Octobre a filé à toute allure, avec pour ma part un peu de Bretagne, pas mal de Corse, et mon dernier des stages de préparation avant le départ, avec la formation au radiosondage Ozone en Haute-Provence, à Saint-Michel l'Observatoire, du 22 au 23 octobre. J'ai connu une petite période de prise de conscience, de réel, assez intense en début de mois, quand je suis revenu dans l'agglomération parisienne. Après la semaine intense de séminaire, et la parenthèse familiale à Quiberon qui l'a suivie, le retour à mon petit et sympathique appartement vincennois a été un peu rude. Avec ce séminaire de l'IPEV, je me suis retrouvé projeté dans l'aventure adélienne et ça m'a rappelé beaucoup de souvenirs d'il y a 10-11 ans, avec une différence notable : ces 10-11 années de plus. A 40 ans, je me rends compte que je suis assez différent de celui que j'étais à la fin 2008.

J'ai réalisé que je ferai un peu partie des anciens de la mission, avec mon hivernage d'expérience, et un âge sensiblement supérieur à la moyenne de ma TA70. Bref, cette confrontation au réel m'a fait énormément de bien, et m'a donné une énorme envie de voir la suite, mais ça m'a aussi rappelé que je suis moins insouciant qu'à l'époque, et j'ai connu quelques jours avec un petit fond d'angoisse : il va bien falloir vivre cet hivernage différemment du premier, alors que je m'étais naïvement imaginé jusque là qu'il suffirait de reprendre la formule qui a bien marché en 2009. C'est un défi excitant et intéressant, d'une certaine façon plus exigeant que ce que j'ai vécu avec ma TA59. J'ai toute confiance dans ce groupe que j'ai croisé au séminaire pour qu'on vive une belle aventure, mais je me pose davantage la question de mon rôle en son sein. J'ai retrouvé, notamment grâce à un sympathique séjour corse, une belle sérénité, et j'envisage tout ceci avec optimisme.

D'une certaine façon, l'aspect "vie sociale" de ce groupe m'intéresse et me préoccupe dans le bon sens du terme bien plus maintenant qu'en 2008, où je voulais surtout voir, ressentir l'Antarctique, le voyage, le continent blanc, son climat. Comme ce point ne constitue pas une inconnue pour moi aujourd'hui, et que j'ai pas mal évolué depuis le temps, je dois dire que l'aspect humain m'intéresse plus maintenant, avec son lot d'inconnues. Tout cela devient en tout cas terriblement concret avec les préparatifs en Terre Adélie actuellement :

 

 

En effet, quelques uns de ma TA70 vont décoller de Paris demain 1er novembre, pour atterrir dans quelques jours seulement à une dizaine de kilomètres de DDU, sur la piste qui était en cours de préparation ces derniers jours sur le continent blanc. Ce sont donc eux, et non l'Astrolabe, attendu deux semaines plus tard, qui vont rompre l'hivernage de la TA69, un moment très particulier, qui reste fort, bien qu'un cran en dessous du début de l'hivernage, toujours associé au dernier départ de l'Astrolabe. Comme j'ai l'impression, depuis le séminaire, de les connaître un peu, je dois dire que ce moment me touche assez, et que c'est donc une étape de plus franchie. De même qu'octobre a filé, je m'attends à ce qu'il en aille de même de novembre, les derniers préparatifs sont déjà en cours.

Je voudrais ajouter quelques mots sur la formation au sondage Ozone en Haute-Provence, qui a été raccourcie pour des raisons de fermeture administrative du site le 21, ce qui a empêché des dizaines d'étudiants, des formateurs, de rejoindre le site, et a entraîné un ajustement de notre programme, qui s'est finalement étiré du 22 14h au 23 à midi. Le procédé de sondage Ozone me semble très similaire à celui que nous utilisions en 2009, ça m'a donc rappelé pas mal de souvenirs, mais l'humeur budgétaire n'est plus la même : de 37 sondes pour l'année 2009, on passera à une quinzaine seulement pour 2020, ce qui rendra ces lâchers de ballon encore plus spéciaux, et précieux ! Pour l'anecdote, on aura eu de la pluie et même des orages en Provence cette année, contrairement à 2008, de même qu'au séminaire de l'IPEV de cette année, on aura connu vent et pluies, contrairement au beau soleil de 2008. De là à en déduire, bêtement, que l'année 2020 à DDU sera venteuse et humide, contrairement à l'année 2009 qui a effectivement été bien ensoleillée et calme, il n'y a qu'un pas... qui m'amuse assez, mais que je ne franchirai pas. A bientôt et bon départ à mes premiers co-hivernants de la TA70 !