Toujours présent
Je prends le temps nécessaire pour écrire quelques mots sur ce blog qui m'est cher, mais je n'ai pas la force, l'inspiration surtout, d'alimenter plus régulièrement. Si l'on mesure le côté excitant de ma vie à la fréquence avec laquelle je publie sur ce blog, alors on peut en déduire que ma vie actuelle n'a rien de bien passionnant. Ce serait tout de même très réducteur, bien que je concède volontiers que les périodes pendant lesquelles j'ai le plus partagé sur ce blog (en Alaska, en Antarctique bien sûr) étaient certainement parmi les plus palpitantes que j'ai vécues. Mais je ne me plains pas, je peux faire des escapades assez régulières en Corse, comme en ce début de mois, où j'ai pris cette photo assez originale de brouillard qui tente d'engloutir la colline du village.

Une partie de moi continue à s'interroger sur le sens de ma présence ici, à Paris. Chaque jour qui passe me rappelle aussi qu'il y aurait certainement bien d'autres façons de vivre, en faisant bien d'autres choses. Pourtant, j'ai la chance, la grande chance, d'avoir un travail qui m'intéresse vraiment, pour lequel je suis heureux, parfois même impatient, d'aller bosser. Je suis heureux de pouvoir voir plus souvent que jamais mes amis "historiques" d'enfance, ma famille, dans cet environnement parisien si familier. Mais je n'arrive pas à me sentir autrement que "de passage" ici. Parce qu'il y a nécessairement un ailleurs qui me convient, qui me conviendrait le cas échéant.
D'une certaine façon, le fait même de vivre implique que, quoi que l'on fasse, on est "de passage", on essaie de faire de bonnes choses en attendant, ou pas, quelque chose de différent par la suite. Quand j'étais là bas, plus près des pôles, je ne me demandais pas ce que je faisais là. Il y avait simplement cette évidence du "bon" lieu au "bon" moment. J'imagine que c'est le lot de tout retour à la case départ, que constitue Paris, où j'ai grandi. Pour l'instant, je vis comme cela, parce que c'est malgré tout un plaisir quotidien, en dépit du manque d'aventure, de ma curiosité non satisfaite. Jusqu'à quand ?
Un petit paragraphe pour dire ma satisfaction depuis le 6 Mai de voir un autre François prendre les rênes de notre pays. Je n'ai jamais été socialiste, ni même de gauche, mais j'espère qu'il saura rétablir dans notre société un climat plus apaisé que son bouillant prédécesseur, qui m'a bien souvent énervé. Je suis allé faire un tour place de la Bastille, pour l'Histoire, le dimanche 6 Mai au soir, pour voir des gens qui étaient au moins aussi heureux de cette victoire politique. Il y avait tant de jeunes, tant de monde ! De toutes les couleurs, les origines, il y avait un bon esprit, on sentait surtout un grand ouf de soulagement, ça m'a fait du bien de constater que ce sentiment était partagé par beaucoup. Quitte à faire le pari d'un homme assez peu connu avant la campagne. Bon quiquennat au Président Hollande et surtout à la France ! Je referme cette rare page politique sur mon blog, et j'essaierai de reprendre ma plume éléctronique plus rapidement, ça me manque, finalement...
Avril printanier
Allez, il fallait bien que je m'y remette un jour où l'autre, d'autant que la goût de l'écriture ne m'a pas quitté ! Je reviens donc sur ce cher blog évoquer (un peu) mon actualité assez peu passionnante, mais aussi expliquer ce drôle de mois d'avril, que d'aucuns qualifieraient de "pourri", en regardant le ciel.
Tout d'abord, j'ai saisi une nouvelle opportunité d'aller m'oxygéner au bon air du village, en Corse, en début de mois. J'ai donc retrouvé le jardin que j'avais quitté, près de deux mois plus tôt, sous un épais manteau neigeux, dans des circonstances nettement plus printanières :

Revoir les arbres en fleurs, le réveil de la végétation, est toujours un spectacle aussi réjouissant, qui contribue pour moi grandement à faire du printemps la plus belle saison. Beaucoup de lumière, un soleil digne de l'été, mais avec des températures juste douces, et une météo changeante qui nourrit ma passion pour ces aléas. D'une façon générale, plus je vais là bas, au milieu de la nature, la vraie, pas celle des villes, et plus mon rapport à la terre se développe.

