaucoup neigé et dès que le vent va se calmer, demain, les séances de déneigement vont être longues et nombreuses sur la base, avec notamment une imposante congère d'environ 2m de haut qui bouche la sortie Ouest du séjour au menu, il est donc temps d’aller prendre des forces et de dormir, à bientôt !

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25 mai 2020

Parenthèse calme et lumineuse

Nous sommes au coeur de la période de l’année où la lumière du jour, plutôt rare, devient précieuse.Il est ainsi d’autant plus appréciable de connaître de belles journées comme celles qui viennent de passer. Avec un vent plutôt faible, voire très faible hier dimanche pendant une bonne partie de la journée, le froid des -20°C est fort légèrement ressenti. J’ai également vu une belle aurore dimanche matin, en allant prendre mon service au bureau météo, un peu avant 7h. Les longues nuits nous permettent effectivement d’en voir sans avoir à veiller au coeur de la nuit.

Même si j’ai un peu l’impression d’être rentré dans quelques temps dans un tunnel un peu sombre, mon moral reste très bon, indubitablement meilleur qu’à la même période de 2009. Je me nourris de ces beaux paysages, et de la bonne ambiance qui prévaut toujours nettement dans notre groupe. Je reçois quelques mails de France, qui me racontent l’étrange histoire de cette année 2020, qui semble arriver dans une phase un peu moins critique qu’il y a quelques semaines, et je mesure chaque fois davantage la chance qui est la nôtre d’être à Dumont d’Urville. Plus que jamais : l’impression d’être au bon endroit, au bon moment, en bonne compagnie.

Je me rappelle clairement le fort décalage qui existe naturellement entre la vie des hivernants, et celle de nos proches, pendant l’année antarctique, et que l’on constate tellement en rentrant. Cette année, ce sera probablement plus fort que jamais. Je pense parfois au monde que nous allons retrouver à la fin de l’année : à quel point sera-t-il différent de celui que nous avons quitté ? Il est trop tôt pour s’en inquiéter, ou même pour y réfléchir trop longtemps. Profitons de l’environnement, de la quiétude adélienne, ce que nous faisons plutôt bien, je dirais.

Dans les photos qui accompagnent ce billet, de belles lumières, et un soleil qui a du mal à sortir vraiment, car il ne reste que quelques degrés au dessus de l’horizon au zénith, de sorte qu’il suffit qu’il y ait une barre nuageuse sur notre horizon nord, pour que ses rayons ne nous éclairent pas, même si le ciel est quasiment dégagé par ailleurs. L'ensoleillement devient une denrée bien rare : ça va être tellement bon quand il va revenir, si vite, dans quelques semaines !

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22 mai 2020

Forte tempête Michel

Comme prévu, c’est le vent fort et la tempête qui ont dominé l’actualité adélienne de ces derniers jours. Après un début de semaine froid mais assez ensoleillé, le ciel s’est bien couvert mercredi, avec une reprise des chutes de neige, plus tôt et plus fort que ce qui était envisagé. Avec le vent qui a bien forci, comme prévu, dans la journée, nous avons connu de véritables conditions de blizzard, avec une visibilité très faible (parfois pas plus de 10m), pendant une bonne partie de la journée. Dans mon bureau météo, j’observais le vent forcir lentement mais sûrement au fil des heures.

Le stade de tempête a été officiellement franchi peu après 16h mercredi, avec un vent qui a dépassé en moyenne sur 10min les 50 noeuds (92,6 km/h) pour la première fois. Il a ensuite régulièrement forci, et pendant le dîner de mercredi, il soufflait régulièrement autour de 55 noeuds en moyenne. En sortant de la traditionnelle projection cinéma du mercredi soir au séjour, ça balançait bien sur la passerelle, mais heureusement pour rentrer vers le dortoir, on a le vent dans le dos, donc la progression est davantage favorisée qu’entravée, quand on circule dans le sens opposé.

