28 novembre 2008
Dernières images corses
Un peu de météo avant de partir : la Corse a été placée en vigilance orange pour de fortes pluies cette nuit, j'ai donc loupé cet épisode intéressant à peu de choses près. Ma station ne fournit plus de données depuis minuit, l'hypothèse la plus probable est que l'orage aura fait disjoncter dans la maison, et donc qu'il va falloir que j'envoie mon sympathique dépanneur de service à la maison pour relancer ça. Néanmoins, cela peut toujours être quelque chose de plus grave... C'est avec cette (petite) crainte que je vais aussi passer tous ces mois en Terre Adélie. J'essaie d'avoir une série climatologique sans trou, avec une véritable continuité dans le temps. C'est un vrai défi quand on n'habite pas sur place, et cela m'a demandé au fil du temps d'imaginer des solutions réalistes et durables.
La pluie et le vent ont donc affecté principalement l'Est de la Corse, des valeurs de 108km/h à Alistro, 103km/h à Solenzara ou encore 94km/h à l'aéroport de Bastia-Poretta. Ca a donc bien dû souffler à Penta également, on verra si je récupère les données. Avant cette tempête, les signes annonciateurs d'un temps bien instable et changeants étaient déjà là ce mercredi, comme le montrent les photos suivantes, qui constituent mes dernières de cette année 2008...
Tout d'abord, ces visions de début de matinée, peu après le lever de soleil...


Un peu plus tard dans la matinée, un arc-en-ciel d'une intensité que j'avais rarement observée en Corse, joli contraste entre l'orage qui grondait au Nord, et le doux soleil qui nous réchauffait à Penta.

Enfin, une des dernières choses que j'ai vues depuis le belvédère, tout en haut de la maison, ce fut ce superbe cumulonimbus qui a copieusement arrosé Bastia et le Cap durant l'après midi, qui salua ainsi mon départ de ma plus belle manière !

J'ai donc quitté la Corse mercredi 26/11/08 en fin de journée, avec l'impression que c'était là le début d'un long voyage, et d'une boucle qui serait bouclée. Encore 10 jours dans la salle d'attente parisienne.
P.S : ça n'a rien à voir, mais aujourd'hui, c'est mon demi-anniversaire ! Dans 6 mois exactement, j'aurai 30 ans. Déjà...
25 novembre 2008
Mardi 25 Novembre 2008