Mais la Corse, c'est aussi celle des montagnes, que je connais un peu moins, mais que j'aime tout autant. En allant me promener avec mon ami Nico, voici la vue que l'on avait du village de Morosaglia, peu après avoir passé le col de Prato, véritable barrière climatique entre la Corse orientale humide d'un côté, et l'intérieur plus aride. Comme on le voit sur cette photo, bien peu de neige sur les montagnes, en raison d'un mois de mars globalement chaud et sec.
Ce qui me permet de faire la transition vers le volet météorologique de ce billet. Ce mois d'avril que je qualifie volontiers de printanier. Afin d'exprimer une évidence qu'un mois de mars anormalement doux et des anomalies des années précédentes pourraient occulter : le printemps est bel et bien la saison des alternances entre des périodes encore presque hivernales et les premières bouffées de chaleur. Ceci étant d'autant plus vrai que l'on est proche du début du printemps, qui n'a commencé que depuis quelques semaines.
La sagesse populaire enseignait qu'il fallait se méfier du gel jusqu'aux saints de glace, vers le 11-13 Mai, précisément parce que l'expérience de dizaines, de centaines d'années de travaux de la terre, montrait bien que les cultures étaient potentiellement menacées par un coup de froid tardif jusqu'à cette date. On ne fait évidemment pas de la prévision météo à partir des dictons, mais il faut reconnaître que certains sont remplis de bon sens.
D'un autre côté, on peut toujours s'interroger sur le côté inhabituel de l'intensité de ce temps hivernal, si tard dans la saison, ainsi que de sa durée. Les chutes de neige particulièrement abondantes dans le Massif Central, les Pyrénées, ces derniers jours, sont tout de même remarquables pour la saison, et excèdent parfois tout ce que ces régions ont pu vivre durant l'hiver. Par ailleurs, la matinée d'hier mardi fut remarquablement froide sur une bonne moitié Est du pays, ainsi qu'en Auvergne, on a ainsi relevé -10,4°C à Marcenat, dans le Cantal. C'est certes à plus de 1000m d'altitude, mais ça constitue tout de même un nouveau record de froid pour un mois d'avril, depuis 1990, date d'ouverture de cette station.
Ainsi, en poussant un peu plus loin la provocation, je pourrais dire que ce mois d'avril est donc particulièrement printanier, en accentuant cette tendance aux contrastes, aux luttes des masses d'air de natures opposées. A titre personnel, je profite plutôt de ce temps car il ne fait pas chaud, et la météo est vraiment dynamique, intéressante, ce qui rend donc mon métier plus attractif. La situation est actuellement bloquée, et, à l'image d'un blocage chaud et sec type mars de cette année, on ne sait pas trop quand ça s'arrête. On peut cependant raisonnablement imaginer qu'à l'horizon de la fin du mois, la situation pourrait retourner vers un blocage chaud type mars, ce qui donnerait ainsi un avant goût estival au joli mois de mai... A suivre !
Je termine en mettant en lien une petite interview que j'ai donnée au site francesoir.fr hier à propos de cette météo "pourrie", et qui rejoint certaines choses que j'ai abordées dans ce billet.
Un avant goût d'été....
Le mois de mars est en train de s'achever, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'achève dans la douceur, voire la chaleur par endroits.Comme prévu, je suis allé à Toulouse pour donner ma conférence sur la Terre Adélie, que vous pouvez visionner en cliquant ici. Je commence à me sentir vraiment à l'aise dans cet exercice, y compris avant la prise de parole, un moment où, habituellement, le rythme cardiaque s'accélère, le trac...
Au boulot, on poursuit sur de bonnes bases, la mise en place des bulletins météo en vidéo continue, et on pourrait en diffuser prochainement sur le site de Météo-France, j'en rendrai compte le moment venu. Je reviens simplement sur cette période de temps chaud pour la saison que nous vivons ces jours ci. Ce mardi, c'est le 5ème jour de suite où nous dépassons les 20°C (sous abri, à l'ombre donc) à Paris. Et ça devrait durer encore deux jours, peut être 3 avec vendredi. Ca ressemble davantage à un temps de mai-juin qu'à un temps de mars. On ne va pas tarder à entendre à nouveau parler de sécheresse.
Des records de chaleur ont été battus localement pour un mois de mars (sur certaines îles de l'Atlantique : Ile d'Yeu, Belle Ile), de nombreux ont été frôlés, mais c'est surtout la durée de cette chaleur hors saison qui est remarquable. Avec une situation météo comparable en plein été, c'est la canicule assurée, espérons qu'on ne retrouvera pas ça en juillet-août... Non que je souhaite revoir un été pourri, comme on en a vécus certains ces dernières années, mais crever de chaud n'est pas vraiment ce que je préfère. En espérant un retournement de tendance en avril avec de l'eau, pour soulager la végétation, pour prendre davantage de plaisir à exercer mon métier de prévisionniste, je reparlerai de tout cela.
Conférence à Toulouse le 15 Mars