Comme attendu, le vent a atteint sa force maximale quand la nature du vent a légèrement changé, en fin de nuit : le caractère catabatique a clairement pris le dessus, ce qui s’est traduit par un renforcement du vent moyen, même si les rafales n’ont plus dépassé le maximum atteint à 2h21 avec 183km/h, ce qui est classique par catabatique, les rafales s’écartant moins du vent moyen. En moyenne sur 10min, c’est à 6h56 que la valeur maximale a été atteinte, avec 126kmh ! Cela devance très nettement notre ancienne tempête record du 24 janvier, Aurore, qui n’avait atteint « que » 118km/h en moyenne. En revanche, Aurore, tempête non catabatique, avait enregistré une rafale à 184km/h.

Comme attendu également, il fut assez compliqué de dormir cette nuit là pour nous, le dortoir vibrait sensiblement, et le vent faisait naturellement du bruit, que j’ai personnellement atténué avec des bouchons d’oreille, qui m’ont certainement permis de passer une nuit correcte. C’est effectivement un peu avant 7h, au moment du vent le plus fort, que j’ai été définitivement réveillé, sans doute par les fortes vibrations, quasi continues. Lors des tempêtes classiques, moins fortes, le dortoir ne vibre que lors des fortes rafales, pas en quasi permanence, comme cela fut le cas en cette fin de nuit de mercredi à jeudi.

Hier jeudi matin, je me suis donc préparé avec un soin particulier, notamment en portant le masque en prévisions de la neige soufflée en face lors du trajet vers le séjour. Le vent soufflait encore peu après 8h autour de 115km/h en moyenne, avec des rafales à 160-170km/h, mais heureusement quand le vent est catabatique (provenant de la direction 160°, en l’occurrence), le séjour fait un peu écran au vent en sortant du dortoir, donc ça n’a pas été si dur de marcher avec vent de face. En revanche, une demi heure plus tard, je suis allé assister au lâcher de ballon de mon collègue météo… Michel, qui a donné son nom à la tempête ! Ce fut assez sportif, mais après une sacrée vrille juste après le lâcher, le ballon a filé à l’horizontale vers le nord. En une minute de vol, il avait parcouru plus de 2km.

Michel est donc à l’honneur avec cette tempête record 2020 hier, et encore plus aujourd’hui, puisqu’il fête ses 60 ans en notre compagnie, sur la base ! Un bel apéro, suivi d’un repas de fête, est ainsi au programme de ce vendredi soir au séjour. Ça me rappelle que j’ai fêté mes 30 ans sur la base il y a quasiment 11 ans, un drôle de souvenir, dont je garde un souvenir particulier, mais un peu mitigé, car cela a coïncidé avec la période que j’avais le moins bien vécu de l’hivernage. Pour l’instant en 2020, fin mai, à l’approche de mon anniversaire donc, rien de tel en vue, le moral est bon, on reprendrait bien un peu de soleil et de lumière, mais on sait que la période est avare, je me résigne donc plutôt joyeusement à attendre des jours plus longs.

Mai est un mois festif pour nous, puisque nous fêtons 5 anniversaires dans notre mission de 24 membres : après mon collègue météo Alain, Valentin, Michel ce soir, ce sera autour de Susie dimanche, et enfin le mien jeudi prochain. C’est le mois qui compte le plus d’anniversaires de notre TA70.  Tant mieux, ça égaie bien ces journées courtes, froides comme ce vendredi, où il faisait autour de -20°C, avec des rafales à 50km/h de vent, donnant un ressenti de -35, qui m’a bien refroidi lorsque je suis sorti sculpter des marches dans la congère à la sortie du dortoir. En général, cette activité me réchauffe, ce ne fut pas le cas cette fois…. Pour finir, voici quelques photos de ces derniers jours, une image satellite de mercredi à 13h, à l’approche de Michel, une photo du blizzard mercredi, puis deux du catabatique de fin de tempête Michel jeudi (avec le soleil est qui est brièvement sorti à travers la neige soufflée), et enfin une petite série de ce vendredi, où le soleil a failli sortir, mais il est resté si loin, si bas au nord sur l’horizon…


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19 mai 2020

-25,5°C... et du soleil !