C'est le jour de la naissance de James Dumont, fils de Léopold et Lisa Dumont. Mon ami Léo est donc le premier qui a un enfant, ça fait quelque chose bien sûr, ça fait même beaucoup. Je souhaite sur ce blog plein de bonheur à cette famille qui m'est si chère, je leur dédie cet arc en ciel matinal. Je suis heureux d'avoir l'occasion de voir le petit James avant mon grand départ, un petit qui aura bien grandi à mon retour, temps qui passe, hypnotisant...
C'est le jour des affectations de mes camarades et amis ingénieurs météo, je félicite donc Nathalie, Grégoire et Frédéric pour leur nouvelle affectation. Un petit mot particulier pour Fred, mon ancien colocataire, qui va donc retrouver sa chère ville de Toulouse, la délivrance est donc proche maintenant ! Peut être nous retrouverons nous là bas à mon retour, comme je le suggérais dernièrement. Enfin, difficile de ne pas évoquer Arnaud, qui voulait me succéder en tant que chef météo à DDU, le poste lui a filé sous le nez. En tant que suppléant, il garde une infime chance certes, mais bon... Ton tour viendra, mon ami.
C'est le jour de ma dernière soirée à Penta di Casinca, une longue soirée de novembre comme j'en ai connu tant dans le passé, il y a 5 ans, lors d'un épisode qui me semble toujours aussi magique, avec le recul. Une période de ma vie qui m'a permis de comprendre qu'une autre vie était possible, qu'un équilibre pouvait se trouver au carrefour d'expériences beaucoup plus variées que je ne l'imaginais a priori. Néanmoins, une dernière soirée est triste par nature, surtout en un lieu qu'on aime tant, ou on a tant vécu, plus qualitativement que quantitativement d'ailleurs. L'idée d'imaginer ma prochaine soirée si loin est presque angoissante, en un sens. Mais je reviendrai. Dans quel état, je l'ignore, mais je reviendrai.
C'est le jour où j'ai vraiment commencé à réaliser que j'allais partir. C'est évidemment trivial, mais aujourd'hui, j'ai franchi un cap. Tout ce que je fais me semble urgent, en raison de l'urgence du départ. Et pourtant, il a reculé d'une semaine, je n'ose imaginer l'intensité de cette urgence si je partais dans 6 jours... Urgence parce que je vais changer tellement profondément la donne de mes conditions d'existence que j'ai envie de faire tout ce qu'il y a à faire, et même un peu plus, avant de partir. Et qu'à la fois l'immensité des choses que j'aurais à dire, à faire, me submerge, me paralyse. Cette urgence là, je la sens monter régulièrement depuis quelques semaines, certes. Mais aujourd'hui, c'est la terrible prise de conscience de mes limites, une fois de plus : non, je ne ferai pas tout ce que j'avais envie de faire avant de partir.
C'est donc le jour où je me retrouve a ce defining moment (copyright Obama), cet instant décisif. Tout près du jour où ça va basculer. Dans l'inconnu, ou presque (grâce à Internet et quelques rencontres, j'ai pas mal d'infos). Là où je n'aurais sans doute jamais été si je n'avais eu l'étrange obstination qui m'a mené là où je suis. Etrange parce que, finalement, j'ai le sentiment de poursuivre un but indicible. Peut être tout simplement attiré par le vertige de l'extrême, de l'absolu inconnu. Impression de rajouter du flou au bouillonnement chaotique de mon existence. L'extrême est-il un but en soi ? En fait, peut être pas si extrême, juste l'envie d'aller au bout des choses, de ne pas s'arrêter en surface. Cela me ressemble davantage, en y repensant. Aller là où on ne peut pas tricher, loin des conventions sociales souvent étouffantes.

C'est le jour où je me suis assis face à ce paysage matinal ensoleillé, et où j'ai eu envie de m'y noyer pendant des jours, des mois, des années. Vraiment, je ne connais rien de plus fort, de plus apaisant. Dès lors, pourquoi s'entêter à vivre loin de la Nature, à s'empiler dans les villes ? Ca me fascinera toujours, ce mouvement apparemment inéluctable qui mène les sociétés dites développées vers l'exode rural. Bon côté des choses : il y a sûrement plein de bonnes affaires à faire à la campagne. Enfin, malgré cela, je redis mon admiration pour New York, et mon attachement à Paris, là où je suis né et où j'ai grandi. Les mêmes réflexions reviennent périodiquement sur ce sujet, la conclusion est invariablement la même. Une autre vie est possible, la technologie ouvre des perspectives inimaginables il y a encore peu. On en reparlera. Ci dessous une photo des aiguilles de Popolasca enneigées, prise depuis Ponte Novu.