Comme évoqué il y a quelques semaines, je confirme que je donnerai une conférence sur mon année en Terre Adélie à Toulouse le jeudi 15 Mars à 18h30 à la Cité de l'Espace, salle Altaïr, l'éntrée est libre. Ce ne sera pas la même conférence que celle de Paris de novembre, puisque cela doit durer 40 minutes maximum, avant une séance de questions. Je vais donc préparer une nouvelle conférence, en m'inspirant naturellement de ce que j'ai déjà montré. Rendez vous le 15 Mars pour ceux qui le peuvent !
Voici les vidéos des présentations précédentes de la série Autour d'un micro avec Joel Collado : http://www.smf.asso.fr/smfmp_rdvmeteo_stream.html
Le direct
Tout d'abord, afin de clore le sujet, la fin de l'enneigement à Penta a bien eu lieu lundi passé 20 Février, lorsqu'il s'est mis à pleuvoir sur le village. Il y a donc eu deux bonnes semaines (15-16 jours) avec de la neige au sol dans les jardins, ce qui est assez exceptionnel. On verra combien de temps il faudra attendre avant de retrouver pareilles conditions ! Sinon voici un document sur la Corse enneigée de février 2012 à conserver précieusement, une compilation de photos réalisée par le journal Corse-Matin, téléchargeable en cliquant ici.
Je suis donc bien rentré à Paris où j'ai repris mon rythme habituel de travail. Dans le cadre de ce poste, nous sommes amenés à être interviewés, comme je l'ai déjà dit, et après mon premier passage en direct, sur la radio bleue corse RCFM au début du mois, quand j'étais au village, j'ai répondu hier samedi 25 au matin, vers 7h40, à une interview en direct sur la radio RMC, dans l'émission "Votre jardin", dédiée au jardinage. C'est un drôle de moment, avec le coeur qui se met à battre un peu plus vite, le trac qui monte, quand le téléphone sonne et que le ou la standardiste vous dit que ça va bientôt être votre tour ! Mais dès que je commence à parler, le trac s'évanouit et c'est plutôt plaisant, voici le résultat en fichier mp3, que vous pouvez réécouter en cliquant ici.
Je suis assez vite à l'aise car j'ai la chance de maîtriser le sujet et, au final, ce sont toujours un peu les mêmes questions qui reviennent, c'est un peu comme l'oral d'un examen qu'on aurait particulièrement bien préparé... D'après ce que m'ont dit mes collègues (beaucoup) plus expérimentés, c'est surtout plus délicat quand les journalistes sont manifestement mal intentionnés, et cherchent à vous faire dire ce que vous n'avez pas envie (ou le droit) de dire, on verra ça en temps voulu. Là, je ne m'en suis pas trop mal sorti. Un jour, je passerai peut être même en direct à la télé ! Je ne suis pas davantage pressé que cela arrive, mais c'est une perspective plutôt amusante et sympathique à mes yeux.
Bilan de la vague de froid
La vague de froid s'est officiellement terminée le 13 Février, jour où j'ai quitté la Corse. En réalité, en Corse, la matinée du 14 a encore été particulièrement froide, le redoux arrivant par le nord, les régions du Sud ont encore connu au moins des matinées bien froides ce mardi 14, comme en témoignent les presque -6°C relevés à Figari, en Corse-du-Sud, ce matin là. Mes collègues de Météo-France ont dressé le bilan de cet événement météo peu banal, queon peut retrouver ici. J'en extrais ce graphique assez parlant, qui permet de comparer la vague de froid de février 2012 aux événements comparables, et mesurés par les stations du réseau Météo-France :

