… au rythme des levers et des couchers… de soleil ! En effet, le fait marquant de ces 6 premiers jours de mai à DDU est un retour triomphal du soleil, qui nous avait largement fait défaut en avril, avec 67 heures d’ensoleillement seulement, soit près de 40% de déficit par rapport à la normale ! 13 jours sans voir la moindre minute de soleil, nous étions un peu en manque, surtout en cette saison où la lumière du jour diminue tant, ce qui la rend ainsi tellement précieuse. En ce début mai, nous continuons à perdre environ 7 minutes de jour chaque jour, le lever de soleil se déroule vers 9h15, et se couche autour de 16h. Nous y sommes : dans cette étrange période où les nuits sont plus courtes que celles que nous connaissons au coeur de l’hiver, en métropole.

Ces horaires en pleine journée permettent donc, quand la météo le permet, à l’image de ce joli début mois de mai, d’assister au double spectacle jamais anodin du lever derrière les icebergs au Nord-Est, pour se coucher derrière les autres icebergs, un peu moins nombreux car plus éloignés du glacier, au Nord-Ouest. Si j’ai pu, comme beaucoup, largement profiter des couchers de soleil depuis notre arrivée ici, les levers de soleil se sont longtemps déroulés trop tôt pour véritablement tous les  voir. Mais pour les 2-3 mois à venir, ce ne sera donc plus un problème, pour notre grand plaisir.

Le soleil est maintenant rasant quasiment toute la journée, avec un zénith qui ne s’élève guère plus de 10° au dessus de notre horizon nord. Cela donne cette si belle lumière, dans cette atmosphère si sèche typique de l’hiver antarctique, limpide. Je me régale chaque jour, même quand il n’y a quasiment aucun nuage comme en ce début mai, et que le spectacle est, soyons honnêtes, assez répétitif chaque jour. Certes, la course visible du soleil diminue, se rétrécit, le lieu où il sort le matin de celui où il se retire l’après-midi. Dans quelques semaines, nous aurons la joie de voir, revoir pour moi, ce spectacle étonnant d’un soleil qui rase l’horizon, indécis entre lever et coucher, pendant un peu moins de deux heures.

En tout cas, cette ambiance très lumineuse m’aide grandement à conserver un excellent moral ces jours ci, dans cette période que je crains forcément un peu plus, connaissant mon amour de la lumière solaire, et avec un souvenir un peu mitigé de la même époque en 2009. Je persiste à penser que ça s’annonce nettement mieux cette année, que je suis plus mûr, solide. Et si la météo se montre généreuse durant tout le mois, les choses devraient vraiment bien se passer !

Si le soleil a régné sans partage, nous avons tout de même eu un sérieux coup de vent surtout la nuit dernière, mais aussi une partie de ce 6 mai, à tel point qu’on peut parler de véritable tempête Cédric, qui se classe certes comme étant la 6ème et plus faible que nous ayons connue depuis notre arrivée, mais qui a quand même perturbé le sommeil d’un grand nombre d’entre nous la nuit passée, puis nous a un peu secoués sur les passerelles durant la journée. Le vent est complètement tombé ce soir, conformément aux prévisions. Pour les archives, cette tempête a connu peu avant 5h du matin un maximum de 99km/h en moyenne sur 10min, et une rafale maximale à 138km/h. Côté météo, nous avons également enregistré mardi 5 au matin -23,0°C, nouvelle température la plus froide de notre année 2020 ! Rien d’exceptionnel pour un mois de mai, bien sûr, ici.

Un joli mois de mai 2020 qui débute donc à DDU, dans notre groupe qui vit toujours bien, après 5 mois tout juste de présence sur place pour la majorité d’entre nous. Une majorité, dont je fais partie, qui devrait théoriquement (parce qu’on ne peut être sûr de rien cette année) repartir courant décembre, soit dans 7 mois. Mine de rien, on n’est pas si loin de la moitié du séjour.  C’est à mes yeux une expérience toujours aussi dense, aussi riche, qui ne passe ni trop vite, ni trop lentement, au bon rythme, celui qui permet de profiter des périodes plus ou moins chargées.