Jeudi 22 septembre 2016

J'ai débarqué vers 5h du matin à l'aéroport de l'Ile Maurice, en provenance de Francfort, à l'issue d'un voyage sans histoire. J'avais moyennement dormi la veille du départ de Paris, assez excité par la perspective du voyage, en tout cas j'étais prêt et complètement tourné vers l'objectif. Je n'ai pas non plus beaucoup dormi dans l'avion me menant à Maurice, si bien que je savais que cette journée allait être aussi éprouvante qu'hors de l'ordinaire. J'ai quand même pu profiter du voyage pour observer par le hublot ces nombreuses zones du monde qui me sont inconnues, avec notamment un survol de l'ouest des Balkans qui s'est conclu par la pointe sud du Péloponnèse :

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Un peu plus tard, avec les derniers rayons solaire, c'est la Crète qui se déployait toute en longueur sous nos pieds :

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Ensuite, avec dernières lueurs du jour, en approchant de la côte égyptienne, avec une atmosphère certainement chargée en sable saharien, le ciel a offert une palette de couleurs assez agréable :

couchavLa dernière chose que j'ai aperçue fut le trait de la côte égyptienne, ensuite quelques lueurs de ci de là mais presque rien, certes il y avait beaucoup de zones désertiques sous nos pieds, mais par instants quelques lueurs ça ou là, sauf en arrivant vers Addis Abeba dont on voyait parfaitement bien les lueurs par mon hublot, quelques heures après. Puis plus rien jusqu'à Maurice. 

Mon oncle Georges, le capitaine de Bluenote, était gentiment venu me chercher aux aurores à ma descente de l'avion, tandis que le bateau mouillait à une heure de route de là, de l'autre côté de l'île, à Grande Baie. A peine descendu de l'avion, après un contrôle d'immigration un peu plus long qu'à l'habitude en raison de ma situation particulière (pas de billet d'avion retour, simplement un papier disant que j'embarquais comme équipier à bord de Bluenote), je retrouvais Georges qui m'attendait et nous sautions dans une voiture pour retrouver le bateau.

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Je l'avais bien sûr vu en photo de nombreuses fois, même en vidéo, mais ça fait quelque chose de le voir en vrai, et vers 7h du matin en heure locale, j'embarquais donc accueilli par Alain et Jean Pierre, les deux équipiers de Georges qui venaient de traverser l'Océan Indien depuis Bali, avec lui. Ca fait quand même une drôle d'impression de mettre le pied à bord, en se rappelant le périple déjà accompli du bateau, et en imaginant que ça va devenir mon lieu d'habitation pour quelque temps, dans des mers plus ou moins clémentes... ! Après un petit déjeuner tous les 4, nous avons levé l'ancre pour la dernière navigation des équipiers de l'Indien, de Grande Baie à Port Louis.

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La navigation de Grande Baie à Port Louis est courte, nous avons mis 2 heures en gros, avec un bon vent 15-20 noeuds au portant, le bateau marchait bien et a même atteint 12 noeuds en pointe. Jolie vue vers la côte, avec le relief mauricien dominant de nombreuses maisons côtières.

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Derrière nous, les petites îles du nord de Maurice dont on s'est inexorablement éloigné :

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De jolies vues vers la côte :

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Un peu plus tard, en approchant de Port Louis, on voit de nombreux bateaux de pêche, souvent asiatiques (Malaisie, Taïwan), on devine bien qu'on approche d'un gros centre urbain :

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En arrivant à Port Louis :

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Tandis qu'Alain et Jean Pierre terminaient d'empaqueter leurs affaires après leur séjour de plus d'un mois, nous devions nous occuper des formalités administratives de départ. J'ai pour cela accompagné Georges au bureau de l'immigration mauricienne de Port Louis, situé assez loin du quai des Douanes où se trouvait le bateau. A l'issue d'une bonne petite marche de près d'une demi-heure, nous avons trouvé un sympathique officier qui nous a fait remplir les papiers, et tamponné mon passeport pour la deuxième fois de la journée. Je pense pouvoir affirmer faire partie d'une minorité de gens qui ont voyagé moins de 12 heures à l'île Maurice. Cette petite marche vers la mi-journée, qui m'a permis de mieux faire connaissance avec les ardeurs du soleil tropical, m'a donné un premier petit aperçu de Port Louis, ville très vivante à l'architecture très hétérogène, l'influence indienne me semblant largement prédominante.

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Déjeuner tous les 4 à bord au quai des Douanes, admirablement préparé par Jean Pierre, dont les talents de cuisinier "simple mais efficace" se sont effectivement confirmés, au cours duquel j'ai eu le privilège de gouter au fameux thazard pêché lors de leur traversée de l'Indien, très agréable. Ensuite, nous avons dit au revoir à Alain et Jean Pierre qui sont partis prendre leur avion, et nous nous sommes retrouvés tous les deux, Georges et moi, à bord. L'occasion d'aller faire un dernier petit tour pour avoir au moins un petit aperçu de Maurice, dans les rues avoisinnantes de Port Louis, notamment au marché local, plein de fruits et légumes :

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Nous avions ainsi une belle cargaison locale à bord, notamment de superbes tomates, carottes. A côté de maison basses, se trouvent quelques buildings plutôt élevés :

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C'est donc un mélange assez amusant, la ville est assez propre, on sent qu'il y a de l'argent, et des styles bien différents se cotoient.

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Après mon petit tour, j'ai pris une dernière photo de Bluenote sur le quai des Douanes :

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16h passées, il était temps de prendre le large, les formalités étant accomplies, et c'est finalement vers 17h que nous sommes sortis de Port Louis, pour rejoindre le large avant le coucher de soleil, qui tombe vers 18h. En sortant du port, surprise, alors que je l'attendais à son port habituel à la Réunion, le Marion Dufresne, bien connu des habitants des Terres Australes et Antarctiques Françaises (il fait les rotations entre la Réunion et les Kerguelen), se trouvait là !

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En sortant de Port Louis, belle vue entre ombre et lumière de fin de journée sur les alentours :

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Les lueurs du couchant à bord de Bluenote

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Dernières vues sur Maurice :

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Ce petit aperçu de Maurice m'a au moins donné l'idée et l'envie d'y retourner pour voir davantage ce que j'ai aperçu, essentiellement depuis le bateau. Les côtes mauriciennes s'éloignaient donc dans l'obscurité, et la première nuit à bord se profilait, je me sentais bien, fatigué bien sûr, même si cette fatigue était restée un peu cachée jusque là, devant toutes ces nouveautés dont il fallait profiter au maximum...