Après une longue période d’une dizaine de jours de grisaille quasi complète, en dépit de timides éclaircies parfois, le ciel s’est enfin dégagé dimanche après-midi, et la température a plongé la nuit suivante, pour afficher lundi matin un joli -24,4°C de minimum, ce qui améliorait déjà notre record de froid de l’année. La température n’est pas montée au dessus de -22°C environ dans la journée, et la nuit dernière fut encore un peu plus froide, de sorte que ce mardi 19 au matin, nous avons atteint vers 10h, soit à peu près au lever de soleil la valeur de -25,5°, le tout avec un vent assez faible.

Cette valeur n’est bien sûr pas exceptionnelle du tout au coeur de l’hiver adélien où nous nous trouvons. Cependant, il s’agit de mon record de froid personnel ici, puisque durant l’intégralité de l’année 2009 que j’ai passée ici, nous n’étions pas descendus plus bas que -25,3°C ! Ill s’agissait d’une année particulièrement douce, il est vrai. Lundi a donc été parfaitement ensoleillé, et ce fut presque le cas de ce mardi, même si cette fois une barre nuageuse occupait l’horizon nord, ce qui a eu pour effet d’occulter le soleil juste après le lever, et avant le couchant, nous privant en tout d’une bonne heure d’ensoleillement. 

La lumière a néanmoins été magique ces deux jours, j’ai bien pu profiter du lever et du coucher, dont nous étions privés depuis une dizaine de jours. J’offre ainsi un aperçu des paysages de ces 3 derniers jours, avec le couchant de dimanche, lorsque le ciel commença tout juste.à se dégager.  Cette période lumineuse est revenue à point nommer pour me rebooster un peu, car la lassitude de la grisaille commençait tout de même à se faire un peu sentir. Cet ensoleillement est certes assez symbolique, car il ne parvient quasiment plus du tout à réchauffer l’atmosphère. Le lever de soleil se déroule maintenant après 10h du matin, et le coucher juste après 15h, et on devrait d’ici mi juin perdre encore deux bonnes heures de jour, même si les aubes et crépuscules s’allongent, ce qui compense un peu.

Notre actualité est d’autant plus dominée par la météo qu’une grosse tempête s’annonce pour la nuit de mercredi à jeudi, dans 24 heures exactement, avec une forte probabilité de dépasser les valeurs de notre tempête Aurore de référence du 24 janvier (184km/h en pointe). Une dépression se creuse au nord de DDU, et se rapproche petit à petit de nous, elle devrait atteindre 945hPa en son centre dans un peu plus de 24h, en se trouvant à environ 500km au nord/nord-est de la base, une position idéale pour avoir des vents violents, de force cyclonique, ici. Mon record de 2009 de 187km/h en rafale va-t-il tomber ? C’est bien possible…

Comme nous voyons cette tempête arriver sur nos prévisions depuis ce week-end, tout le monde est prévenu sur la base, et s’organise en conséquence, et nous savons que dès demain après-midi, toute la nuit suivante, et probablement la matinée de jeudi, il sera compliqué de passer simplement d’un bâtiment à un autre avec le vent violent glacé parfois de face, parfois de côté, toujours déstabilisant, en tout cas ! Pour ma part, mon côté passionné de météo se réveille particulièrement à l’approche de ce genre d’événement, et comme je suis de service mercredi, je serai aux premières loges pour observer le vent monter heure après heure ! 

Tout ceci contribue à faire de ces dernières journées des moments aussi agréables qu’intéressants à suivre, et cela devrait donc durer jusqu’à jeudi, au moins. Ce mardi soir, le ciel se recouvre à l’approche de la tempête, le vent se lève doucement avec des rafales à 50-60km/h, la température remonte à -21°C, ce qui donne tout de même un ressenti frisquet dehors (indice de refroidissement éolien de -35)… A bientôt pour le bilan de la tempête !