Cette vague de froid, qui apparaît en blanc, est la 5ème la plus sévère, en terme d'intensité (taille des sphères), depuis qu'on fait des relevés météo fiables et homogènes (1947). Il n'y avait pas eu d'événement comparable depuis janvier 1987, soit 25 ans, à l'échelle du pays ! On constate que sa durée (13 jours, en abscisse) n'est pas exceptionnelle, mais la classe tout de même parmi les coups de froid les plus sévères depuis l'après-guerre. Quant à l'intensité du pic de froid atteint (en ordonnée), il est beaucoup plus modeste que nombre de ses devancières. Il faudrait cependant nuancer tout cela en tenant compte du vent qui a soufflé la majeure partie du temps, et qui a provoqué un ressenti vraiment glacial. Naturellement, depuis l'entrée dans le nouveau siècle et le nouveau millénaire, il n'y a pas d'événement comparable.
A titre personnel, et pour se reconcentrer sur le volet corse de cet épisode assez exceptionnel, mon site météo de Penta a connu pendant cette période un pic de fréquentation tout à fait remarquable, comme on le voit sur ce graphique montrant le nombre quotidien de visiteurs uniques :

On est passé, fin janvier, d'un nombre typique de 50 à 60 visiteurs uniques (ce qui signifie qu'on ne compte pas plusieurs fois un Internaute qui visite plusieurs fois ma page dans la journée) par jour, à un premier pic de 339 visiteurs uniques le dimanche 5, après la première salve neigeuse d'une quinzaine de centimètres, avant de retomber les jours suivants un peu en dessous de 200, donc bien au dessus de mon rythme de croisière de janvier. Quand l'épisode neigeux d'exception est arrivé, le nombre de visiteurs a explosé à nouveau pour atteindre 397 le samedi 11 Février, à la fin de cette grande salve neigeuse d'une grosse quarantaine de centimètres ! Depuis cette date, la fréquentation ne cesse de baisser, doucement, au lent rythme de fonte de la neige au village...
D'après mes informations, il restait encore ce vendredi 17 après-midi une bonne couche de neige au village, dans les jardins, probablement de l'ordre de la vingtaine de centimètres, dans les endroits encore ombragés. Les jardins sont encore tout blancs, comme on le devine assez aisément à partir de cette image issue de ma webcam Sud :

Sur cette image, qui date de la fin d'après-midi, après que le soleil est passé de l'autre côté de la montagne, on voit qu'il reste même pas mal de neige sur certains toits ! Ca signifie que ça met bien plus de temps que je ne l'imaginais pour fondre. Il y a de la neige dans les jardins depuis le samedi 4 Février, ce qui fera donc deux semaines demain, une durée tout à fait remarquable, assez exceptionnelle pour le vilage, bien digne des grands hivers que l'on voit apparaître sur le graphique de Météo-France ! Bon, on n'aura pas réussi à lutter avec février 1956, bien visible sur ce graphique, au cours duquel, d'après les anciens, le village était resté blanc pendant un mois entier...
Le redoux est pourtant bien arrivé, on le voit très nettement sur cet autre graphique, issu cette fois de ma station météo perso de Penta, qui permet de mieux apprécier la plongée spectaculaire des températures pendant l'épisode :