Ce mardi 25 Novembre 2008, c'était surtout le jour de la naissance du petit James, voilà ce qu'il faut principalement retenir. Un enfant qui naît, un cahier vierge avec une belle histoire à écrire. Celle du fils d'un grand, d'un vieil ami auquel je pense particulièrement ce soir.
24 novembre 2008
Une semaine plus tard...
... le 8 Décembre donc, la date du grand départ a été revue et corrigée, comme c'était fortement sous-entendu. Bon, un délai d'une semaine, c'est pas la catastrophe non plus, ça permet d'être un peu plus zen, et de faire les bagages avec un peu plus de temps pour réfléchir à tout. Le calendrier est donc le suivant, départ le 8 en fin de journée de Roissy, arrivée prévue le 11 en journée à Hobart, pour un départ le 12 au soir, ce qui nous ferait arriver à DDU autour du 18 Décembre, quelques jours avant Noël. Le point positif, c'est que ça se précise quand même nettement, en dépit de ce contretemps. De plus, je ne vois pas vraiment de point négatif.
Pour l'instant, je profite de la Corse, de sa tranquilité et de son charme toujours aussi incroyable. De plus, nous avons eu droit ce dimanche 23 à une vue tout à fait exceptionnelle sur la côte italienne, en raison des conditions météo favorables, l'air froid est sec ayant suivi la tempête de vent de vendredi soir. Cela donne les quelques photos suivantes :
Tout d'abord, ce que ma mère a baptisé les icebergs, vus de loin, ces montagnes éclairées par le soleil, tandis que nous nous trouvions sous les nuages, à Bastia, semblaient bien lumineux. Au zoom, on voit dans ce qui suit le résultat étonnant : les sommets qui flottent littéralement sur l'horizon, comme déposés. Une vue rarissime direction Nord Nord Est depuis la ville de Bastia.

Ces conditions particulières nous ont encouragé à monter faire un tour au sommet qui domine Bastia, le Pigno, à près de 1000m d'altitude, et là ce fut magique, on voyait évidemment bien mieux tout ce qui nous entourait, jusqu'aux Alpes au dessus de Nice, à plus de 200km pourtant, le tout par +2°C ! Voici la vue de la petite île de la Gorgone, avec les montagnes des Appenins derrière elle.

Maintenant, voici une photo de l'île de Capraia avec l'Italie derrière : ce qui est étonnant, ce sont ces successions de plans, assez inhabituelles.

Bastia au premier plan, et l'île d'Elbe au loin, un beau panorama sur ce sympathique sommet, accessible en voiture (il y a des pylônes de communication pour toute la région bastiaise au sommet).

Pour finir, en redescendant de l'autre côté, une belle vue sur le golfe de Saint Florent, on retrouve alors le soleil, avant un très bel après midi ensoleillé, dans un air toujours frais (12°C en plaine)

La Corse est toujours aussi magique, évidemment, un gros bol d'air, plein de belles choses pour les yeux avant ces derniers jours d'attente, deux semaines encore...
21 novembre 2008
Bouffée d'air corse
Sorti de l'enfer parisien avec son RER bondé à 8h30 du matin, les gouttes de sueur qui perlent lors de cette immobilisation forcée, un ciel morne et une pluie automnale, je suis arrivé en fin de matinée à Bastia-Poretta, sous un ciel plutôt ensoleillé, avec une température fort agréable de 17°C. En plus, la météo avait décidé d'être accueillante : vigilance orange pour vent fort sur la Corse ! Le coup de vent annoncé a bien eu lieu, avec près de 180km/h mesurés au Cap Corse, où ce n'est certes pas exceptionnel, mais bien conséquent quand même. A Bastia, 160km/h au niveau du port de commerce, et des débris qui volent de partout...
Pendant ce temps, beaucoup plus calme à Penta, comme d'habitude, avec simplement quelques petites rafales qui ont poussé, très temporairement, jusqu'à 60km/h. Et surtout un coucher de soleil flamboyant, comme j'espérais bien en voir en venant ici.