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14 mai 2020

Tempête Pascal

Comme attendu et prévu, le temps a été agité ces derniers jours à DDU, avec le passage d’une nouvelle tempête la nuit dernière : la tempête Pascal (nommée d’après nos deux Pascal : plombier et chef centrale) a soufflé en pointe peu après le dîner d’hier soir à 113km/h en moyenne sur 10min, avec une rafale maximale à 154km/h. Sur le critère principal de la vitesse en moyenne sur 10min, c’est notre 3ème tempête la plus forte depuis notre arrivée, derrière les tempêtes Aurore (24 janvier) et Sarah (26 avril). C’est plutôt de saison, mais les tempêtes s’enchaînent à un bon rythme depuis le début avril, après plus de deux mois sans tempête (de fin janvier à fin mars) : il s’agit effectivement de la 5ème tempête sur les 6 dernières semaines.

Naturellement, on limite nos déplacements à l’extérieur en pareille circonstance, et le simple fait de passer d’un bâtiment à un autre en se faisant secouer et fouetter par la neige est déjà un effort, qui donne un charme certain au séjour adélien. Par ailleurs, comme il est tombé 6-8cm de neige fraîche avec cette tempête, les congères ont continué à monter sur la base, toujours sur les mêmes bases, atteignant ainsi des hauteurs toujours croissantes. Bien sûr, certaines sont soigneusement entretenues : celle qui se trouve à la sortie Ouest du séjour est déneigée quasiment en continu, pendant la tempête même, et celle qui se trouve à la sortie du dortoir, direction séjour, est aménagée en escaliers dès qu’un calme relatif revient (cf photo jointe). 

Je passe un temps certain sur ces deux points névralgiques de la vie locale, avec toujours autant d’envie et de plaisir à pelleter de la neige, même si elle est parfois lourde, si tassée par le vent. J’ai mieux dormi ces dernières nuits, ce qui m’a sûrement permis de mieux vivre ces derniers jours, pourtant gris, sombres, et courts, toujours plus courts. Hier, je suis allé filer un coup de main à Sarah pour son inventaire, nous étions bien abrités dans la réserve médicale, pendant que le bruit du vent montait inexorablement dehors, à l’approche de la tempête Pascal. En sortant, ça balançait pas mal sur les congères, pour faire quelques dizaines de mètres à peine, jusqu’au séjour. Et cet après-midi, je suis descendu avec Régis et Malik à la cabane Marret, à laquelle une congère de belle taille s’était adossée (cf photos jointes), et que nous avons réduit autant que possible pendant un peu plus d’une heure, jusqu’à un certain niveau de fatigue musculaire, qui nous a fait reporter la fin de chantier à un de ces prochains jours.

Tout ceci en passant tout de même de temps en temps au bureau météo, où pas mal de petites choses bougent, en vue des travaux dans le bâtiment, mais pas seulement. Des journées vraiment bien remplies, variées, qui maintiennent l’ennui, la routine, à bonne distance, rien de tel pour passer cette période de plus en plus crépusculaire, au sens propre du terme. Ce soir, j’ai les bras, les épaules, bien fatigués, de la bonne fatigue. Place maintenant à une petite sélection de photos de ce jeudi 14 mai, à bientôt !



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11 mai 2020

Dans le dur

Après une première semaine de mai largement ensoleillée, avec les superbes paysages illuminés illustrés dans le billet précédent, on est passé à une autre phase bien différente de ce mois de mai, prévisible, attendue même : vent et gris, avec de la neige, et la réformation de belles congères. Une bonne quinzaine de centimètres est tombée essentiellement ce samedi, mais en réalité bien davantage sur les congères, certaines traversant même des passerelles jusqu’ici épargnées, notamment entre le séjour et Géophy. Pas de tempête, mais des rafales à 110-120km/h ce week-end, beaucoup de neige qui vole, une autre facette si classique de l’hiver local.

Pour autant, ce « long week-end » qui n’a cependant permis à personne de partir s’aérer en dehors de la base, fut joyeux, festif même, avec coup sur coup l’anniversaire de mon collègue météo Alain fêté vendredi soir, puis celui de Valentin, notre chargé d’instrumentation de l’Observatoire des Sciences de la Terre de DDU, samedi soir. A chaque fois, de beaux (et copieux) repas, dans un style niçois pour Alain, savoyard pour Valentin, nous nous sommes encore une fois régalés, avec la complicité des intéressés, qui ont parfois largement participé à la préparation de leur repas d’anniversaire.