Alors que la douceur régnait vers le 21 janvier, avec même des températures supérieures à 14°C en journée, un premier palier plus frais a été atteint à partir du 25, où la température variait entre 6°C et 10°C, des valeurs normales pour la saison. Cela a duré jusqu'au 29, et le 30, un temps plus froid s'est installé, je suis arrivé sur place le 31, juste avant la dégringolade vers les valeurs les plus basses, correspondant aux masses d'air les plus froides. Seul l'éphèmère redoux du jeudi 9, qui a quasiment fait fondre la neige qui restait du week end du 4-5, fait un peu tâche dans cet épisode exceptionnellement froid pour le lieu. Davantage que les valeurs les plus froides relevées au thermomètre, (-2,7°C le 10), c'est la faiblesse des valeurs maximales relevées en journée qui est remarquable. Si l'on excepte, là encore, ce court redoux ensoleillé du 9, on n'a (quasiment) pas dépassé les 2°C pendant deux semaines (du 1er au 14). Pour un lieu réputé pour la douceur de son climat, c'est exceptionnel, je pense qu'on n'est pas près de revoir ça... A bientôt, pour la fin de l'enneigement au village !
Fin de "ma" vague de froid corse
Ca y est, je l'ai fait ! J'ai réussi à rentrer à Paris, le feuilleton est donc terminé ! Je suis de retour dans un appartement 15°C plus chaud que la maison que j'ai quittée (4-5°C), et ça ne fait pas de mal ! Il a donc fallu quitter un paysage encore plus merveilleux, maintenant que le soleil y est revenu, comme en témoigne cette photo prise vers 8h ce matin :

Toujours beaucoup de neige dans les rues du village, mais le dégel s'est amorcé tôt ce matin, après une nouvelle gelée prononcée avec -1,3°C au lever du soleil :

Après les éclaircies matinales, le soleil s'est recouvert une bonne partie de la matinée, avant de ressortir plus nettement à la mi-journée, vers l'heure du déjeuner, j'ai ainsi pu prendre cette vue de la cour, toujours aussi magique avec ce blanc et un bel éclairage :

La vue était naturellement spectaculaire avec ce mélange de bleu et de blanc sur le belvédère :

Après un café les pieds dans la poudreuse devant cette belle vue, il m'a fallu ranger mes affaires, nettoyer, et me préparer au départ. C'est à ce moment là, en début d'après-midi, que j'ai entendu des bruits et des coups de pelle, de pioche, une bonne partie du village était en train de s'attaquer à la rue principale :

Ca m'a rappellé des déneigements sous d'autres latitudes, beaucoup plus au Sud, il y a quelques années... et je me serais fort volontiers joint à eux si ça n'avait pas été l'heure de descendre dans la plaine prendre mon avion de retour ! La route qui mène à la plaine redevenait praticable, par endroits très nettement, comme tout près de la place :

Parfois beaucoup moins, avec des plaques de neige bien tassée qui fondaient lentement, dans les coins plus ombragés, en restant glissantes :

Je remercie notre ami Jean qui m'a ouvert la route, en quelque sorte, avec son pick up qu'on voit sur la photo ci-dessus, et qui était prêt à me tirer d'affaire si je glissais à un moment. Mais, globalement, la voiture a bien tenu la route, en roulant à 10-20km/h il est vrai, ce qui m'a permis de prendre ces photos en conduisant...

