Même si, après le coup de douceur de la fin octobre, l’ambiance s’est sensiblement refroidie, avec -14°C mardi matin, pas plus de -10°C l'après-midi, l’ambiance très lumineuse commence à sérieusement gagner sur la nuit, qui n’en est plus véritablement une. On bascule ainsi assez rapidement vers le jour polaire, qui sera là dans quelques petites semaines. Cela permet concrètement de limiter la lumière artificielle, de profiter du passage du soleil derrière le continent antarctique en soirée, avec de jolies lumières, auxquelles nous n’étions plus habitués, depuis la dernière campagne d’été. Ce mercredi la température est même descendue jusqu’à -17,7°C au petit matin, une température assez rare en novembre, sans être record : ça faisait par exemple 5 ans qu’on n’était pas descendu sous les -17°C en novembre à DDU.

J’aime vraiment cette alternance hyper contrastée des saisons, la lumière y change tant, chaque jour une nouvelle histoire, ou presque. C’est aussi un peu plus gênant maintenant pour dormir, car nos stores de chambre ne sont pas totalement opaques, et avec une lumière du jour bien présente dès 3h du matin, les réveils un peu précoces sont assez inévitables, quand ce n’est pas le cri des manchots voisins du dortoir. Mais tout ceci fait le charme de cette période, si différente, de ce que nous connaissions il y a deux mois à peine. C’est un aspect que j’aurai forcément plaisir à retrouver, si d’aventure je retourne séjourner dans les régions polaires dans le futur.

Retour des longues soirées d’été, dîner à la lumière du jour, mais retour aussi des attentes qui peuvent être à rallonge de l’arrivée des avions, dépendant de nombreux paramètres. En l’occurrence, le premier avion qui aurait pu, sur le papier, arriver ici dimanche 1er, avait une autre fenêtre pour ce mercredi 4, qui s’est refermée hier soir et on nous annonce maintenant une possible arrivée vendredi 6. Pour une histoire de piste à la base McMurdo qui ne serait pas prête à accueillir l’avion qui amène les passagers en Antarctique, qui doivent ensuite arriver ici. Entre ce genre de souci et les météos parfois changeantes, capricieuses, du continent, l’avion ne semble vraiment pas le moyen le plus sûr, ni forcément le plus rapide, d’atteindre son but !

Nous sommes donc a priori encore en hivernage pour environ 48 heures, dans cette ambiance encore tranquille, assez familiale, sympathique et agréable, qui est globalement la nôtre depuis des mois. Cela permet de continuer à travailler dans une certaine sérénité, j’essaie au maximum d’avancer sur les taches de rédaction pour me libérer du temps pour les derniers jours, surtout avec la présence de l’équipe de relève. Celle-ci se prépare, et a notamment effectué une petite présentation de l’équipe météo à tous les expéditionnaires en partance pour DDU, à Hobart, ils sont prêts à venir prendre notre place, chacun son tour… Le bateau devrait finalement laisser passer une tempête au large de la Tasmanie vendredi puis samedi, et partir dimanche 8 en direction de DDU dans une mer nettement plus calme. L’hivernage joue donc un peu les prolongations, mais la fin reste bien proche !