Cet après midi, j'ai testé la webcam que je vais emmener en Terre Adélie, afin de prendre des vues du ciel de façon continue, et de constituer ainsi une sorte de film de l'année, la qualité est au rendez-vous, en espérant que le matériel fonctionne comme attendu, ça pourrait donner un résultat plutôt sympathique !
En tout cas, quelle sérénité au village, quel bonheur d'être ici, je n'ai fait que passer 36 heures à Paris, mais j'ai vraiment eu l'impression d'être en apnée, et de respirer librement maintenant. La Nature, le calme, les éléments, c'est ma came, définitivement. Surtout, avoir de la vue, de l'espace, voir le ciel, que faire sans le ciel ? Comment vouloir dépasser l'horizon sans horizon visible ? Je suis convaincu que ce n'est pas seulement psychologique, c'est aussi bien visuel. VIve la Corse !
20 novembre 2008
Patience et suspense

Cela faisait quelques jours que le bruit m'était parvenu, l'Astrolabe, le bateau que je dois emprunter pour relier Hobart à la Terre Adélie, avait eu une avarie. J'en ai appris davantage hier soir grâce à un mail d'un collègue météo actuellement sur place. Une hélice a été avariée, ce qui a contraint à couper un moteur lors de la première rotation, qui a tout de même pu débarquer passagers et matériel. Cependant le bateau est reparti boiteux, et se trouve maintenant en cale sèche à Melbourne. Selon la gravité des dommages, il faudra sans doute prévoir un décalage du départ pouvant varier d'une semaine à (beaucoup ?) plus.
Tout cela pour dire que je ne suis pas encore parti, qu'il faut que je me prépare à patienter plus longtemps que prévu, alors que cette date du 1er décembre était pourtant mon objectif depuis si longtemps ! Enfin rien n'est décidé, on pourrait encore partir à la date prévue, d'après les informations du jour. Tout cela pour rappeler, si besoin était, que ce voyage reste une aventure terriblement soumise aux aléas, l'Astrolabe étant en effet notre seul moyen de relier/ravitailler la base...
Finalement, en y repensant, cela met un peu plus de piment à l'affaire, cette petite dose supplémentaire d'incertitude. Ce qu'il ne faudrait pas, en revanche, c'est que cette attente nouvelle dure trop longtemps... Enfin, on n'en est pas là, pour l'instant, il s'agit simplement de rester à l'affût des nouvelles provenant de notre bateau. Quelle sera la date du départ ? Suspense.
15 novembre 2008
Ô Toulouse...
Un petit message sur mon blog à la mi-novembre, à environ deux semaines du grand départ. Je suis parti l'esprit chargé de Paris mardi 11 après midi, et cette fin de semaine toulousaine, en stage préparatoire pour le départ, m'a fait le plus grand bien. Il était effectivement vital que je quitte Paris pour, au sens propre du terme, changer d'air. Parce que cet air là, dans lequel je passe le plus clair de mon temps à attendre la suite des événements, était devenu irrespirable.
Arrivé à Toulouse, à la météopole si familière, je me suis tout de suite senti bien, comme je revenais chez moi. Je me suis rendu compte que cet endroit représentait pour moi plus que je l'imaginais, que j'y connaissais davantage de gens que ce dont j'avais conscience. Que ce serait un cadre de travail assez agréable, l'Ecole Nationale de Météorologie (ENM), où j'étais encore élève il y a seulement 16 mois. J'ai toujours senti en moi l'âme de l'enseignant, mes faibles expériences en la matière m'ayant toujours beaucoup plu. Il existe une probabilité raisonnablement élevée que, dans un an exactement, lorsque j'aurai un choix à faire pour mon orientation au retour, j'ai l'opportunité de postuler à un poste d'enseignant en Analyse et Prévision météo, la matière qui constitue notre coeur de métier. Aujourd'hui, c'est une solution qui m'attirerait certainement.