Des paysages de montagne, avec tout ce blanc, qui changent complètement la perception qu'on a de ce lieu où on souffre généralement de la chaleur une bonne partie de l'été ! Cette journée, ce trajet vers l'aéroport, pendant lequel j'ai vu au moins des traces de neige au bord de la route presque jusqu'à l'aéroport, furent surréalistes. Comme ce bel épisode neigeux, ces 13 jours passés au village pendant ce qui restera comme la vague de froid de février 2012, version corse. Une petite aventure que je suis heureux d'avoir pu vivre, et partager un peu par le biais de ce blog.
Ce matin, j'ai aperçu par la fenêtre deux journalistes, dont un caméraman, et je viens de découvrir le résultat ce soir sur Facebook (merci Seb) : cliquez ici. Penta a donc eu les honneurs du 13h de TF1 !
Ce soir, je me sens un peu fatigué, mais bien heureux de ces presque deux semaines passées là bas, où j'ai clairement trouvé ce que j'étais venu chercher, cette petite dose d'aventure, d'inconnu, dans un lieu si familier habituellement... Je reprendrai certainement ma plume électronique prochainement, pour faire notamment un point sur la fonte du manteau neigeux, même s'il n'y aura plus de photos... Maintenant, assez plaisanté, assez gelé, retour au boulot, sous la pluie avec 4°C à Paris ce soir, vous pouvez reprendre une activité normale... A bientôt !
La der des ders ?
Ce dimanche soir, je suis toujours en Corse, théoriquement pour ma dernière nuit. Après l'annulation des tout premiers vols de ce matin, ceux qui ont suivi ont volé normalement. Aucune intempérie n'étant prévue d'ici demain soir, avec même un léger redoux, il n'y a pas de raison que mon avion ne décolle pas demain après-midi. C'est donc sans doute mon dernier soir, j'espère faire mentir le fameux proverbe "jamais deux sans trois". De toute évidence, j'ai vécu exactement ce que j'étais venu chercher ici, probablement au delà de mes espérances même. La période de fonte qui a très timidement débuté, mais qui va s'accélérer sensiblement à partir de demain, ne sera pas la plus drôle à vivre, la magie blanche va s'estomper plus doucement qu'elle n'est venue.
Ce dimanche matin, nous avons encore eu droit à quelques belles averses de neige, qui n'ont pas tant duré, suffisamment cependant pour ajouter 2 à 3 cm de neige fraîche à une couche qui s'était nettement tassée depuis la veille. C'était là probablement la dernière véritable chute de neige de cet épisode remarquable, peut être même la dernière de l'hiver, bien qu'il faille se méfier ici jusqu'au 10 Mars environ :

Dans l'après midi, les éclaircies sont revenues, et le ciel est devenu beaucoup plus lumineux que les deux jours précédents., ce qui a eu pour effet de faire remonter le thermomètre jusqu'à +0,1°C, ce qui signifie que le dégel a été réalisé pendant quelques minutes. Il gelait depuis vendredi 7h du matin, ce qui a donc fait une durée de 55h30 sans dégel, une valeur assez exceptionnelle ici, où les gelées sont rares en général ! Tout ceci sans pic de froid vraiment marqué, en raison des nuages persistants et d'un vent régulier. En sortant dans la rue du village, cet après-midi, le paysage restait fascinant :

Le calme est donc revenu, et dès demain le redoux va inexorablement se produire, accompagné d'un soleil qui devrait briller généreusement cette semaine, faisant fondre toute cette neige. J'essaierai de profiter du soleil matinal, s'il est bien au rendez-vous, pour aller faire d'autres photos plus lumineuses avant mon départ. La neige devrait fondre sur les routes, ce qu'on voit sur la photo ci-dessus n'est représentatif que de ce qu'on trouve au fond du village, il y en a moins (mais elle est davantage verglacée) en allant vers la place, sur un tronçon plus fréquenté. Ca va peut être un peu glisser au démarrage en voiture demain après-midi, mais après ça devrait aller mieux, car le chasse neige est repassé sur la route qui monte au village, mais pas jusque dans la rue.
Voici une photo de la fin d'après-midi, peu de temps avant le coucher du soleil, lors de ma traditionnelle mesure de la couche de neige : 42cm, ça a donc bien résisté dans l'ensemble, avec des températures qui sont restées bien froides, et les petites chutes de neige matinales :

