Après une première semaine de mai largement ensoleillée, avec les superbes paysages illuminés illustrés dans le billet précédent, on est passé à une autre phase bien différente de ce mois de mai, prévisible, attendue même : vent et gris, avec de la neige, et la réformation de belles congères. Une bonne quinzaine de centimètres est tombée essentiellement ce samedi, mais en réalité bien davantage sur les congères, certaines traversant même des passerelles jusqu’ici épargnées, notamment entre le séjour et Géophy. Pas de tempête, mais des rafales à 110-120km/h ce week-end, beaucoup de neige qui vole, une autre facette si classique de l’hiver local.

Pour autant, ce « long week-end » qui n’a cependant permis à personne de partir s’aérer en dehors de la base, fut joyeux, festif même, avec coup sur coup l’anniversaire de mon collègue météo Alain fêté vendredi soir, puis celui de Valentin, notre chargé d’instrumentation de l’Observatoire des Sciences de la Terre de DDU, samedi soir. A chaque fois, de beaux (et copieux) repas, dans un style niçois pour Alain, savoyard pour Valentin, nous nous sommes encore une fois régalés, avec la complicité des intéressés, qui ont parfois largement participé à la préparation de leur repas d’anniversaire.

En plus, vendredi soir, à l’issue du repas d’anniversaire d’Alain, nous avons poursuivi avec une soirée jeux, nouveauté fort judicieusement proposée par Charlène, notre chimiste/glacio depuis la semaine précédente, et nous avons organisé notre premier « loup-garou », jeu de rôle bien connu, que j’avais beaucoup pratiqué quand j’étais élève à l’Ecole Nationale de la Météorologie de 2005 à 2007, puis à nouveau ici même, à DDU, en 2009. Avec la participation d’une bonne quinzaine d’entre nous, autant dire une belle majorité de notre TA70, ce furent une bonne heure et demie de jeu bien agréable, appréciée par tous, je crois.

Après 8 séances consécutives le mardi soir de mes cours de météo, je sèche, à court d’inspiration, et je suspends donc cette activité pour une durée indéterminée, et tant mieux si la soirée jeux occupe à son tour une case hebdomadaire, à côté de notre mercredi soir film bien ancré dans notre planning (avec tirage au sort du titre du film parmi de nombreuses propositions le mardi soir).

Mais à côté de ces réjouissances, on rentre quand même plutôt dans le dur, avec nos journées bien courtes, avec un lever de soleil à 9h40 et un coucher à 15h30, quand on ne voit pas le soleil, comme ces 4 derniers jours, la luminosité reste faible, et ça ne va aller de ce côté qu’en empirant davantage pendant un bon mois. Ce lundi, le vent est resté calme, mais les 3 derniers jours, ça soufflait assez fort, et ça n’incitait pas à rester dehors, en tout cas le moins longtemps possible. Le milieu devient plus hostile, tout en restant confortable, dans nos bâtiments bien chauffés, fort bien nourris par François et Aurore, en bonne entente générale.

Je vais certainement relire dans les prochains jours ce que j’écrivais à la même période de 2009, dans ma chambre de l’étage au dessus de celle où je me trouve en tapant ces lignes. En effet, j’en garde le souvenir de la période la plus délicate de l’année, où j’ai connu quelques baisses de moral, je sais que je suis sensible à la lumière du jour, comme je l’évoquais dans le billet précédent. D’ailleurs, depuis que la nuit l’emporte largement sur le jour, je dors un peu moins bien, peut être parce que la faible luminosité me fatigue moins durant la journée, car je ne me sens pas en manque de sommeil, pourtant.  D’autres camarades hivernants m’ont fait part de troubles similaires du sommeil ces derniers jours, voire de l’humeur, parfois.

Mais tout va toujours très bien pour moi dans l'ensemble, le retour de la neige ce week-end m’a permis de reprendre une belle activité de pelletage, qui m’a fait grand bien, notamment pour absorber plus facilement les riches repas de ces derniers jours. On attend un retour du vent fort pour les prochains jours, peut être une petite tempête, mais en tout cas pas beaucoup de répit avec de fréquentes rafales à 100km/h,voire plus, jusqu’au week-end, il est probable que j’évoque cela dans un prochain billet. En attendant, quelques photos, pour l’essentiel prises ce lundi 11 mai, où l’on a failli avoir un petit peu de soleil… et où on aperçoit la congère qui monte à la sortie du dortoir d’une part, ensevelissant la corde qui permet de se tenir pour la grimper, vent de face dans la tempête, mais aussi celle qui se trouve derrière le dortoir cette fois, côté mer, qui commence à cacher la vue du côté médecin/hôpital, et qui présente des petites pointes assez esthétiques, sacrée Nature !