De retour dans la civilisation après la dernière traversée, en Afrique du Sud, je vais mettre en ligne petit à petit les récits que j'ai rédigés à peu près au jour le jour. Nous repartons donc quelques jours en arrière...

Mardi 4 Octobre

lev4octPremier matin au port d'Ehoala, un ciel bien contrasté 

Après une nuit bien reposante à quai, réveil assez tôt avec l'interrogation quant à l'avancée des formalités pour nous permettre de bouger. Assez rapidement, Martial, pilote du port d'Ehoala, qui nous avait très gentiment accueilli, est venu s'excuser pour la longue attente et nous a promis qu'un agent d'immigration passerait dans la matinée pour régulariser notre situation. Nous avons donc patienté tranquillement jusqu'à l'arrivée vers 10h30 de Martial et de l'agent. Ce dernier a embarqué nos passeports, nous avons réglé quelques frais, et une heure après le passeport revenait tamponné. Martial parle bien français parce qu'il a fait ses études de pilote à Marseille, je crois que ça lui plaisait bien de voir passer des français.

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 La vue depuis le bateau vers Fort Dauphin, ce matin là...

Martial nous avait proposé un"taxi sécuritaire" qu'il connaissait pour nous guider dans la ville et nous suivre tout le temps, pour un tarif de 100 000 Ariary (monnaie malgache) par jour. Dit comme ça ça peut faire peur, mais en réalité à 3 500 Ar pour 1 €, ça ne fait que 30 € euros environ, certainement un bon salaire pour ici. Nous avons donc accepté la proposition et après avoir déjeuné, nous avons enfin quitté Bluenote pour poser pied à terre. C'était une drôle d'impression de se retrouver enfin sur ce quai si proche, mais inaccessible jusque là, un grand plaisir en tout cas. Nous avons dû attendre une navette pour nous véhiculer hors du port, car tout est extrêmement réglementé et strict ici, et on voit qu'ils ne plaisantent pas avec la sécurité sur ce site privé. La navette nous a fait sortir de la zone portuaire jusqu'aux bureaux, où Redy, notre taxi, nous attendait, vers 14h.

Il nous a donc conduit en ville, et tout de suite le dépaysement est total, si la Réunion pouvait sembler un peu exotique à certains égards, c'est quand même très proche de la métropole, mais ici c'est un autre monde. Une foule de gens qui marchent le long des rues/routes, d'innombrables petites cases en bois servant soit d'habitation, soit de petits commerces sur des centaines de mètres, avec plein de monde. Il s'agissait donc de mon premier vrai contact avec l'Afrique, ce qui a ressemblé à ce que j'attendais, tout en restant assez saisissant, tellement loin de notre réalité.

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Les premières choses à faire étaient d'aller dans un distributeur retirer des Ariary, et acheter une carte SIM locale avec un peu de forfait Internet 3G pour se connecter sur le bateau. La boutique Orange MG dans laquelle nous sommes rentrée ressemblait quand même un peu à celles que nous avons en France, dans un état un peu plus vétuste certes, et surtout avec la présence de gardes, chose que j'ai constatée dans tous les magasins en dur. Pour 36 000 Ar, soit 11 Euros, nous avons acheté une carte SIM avec 1 Go de données.  

Puis nous avons continué un petit tour pour aller au coeur de Fort Dauphin, sur la place principale où on trouve notamment la mairie, mais aussi l'office de tourisme régional, qui nous a reçu et proposé une petite brochure touristique présentant les activités des environs. Nous avons ainsi décidé d'aller voir le musée de Fort Flacourt, site historique du bastion qui défendait la ville, sur le cap correspondant. Nous avons été reçus par la responsable du musée, qui nous a fait, pendant près d'une heure et demie, toute la visite du site, et de l'histoire de cette région du sud-est malgache.  Elle parlait un français assez bon et était assez rigolote, nous avons passé une bonne visite, le lieu a une vue superbe en tout cas, puis dans la partie intérieure nous avons trouvé davantage d'éléments historiques et culturels sur l'île.

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 Entrée du musée de Fort Flacourt

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 Vue sur la baie de Fort Dauphin

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 Une autre vue, défendue, sur la baie, c'était un fort après tout !

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En partant, nous avons signé le livre d'or du musée, où l'on trouvait apparemment des visiteurs anglophones et francophones essentiellement. Il y avait une feuille de statistiques affichée au mur de l'accueil, et on voyait qu'il y avait environ 800 visiteurs par an qui venaient au musée. Dans ces conditions, on peut comprendre que notre guide était la seule personne employée pour cela, pour une des principales activités proposées à Fort Dauphin. Enfin, nous sommes rentrés au bateau à la tombée de la nuit, Redy nous a raccompagné à l'entrée du port.

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Entrée du port d'Ehoala

 

Pour accomplir les 200, 300m maximum qui nous séparent en ligne droite de Bluenote, il a fallu qu'un garde de la sécurité du site nous guide par un chemin piéton qui faisait un détour assez invraisemblable jusqu'au bateau (on a dû marcher 1km je pense) ! Il était très sympa, parlait un tout petit peu le français, et nous a demandé si on avait un livre en français ou anglais à lui passer, pour pratiquer la langue, chose que nous avons pu faire.

 

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Notre guide, gardien du site, qui nous a aidé à traverser les zones autorisées, dans un port désert à cette heure...!

Le soir, avec la carte SIM, chargement des modèles météo, situation pas très simple et très changeante sur un parcours Fort Dauphin-Richards Bay de 830 milles, donc bien plus long que les 540 milles je crois de la Réunion à Fort Dauphin, il faut compter 4-5 jours, sur une zone au temps changeant, qui peut être agitée par moments, on a donc passé un moment à étudier tout cela…