Avec cette vue sur la plaine, on voit bien que la neige régresse sur la plaine, en se repliant petit à petit vers le relief, un phénomène qui va naturellement s'amplifier les prochains jours, ça m'étonnerait déjà que la neige résiste en plaine à la journée de demain, surtout s'il y a de belles éclaircies. On devine au premier plan mes traces de pas, quand je suis descendu dans le jardin, m'enfonçant dans l'escalier menant à la terrasse du dessous jusqu'au milieu des cuisses, je m'en rappellerai !
Ce soir, la température ne baisse plus, petite gelée avec -0,6°C à près de 22h, c'est vraiment le début de la fin de cette grande offensive hivernale, qui restera probablement dans les mémoires. Le vrai défi, maintenant, c'est de voir combien de temps l'enneigement continu va durer au village, on peut commencer à prendre les paris. Vu la quantité au sol, le redoux poussif dans un premier temps, on peut tabler sur 3 ou 4 jours. Je parle bien d'enneigement continu, ce qui correspond à 50% du sol au moins enneigé, car bien évidemment, les zones les plus ombragées la conserveront plus longtemps. En tout cas, il y a de la neige au sol depuis la chute de neige de la nuit du 4 au 5, soit 8 jours exactement, une durée rare ici... A demain, pour un billet parisien, j'espère !
Un piège merveilleux
Ce samedi soir... je suis toujours au village à Penta ! Décidément, à situation exceptionnelle, difficultés exceptionnelles, tous les vols sur l'aéroport de Bastia-Poretta ont été annulés pour cette journée de samedi. On pouvait l'imaginer, car après les abondantes chutes de neige de la nuit, il continuait à neiger dans la matinée... J'ai donc vu les vols annulés les uns après les autres sur le site de l'aéroport, et la question de savoir comment j'allais m'y rendre s'est résolue d'elle même : pas besoin de quitter le village. De toutes façons, ça n'aurait pas été simple, puisque j'ai relevé à la mi-journée 48cm de neige au sol !! Une journée exceptionnelle, où le thermomètre a varié entre -2,5°C et -1,3°C. C'est un nouveau record de la journée la plus froide pour le village, depuis 2004 au moins, début de mes relevés météo. Du coup, je me suis bien promené en fin de matinée dans le village, ça donne l'album photo suivant :

Ci-dessus, la sortie de la maison, en début de matinée, la situation est vraiment inhabituelle ! La même vue de haut, est presque plus impressionnante :

Sacrée couche dans le jardin, et on voit à la faveur d'une petite éclaircie que la plaine a reblanchi, on a ainsi relevé 25cm au bord de mer à Santa Lucia di Moriani, 10cm à Bastia, 20cm à Aleria :

La rue principale du village, à 10h40 :

Un peu plus loin, en me dirigeant vers la place :

Quelques habitants du village sur la place :

La mairie du village, seuls quelques véhicules 4x4, gros pickup pouvaient rouler...

J'ai pris l'autre route, celle qui va vers la montagne, jusqu'à la sortie ouest du village, une impression de bout du monde, la route qui disparaît dans les nuées blanches...

Sur la route du cimetière, je ne suis pas allé bien loin, parce que je m'enfonçais dans la neige, je n'étais pas vraiment équipé pour :

Les voitures ont disparu sur le parking près de la place :

Voici le genre de voiture qui pouvait rouler à peu près correctement dans ce type de situation :

Il est temps de rentrer à la maison...

La plaine réapparaît dans l'après-midi, on voit d'ailleurs sur cette photo que la bande littorale n'est pas si blanche, comme quoi, par endroits, soit c'est resté juste un peu trop doux pour que ça tienne, soit il n'est pas tombé grand chose !

La cour de la maison, sous cet impressionnant manteau blanc, les détails ont quasiment disparu :

En fin d'après-midi, peu avant le coucher de soleil, on voit une averse de neige qui traverse la plaine, et l'on constate aussi cette petit bande "verte", sans neige, proche du littoral :

Voilà pour l'album photo du jour. En raison de l'incertitude météorologiques et de quelques averses neigeuses encore annoncées cette nuit, les premiers vols de demain matin à l'aéroport ont déjà été annulés. Ayant un peu anticipé les difficultés persistantes demain, j'ai préféré changer mon billet de retour pour lundi après-midi, ayant pu, une nouvelle fois grâce à l'aide de mes collègues, m'arranger pour échanger ma journée de dimanche contre celle de mardi. Lundi, la neige cessera pour de bon, et il dégèlera nettement, le chasse-neige sera sans doute passé au village pour nous librérer de cette prison blanche, de ce piège merveilleux dans lequel je suis tombé, un peu malgré moi ! Je suis ravi d'avoir eu la chance de vivre ces instants météorologiquement rares dans ce cher village, et j'aurai encore la journée complète de demain pour en profiter.
Ce soir, il ne neige (quasiment) plus, le froid est toujours présent avec une température de -1,7°C, et un petit courant d'air de Nord-Ouest qui donne un ressenti de -5, le ciel est bien couvert, le temps est globalement calme. Quel séjour ! A demain.
La quête de l'or blanc est accomplie !
"L'or blanc" : c'est par ce thème que la communauté des passionnés de météo, dont je suis un membre actif, notamment sur le site Infoclimat, désigne la neige. L'or fait bien évidemment référence à la rareté de la chose, que l'on désire ardemment. Nous vivons dans un climat tempéré plutôt doux et les épisodes neigeux, en plaine, n'y sont donc pas si fréquents, ce qui leur donne une valeur particulière. Et puis, pas besoin de m'étendre sur le sujet, pas besoin de faire un dessin : un paysage enneigé s'habille d'un manteau blanc qui change toute la perception qu'on en a habituellement.