En plus, vendredi soir, à l’issue du repas d’anniversaire d’Alain, nous avons poursuivi avec une soirée jeux, nouveauté fort judicieusement proposée par Charlène, notre chimiste/glacio depuis la semaine précédente, et nous avons organisé notre premier « loup-garou », jeu de rôle bien connu, que j’avais beaucoup pratiqué quand j’étais élève à l’Ecole Nationale de la Météorologie de 2005 à 2007, puis à nouveau ici même, à DDU, en 2009. Avec la participation d’une bonne quinzaine d’entre nous, autant dire une belle majorité de notre TA70, ce furent une bonne heure et demie de jeu bien agréable, appréciée par tous, je crois.

Après 8 séances consécutives le mardi soir de mes cours de météo, je sèche, à court d’inspiration, et je suspends donc cette activité pour une durée indéterminée, et tant mieux si la soirée jeux occupe à son tour une case hebdomadaire, à côté de notre mercredi soir film bien ancré dans notre planning (avec tirage au sort du titre du film parmi de nombreuses propositions le mardi soir).

Mais à côté de ces réjouissances, on rentre quand même plutôt dans le dur, avec nos journées bien courtes, avec un lever de soleil à 9h40 et un coucher à 15h30, quand on ne voit pas le soleil, comme ces 4 derniers jours, la luminosité reste faible, et ça ne va aller de ce côté qu’en empirant davantage pendant un bon mois. Ce lundi, le vent est resté calme, mais les 3 derniers jours, ça soufflait assez fort, et ça n’incitait pas à rester dehors, en tout cas le moins longtemps possible. Le milieu devient plus hostile, tout en restant confortable, dans nos bâtiments bien chauffés, fort bien nourris par François et Aurore, en bonne entente générale.

Je vais certainement relire dans les prochains jours ce que j’écrivais à la même période de 2009, dans ma chambre de l’étage au dessus de celle où je me trouve en tapant ces lignes. En effet, j’en garde le souvenir de la période la plus délicate de l’année, où j’ai connu quelques baisses de moral, je sais que je suis sensible à la lumière du jour, comme je l’évoquais dans le billet précédent. D’ailleurs, depuis que la nuit l’emporte largement sur le jour, je dors un peu moins bien, peut être parce que la faible luminosité me fatigue moins durant la journée, car je ne me sens pas en manque de sommeil, pourtant.  D’autres camarades hivernants m’ont fait part de troubles similaires du sommeil ces derniers jours, voire de l’humeur, parfois.

Mais tout va toujours très bien pour moi dans l'ensemble, le retour de la neige ce week-end m’a permis de reprendre une belle activité de pelletage, qui m’a fait grand bien, notamment pour absorber plus facilement les riches repas de ces derniers jours. On attend un retour du vent fort pour les prochains jours, peut être une petite tempête, mais en tout cas pas beaucoup de répit avec de fréquentes rafales à 100km/h,voire plus, jusqu’au week-end, il est probable que j’évoque cela dans un prochain billet. En attendant, quelques photos, pour l’essentiel prises ce lundi 11 mai, où l’on a failli avoir un petit peu de soleil… et où on aperçoit la congère qui monte à la sortie du dortoir d’une part, ensevelissant la corde qui permet de se tenir pour la grimper, vent de face dans la tempête, mais aussi celle qui se trouve derrière le dortoir cette fois, côté mer, qui commence à cacher la vue du côté médecin/hôpital, et qui présente des petites pointes assez esthétiques, sacrée Nature !

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06 mai 2020

Début du joli mois de mai...

… au rythme des levers et des couchers… de soleil ! En effet, le fait marquant de ces 6 premiers jours de mai à DDU est un retour triomphal du soleil, qui nous avait largement fait défaut en avril, avec 67 heures d’ensoleillement seulement, soit près de 40% de déficit par rapport à la normale ! 13 jours sans voir la moindre minute de soleil, nous étions un peu en manque, surtout en cette saison où la lumière du jour diminue tant, ce qui la rend ainsi tellement précieuse. En ce début mai, nous continuons à perdre environ 7 minutes de jour chaque jour, le lever de soleil se déroule vers 9h15, et se couche autour de 16h. Nous y sommes : dans cette étrange période où les nuits sont plus courtes que celles que nous connaissons au coeur de l’hiver, en métropole.

