Mardi 27, nous avions prévu, afin de profiter d'une météo clémente, y compris dans l'Est, où elle est souvent plus humide, capricieuse, de faire le tour de l'île, autre point qui nous avait été recommandé pour un séjour assez bref sur l'île. Nous sommes donc partis tranquillement vers 8h30 du bateau, en direction du sud, car nous avions décidé de le faire dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Conditions très calmes comme souvent sur la côte Ouest, notamment vers Saint Paul :

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Nous avons pris la route du littoral, peu pressés par le temps, pour en voir, autant que possible, toutes les variations. Au sud de Saint Paul :

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On a passé la plage de Boucan Canot, tristement célèbre pour les nombreuses attaques de requins sur des surfeurs ces dernières années, puis nous avons atteint la superbe plage de l'Ermitage-les-Bains, à côté de Saint Gilles, avec son lagon, probablement le plus bel endroit pour se baigner, à l'abri des requins, sur l'île :

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Malheureusement notre programme de tour de l'île sur la journée ne nous permettait pas vraiment d'en profiter, nous avons donc poursuivi la route vers le sud, autre vue du lagon un peu plus loin :

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En passant Saint Leu, brutalement, nous sommes passés du climat déventé de la côte Ouest au climat nettement soumis à l'alizé de la côte Sud, l'ambiance n'était donc plus vraiment la même, avec la houle aussi :

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Un peu plus tard, les kitesurfeurs de la plage de Saint Pierre :

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A peine plus loin, on voit que les plages ont encore du charme, même si la houle est toujours présente et qu'il n'y a plus de lagon :

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Quand on passe Saint Pierre et qu'on se rapproche de la pointe sud de l'île, on se rend compte que la végétation devient bien plus dense, la route serpente à flanc de relief qui tombe dans la mer :

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Autre vue du coin :

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Ce sont souvent les champs de canne à sucre qui "tombent" dans l'Océan Austral :

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De temps en temps, apercevant une route s'écartant de la grand route pour descendre vers un (petit) port, nous l'empruntions :

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Toujours le long de la côte sud :

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Nous avons déjeuné au Baril, une localité du sud-est de l'île, reprenant des forces avant d'attaquer la remontée de toute la côte orientale. Assez vite, passé Saint Philippe, on emprunte la "Route des Laves" qui doit naturellement son nom à son aspect régulièrement remanié par l'activité du volcan. On approche des coulées récentes :

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On aperçoit au loin les restes de la grande coulée de lave de l'éruption de 2007, et soudain la végétation épaisse disparaît brutalement et devient bien éparpillée, le paysage est lunaire, assez irréel :

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Coté mer, c'est encore la désolation qui règne 9 ans après, même si les plantes commencent à recoloniser, la vie repart :

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Côté montagne, on se sent encore presque submergé par toute cette terre venue des entrailles de la planète, qui a dévalé ces longues pentes :

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La délimitation est très nette avec les zones qui n'ont pas été touchées par la coulée :

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En quittant le domaine de la coulée de 2007, on retrouve tout de suite une végétation bien dense :

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... jusqu'au passage de la coulée suivante, celle de 2002, qui montre un stade de recolonisation du milieu différent de sa jeune soeur, avec une sorte de mousse qui recouvre la lave :

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Cette même coulée de 2002 côté mer :

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On continue la route des laves, et une nouvelle coulée (2004 je crois ? Je ne suis plus certain...) se présente, assez différente :

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Avec des motifs parfois surprenants :

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Enfin, un peu plus loin, encore une autre coulée, qui vient de loin, là haut... !

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Ici encore, bien délimitée avec un mur végétal pour limite nord :

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On sort ensuit rapidement de cette Route des Laves, aussi spectaculaire qu'espéré, avec cette variété incroyable de paysage sur une si courte distance, on se sent sur un lieu qui témoigne des battements du coeur de notre chère planète, c'est assez émouvant. Avec cette végétation qui renaît à chaque fois, inexorablement. C'est drôle de penser que les gens du coin, au cours de leur vie, voient plusieurs fois changer l'aspect de ce littoral... Et à chaque fois, la route est refaite, l'Homme aussi recolonise cet espace. Je me suis demandé à qui appartenaient ces terres constamment retravaillées par la Nature, quel est leur statut... ?

Après nous être attardé l'heure qu'il fallait sur cette portion d'exception de la Route des Laves, il fallait bien continuer pour boucler le tour. Cette côté orientale est très humide, on y trouve même des cascades en cette fin de saison sèche qui a été marquée, car ces reliefs exposés aux alizés sont les seuls qui ont continué à recevoir des averses régulières ces dernières semaines, comme ici dans l'anse des Cascades, justement nommée :

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Un peu plus au nord, on retrouve des villes et villages le long de la route, après l'interruption, rare pour la Réunion, de la Route des Laves, et l'on atteint la célèbre église de Piton Sainte Rose, dont la structure avait été miraculeusement épargnée après l'éruption de 1977. Néanmoins, on accède à l'entrée de l'église, qui avait été entièrement réhabilitée, par un escalier dans la coulée de lave :

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Voici Georges au pied de l'église :

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En reprenant la route et remontant vers le nord cette côte orientale :

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Le littoral exposé à la houle et aux alizés vers Saint Benoit :

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Ensuite, fatigués par la route et les nombreux stops, certes bien agréables, nous avons filé plus rapidement vers le nord, pour rentrer faire quelques courses. Nous avions déjà eu un aperçu de Saint Denis sur la côte nord, en allant à la météo dimanche, nous sommes donc rentrés à nouveau au soleil couchant vers Le Port. Bilan de ce tour : les distances ne sont pas énormes, logiquement, sur cette île plus de 3 fois plus petite que la Corse, mais au relief si marqué : les fortes pentes du relief sont nettement visibles de partout tout autour de l'île. Ce relief marqué crée des microclimats tout aussi marqués qui changent véritablement l'aspect du paysage : en cette fin de saison sèche, le vert parfois fluorescent de l'Est contraste avec l'herbe jaunie et les sols désséchés de l'Ouest où nous nous trouvons, au Port. Un bien bel aperçu, dont je vais essayer de profiter encore un petit peu, même si un départ probable se dessine vendredi 30, j'en reparle au prochain article, car la météo prévue nous a conduit à envisager plusieurs scénarios...