La photo ci-dessus a été prise vers 17h30, alors qu'il neigeait de façon régulière, avec une intensité variable, depuis 5-6 heures du matin. J'ai mesuré alors une couche de 18cm, ce qui signifie qu'à ce moment une quinzaine de centimètres étaient venus s'ajouter aux résidus neigeux de dimanche dernier. Le tout avec un vent du Nord sensible, qui a souvent soufflé entre 40 et 50km/h en pointe. Le refroidissement qui a accompagné cette perturbation a été très marqué, et brutal au départ, comme on le voit sur le graphe de température de ce vendredi :

L'arrivée du front neigeux s'est faite sentir dès 4 heures du matin, avant une véritable activité une à deux heures plus tard. La température a baissé de façon continue jusqu'à ce soir, fait très rare, jusqu'à un minimum de -2,7°C, qui constitue un nouveau record de froid pour Penta en février (depuis 2004, début de mes mesures). Qui dit température froide et vent, dit température ressentie au vent très basse : elle a ainsi atteint -10 en fin d'après-midi, à peu près au moment où j'ai pris la première photo. Une valeur très rare ici, mais que j'ai déjà vécue lors de cet incroyable orage de neige du 28 Février 2005, déjà cité sur le blog.

Sur cette photo, prise ce matin, peu avant 8h, on voit la visibilité très mauvaise due à la neige plus forte que nous avons connue en début de matinée. Par la suite, c'est tombé de façon plus régulière, toute la journée, avec une intensité variable. J'ai observé ce blanc recouvrir méthodiquement, à son rythme, de façon constante, le paysage hier quasiment déneigé. Et j'ai songé à mon départ nécessaire demain après-midi, en me disant que j'avais bien fait de ne pas partir aujourd'hui, comme on me l'avait proposé : les avions de l'après-midi ont quasiment tous été annulés, plus à cause de la grève, mais bien de la neige, comme je le pressentais.
A l'heure où j'écris ces lignes, il neige toujours ici, il neige aussi à l'aéroport de Bastia-Poretta, où on relevait à 22h 2cm au sol. Une accalmie est envisagée demain en cours de matinée, puis surtout l'après-midi, qui devrait permettre aux avions de voler, une fois la piste déneigée, j'imagine. Quant à moi, je vais aller me coucher bercé par ce déluge d'or blanc, en me demandant tout de même combien j'en trouverai demain matin au réveil, au lever du jour. Comment je rejoindrai l'aéroport, sachant qu'il est exclu que je roule dans une épaisse couche de neige, le chasse-neige passera-t-il à temps, avant mon départ ? La route ne sera-t-elle pas trop verglacée ? Je suis prêt à descendre en plaine à pied, comme on le faisait autrefois, s'il le faut, du moment que les avions volent...
C'est donc la fin probable de cette belle aventure qui approche à grands pas. Demain matin, beaucoup de photos gorgées d'or blanc en perspective, avant le départ, l'apothéose du séjour, alors qu'on commence à entrevoir la fin de cette vague de froid pour la semaine prochaine. J'ai le sentiment d'avoir été au bon endroit, au bon moment, la quête de l'or blanc, du froid en Corse, est accomplie. J'espère avoir plein de belles choses à montrer demain soir, de retour dans mon appartement parisien, loin du feu de cheminée à côté duquel j'écris ces lignes, bien abrité des intempéries glacées. Dehors, il neige toujours, le vent semble se calmer quelque peu, le niveau de la neige monte le long des pneus des voitures garées dans la rue, l'atmosphère a cessé de se refroidir, il fait tout de même -2,2°C, on n'y voit pas à 50 mètres. A demain !