Ces horaires en pleine journée permettent donc, quand la météo le permet, à l’image de ce joli début mois de mai, d’assister au double spectacle jamais anodin du lever derrière les icebergs au Nord-Est, pour se coucher derrière les autres icebergs, un peu moins nombreux car plus éloignés du glacier, au Nord-Ouest. Si j’ai pu, comme beaucoup, largement profiter des couchers de soleil depuis notre arrivée ici, les levers de soleil se sont longtemps déroulés trop tôt pour véritablement tous les  voir. Mais pour les 2-3 mois à venir, ce ne sera donc plus un problème, pour notre grand plaisir.

Le soleil est maintenant rasant quasiment toute la journée, avec un zénith qui ne s’élève guère plus de 10° au dessus de notre horizon nord. Cela donne cette si belle lumière, dans cette atmosphère si sèche typique de l’hiver antarctique, limpide. Je me régale chaque jour, même quand il n’y a quasiment aucun nuage comme en ce début mai, et que le spectacle est, soyons honnêtes, assez répétitif chaque jour. Certes, la course visible du soleil diminue, se rétrécit, le lieu où il sort le matin de celui où il se retire l’après-midi. Dans quelques semaines, nous aurons la joie de voir, revoir pour moi, ce spectacle étonnant d’un soleil qui rase l’horizon, indécis entre lever et coucher, pendant un peu moins de deux heures.

En tout cas, cette ambiance très lumineuse m’aide grandement à conserver un excellent moral ces jours ci, dans cette période que je crains forcément un peu plus, connaissant mon amour de la lumière solaire, et avec un souvenir un peu mitigé de la même époque en 2009. Je persiste à penser que ça s’annonce nettement mieux cette année, que je suis plus mûr, solide. Et si la météo se montre généreuse durant tout le mois, les choses devraient vraiment bien se passer !

Si le soleil a régné sans partage, nous avons tout de même eu un sérieux coup de vent surtout la nuit dernière, mais aussi une partie de ce 6 mai, à tel point qu’on peut parler de véritable tempête Cédric, qui se classe certes comme étant la 6ème et plus faible que nous ayons connue depuis notre arrivée, mais qui a quand même perturbé le sommeil d’un grand nombre d’entre nous la nuit passée, puis nous a un peu secoués sur les passerelles durant la journée. Le vent est complètement tombé ce soir, conformément aux prévisions. Pour les archives, cette tempête a connu peu avant 5h du matin un maximum de 99km/h en moyenne sur 10min, et une rafale maximale à 138km/h. Côté météo, nous avons également enregistré mardi 5 au matin -23,0°C, nouvelle température la plus froide de notre année 2020 ! Rien d’exceptionnel pour un mois de mai, bien sûr, ici.

Un joli mois de mai 2020 qui débute donc à DDU, dans notre groupe qui vit toujours bien, après 5 mois tout juste de présence sur place pour la majorité d’entre nous. Une majorité, dont je fais partie, qui devrait théoriquement (parce qu’on ne peut être sûr de rien cette année) repartir courant décembre, soit dans 7 mois. Mine de rien, on n’est pas si loin de la moitié du séjour.  C’est à mes yeux une expérience toujours aussi dense, aussi riche, qui ne passe ni trop vite, ni trop lentement, au bon rythme, celui qui permet de profiter des périodes plus ou moins chargées.


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02 mai 2020

Début mai, sur le continent...

Profitant d’une belle fenêtre météo, j’ai eu la chance de pouvoir m’échapper un peu de la base pour faire une belle sortie ce vendredi 1er mai, et bien attaquer ce mois du coeur de l’hiver austral. Je me suis au joint au groupe de Susie, Sarah, Pol et Valérian, qui avaient décidé d’aller marcher vers l’île du Gouverneur, puis jusqu’au continent, à la base Robert Guillard, de Cap Prudhomme, départ des Raids estivaux. Nous avons soigneusement préparé nos affaires vendredi matin, avec un sac banquise complet contenant affaires sèches de rechange, un casse-croûte, radios, et tout ce qu’il faut pour sortir en sécurité.

A 10h15, nous avons quitté la base, pris la route qui descend vers le Pré, et quitté l’île des Pétrels en face du hangar bleu, et nous nous sommes ainsi engagés sur la banquise en face de l’île Rostand. Nous avons tranquillement marché vers l’île du Gouverneur, qui se trouve environ à mi-chemin de la base de Cap Prudhomme. J’étais déjà venu sur cette même île en 2009, et je me rappelais assez bien la configuration des lieux. Cela a cependant conservé un côté découverte, très plaisant. L’île du Gouverneur est la seconde île la plus grande de l’archipel. Après avoir grimpé au sommet de l’île et pris quelques minutes de pause contemplative du joli panorama qui s’offrait à nous, nous avons repris la marche vers le continent.

Peu après midi, nous avons mis le pied sur le continent, et grimpé la pente assez verglacée qui mène à la base Robert Guillard. Cette base annexe de DDU n’est occupée que durant la campagne d’été, par une dizaine de personnes environ, dont la tâche principale est de préparer les différents raids vers Concordia, à plus de 1000km sur le continent. Il y a en permanence un cuisinier et un médecin, qui ne sont donc pas ceux de DDU. Le médecin qui s’y trouve une bonne partie de l’été est le médecin de l’hivernage sortant, qui termine ainsi son séjour antarctique, après la plupart des hivernants. C’est une toute petite base à l’ambiance familiale, avec une très jolie vue sur la baie Lejay, avec l’île des Pétrels au fond.

La jolie terrasse accessible en été était complètement enneigée, et nous n’avons pas pu y prendre notre casse-croûte, comme espéré, nous nous sommes installés sur une congère voisine, avec une vue également imprenable. Les conditions étaient parfaites, comme depuis notre départ matinal de la base, avec -5°C/-6°C, et un vent très faible, plein soleil, nous sentions à peine le froid, inespéré pour déjeuner dehors ! Après déjeuner, nous avons laissé nos sacs à la base, et nous sommes partis marcher sur les premières pentes de la route du Raid.

De nombreux engins sont entreposés sur le long de la route, notamment la fameuse caravane du Raid, qui sert de lieu de vie pour les occupants de cet étrange attelage sur cette route unique. Il y a un bon dénivelé sur les premières centaines de mètres, ce qui permet de s’élever et d’avoir une vue encore plus intéressante sur les environs. Nous avons marché jusqu’à un point appelé D5, où nous avons commencé à ressentir les effets du vent qui descendait du glacier. Ceci, additionné à l’heure qui tournait, nous a conduit à décider de faire demi tour à cet endroit, pour débuter notre marche de retour.

De là haut, on voyait bien la polynie située au nord-ouest de la zone, mais on devinait également celle, bien plus lointaine, qui se trouve au delà de la langue glaciaire de l’Astrolabe, à peut être une quinzaine de kilomètres de là, mais vers l’est, cette fois. Une vision magique, que j’avais déjà eue cet été quand je suis monté à la piste de D10, un peu loin et haut sur cette même route, mais que nous n’avions pas le temps de rejoindre cette fois.

Nous sommes redescendus vers la base Robert Guillard, où nous avons repris nos affaires, nous avons alors chaussé nos crampons pour passer la pente verglacée qui nous a permis de rejoindre la banquise, quittant ainsi le continent. Ensuite, ce fut une longue marche en ligne droite vers l’île des Pétrels, bien visible à 5km de là, et qui se rapproche bien doucement, il nous a fallu en effet une bonne heure de marche pour la rejoindre. A peu près à mi-parcours, le léger catabatique que je redoutais un peu s’est mis à bien souffler, d’un coup, latéralement.

Il a ainsi fallu lutter un peu contre ce vent qui nous déportait franchement de notre trajectoire directe pendant de longues minutes, il a fini par s’assagir alors que nous arrivions véritablement à proximité de l’île des Pétrels. C’est peu avant 16h que nous avons remis le pied sur l’île des Pétrels, alors que le soleil s’apprêtait à se coucher, le timing annoncé était ainsi parfaitement respecté. En effet, quand on sort loin de la base, il faut donner un créneau horaire de sortie, et en particulier veiller à rentrer avant la nuit, ce qui restreint en cette saison sensiblement l’horizon des balades, il faut bien calculer son itinéraire et son temps !

J’ai mis dans les photos jointes une carte de l’archipel avec notre itinéraire en rouge à l’aller, jaune pour le retour. Le retour fut, comme bien souvent, plus pénible que l’aller, car la fatigue a commencé à s’inviter, en plus du côté très monotone de la ligne droite de 5km à effectuer.La surface de la banquise était pourtant excellente, bien dure, sans trop d’accumulation de neige, on y circulait donc dans l’ensemble très facilement. J’ai eu un peu mal aux jambes sur la fin, et ce samedi je sens de petites courbatures qui indiquent que les jambes ont effectivement bien travaillé. En tout cas, c’était de la bonne fatigue, et un joli souvenir partagé avec mes 4 amis hivernants. Pour bien finir la journée, hier soir, Antoine, Valentin et Luc, soit l’équipe de Géophy, nous avaient préparé de belles pizzas, que nous avions commandé deux jours plus tôt, une grande réussite, merci à eux ! Mai débute bien !


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27 avril 2020

Tempête Sarah

Rompant avec le calme précédent, le vent a forci comme attendu durant la journée de samedi 25, pour atteindre le stade de tempête dans l’après-midi. Elle a culminé dans la nuit de samedi à dimanche, atteignant au plus fort 114km/h en moyenne sur 10min, avec une rafale maximale à 172km/h. C’est la seconde tempête la plus forte pour notre TA70, toujours après la tempête Aurore du 24-25 janvier, qui dura un peu plus longtemps (22h contre 17h) et fut un peu plus forte. Le vent a baissé d’un cran dès dimanche matin, plus rapidement qu’attendu, mais il est resté soutenu toute la journée, avec même une petite reprise en soirée. Et ce lundi, Sarah a rendu ses derniers souffles toute la journée, avec encore quelques bonnes rafales à 110-120km/h. Le temps devrait nettement se calmer dans les prochains jours, avec même le retour du soleil.

Finalement, après un beau mois de février, et un mois de mars lui aussi assez bien ensoleillé, avril avait débuté sur de bonnes bases de ce côté, mais depuis la période très calme du 15 au 23, les nuages ont souvent repris possession du ciel, accordant peu d’éclaircies. Avec les journées qui deviennent maintenant plus courtes que celles que l’on connaît au coeur de l’hiver en France, ça commence à se ressentir un peu, j’ai le sentiment que le rythme général commence un peu à ralentir, le tonus baisse un peu, les discussions sont (un peu) moins vives/animées pendant les repas. L’ambiance reste pour autant très bonne, je dirais, mais avec le mois de mai qui arrive, c’est le coeur d’hivernage qui commence.

A partir de maintenant, il faut réfléchir pour optimiser son temps si on a des activités en extérieur, sauter le déjeuner, en préparant un casse-croûte, par exemple, pour s’éloigner un peu de la base et s’aérer. Ca m’arrivera probablement un de ces jours, même si je ne suis pas celui qui suis le plus demandeur de sorties, loin de là. La période idéale reste la fin d’hiver, sur une banquise bien formée, solide, avec des journées qui rallongent nettement, pour devenir bien longues en octobre, par exemple. Ce sera l’occasion d’en prendre plein les yeux, et de faire quelques photos, avec ce petit appareil que j’ai récupéré au bureau météo, qui semble très correctement marcher.

En attendant, je propose quelques photos justement de ce dimanche 26, où les éclaircies sont quelque peu revenues, avec de jolies couleurs et un beau mur de neige visible sur le continent, pour saluer le départ progressif de la tempête Sarah. Hier dimanche soir, au cours du dîner, Sarah, notre doc, a tiré au sort Cédric, prénom de notre électricien, qui sera donc le prénom de notre prochaine tempête de l’année. On a retrouvé un peu de froid avec -15°C, plus conforme à l’ambiance de saison. A bientôt pour des nouvelles plus calmes !



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