Mais un an, et surtout l'année à venir, c'est une durée suffisamment conséquente pour changer mes envies, ma perception des choses, je le sais bien. Je garde cette option à l'esprit, parce que, depuis le premier jour où j'ai mis les pieds à l'ENM, je m'y suis senti bien et j'ai pensé qu'il serait agréable d'y travailler. J'aurai sans doute l'occasion d'en reparler sur ce blog dans les prochains mois. En tout cas ce passage à Toulouse est tout à fait bénéfique, c'est tellement sympa de croiser des gens qu'on a plaisir à revoir, et qui partagent ce plaisir. Le côté "grande famille" indiscutablement agréable de Météo-France, je l'ai bien ressenti. En tout cas ce petit séjour donne un sérieux crédit à la piste toulousaine pour mon avenir. J'en emporterai un souvenir encore meilleur à DDU.
Au fait, concernant les formations, j'ai effectué l'habilitation électrique cette semaine, et ce sera radiosondage la semaine qui vient. La première formation consiste à nous apprendre les règles de sécurité et les bonnes pratiques à adopter quand on intervient sur un circuit électrique, celle de la semaine prochaine nous détaillera comment gonfler nos ballons à l'hélium, et les équiper de sondes afin de faire nos lâchers quotidiens à DDU. Tout cela commence sérieusement à se préciser, j'ai l'impression de dormir un peu moins paisiblement ces derniers jours, l'approche du départ ? D'ici là, petit tour en Corse à venir...
08 novembre 2008
Entre ici et là-bas
Après l'ivresse de la victoire, les nombreux repas arrosés, il suffit que je retrouve 24h de sobriété pour me rendre compte de cette terrible évidence : je ne sais plus où je suis. Je ne suis pas plus parisien qu'adélien : la projection quasi-permanente dans le futur depuis de longs mois a décollé le décor qui m'entoure. Ca ne ressemble plus à grand chose. Que vais-je trouver là-bas de si extraordinaire qui puisse compenser ce que je laisse ici ? A quoi ressembleront les moments obscurs là-bas, par rapport à mes déprimes de citadin ? A quoi faut-i penser, au juste ? A ma vie parisienne, trop connue ? Ou à cette nouvelle vie adélienne, largement méconnue ?
Je ne sais pas, alors je scrute le passé, sans y trouver davantage d'indices sur ma position spatio-temporelle. J'imagine le futur, les futurs, un million d'ébauches de scénarii qui ne me distraient guère au delà du bref temps que je passe à les décrire. Sans repère. Je dois être dans une de ces parties coupées au montage du film, parce qu'on ne sait pas où les coller, dans quel cadre les situer. Mais elles existent bien, pourtant. Alors, bien sûr, la solution réside sans doute dans l'absence de pensées, soit l'exact contraire de ce que je fais en ce moment. Mais j'ai du mal, l'alcool aide c'est certain... Ce n'est pas une solution dans l'absolu, mais parfois je me dis qu'ivre jusqu'au départ, pourquoi pas !
J'ai l'impression d'être entré dans le temps où les paroles sont vaines, où il n'y a plus grand chose à dire ou à faire, compter les secondes, peut être... Ou alors écrire, écrire sur ce blog ou ailleurs, pendant des jours, des semaines, jusqu'au jour J, jusqu'à épuisement, pour décrire l'équation sans solution qui me retient prisonnier. A quoi sert ce blog ? Quel est le message que je veux faire passer ? Pour l'heure, une perplexité certaine face à cet état étrange. Probablement aussi les doutes qui m'habitent, décrire une impasse, fort heureusement temporaire, sans savoir situer cette impasse. Je ne dirais même pas que je suis impatient, car je ne ressens aucune excitation particulière. Je ne dirais pas non plus que je suis inquiet, car je me sens surtout dans un état d'indifférence globale.
Dans mon petit ghetto spatio-temporel, la lumière Obama, toujours aussi irréelle, brille bel et bien. Quelques jours plus tard, je n'arrive toujours pas à y croire. J'ai regardé des dizaines de video de foules en liesse aux US, comme à travers le monde, hypnotisé par ce tsunami d'espoir au milieu d'une époque bien sombre. Dans ces moments là, c'était comme de la drogue, toutes mes petites questions existentielles disparaissaient comme par magie... Je crois que le monde avait besoin d'une telle drogue, à cet instant de l'Histoire, particulièrement aux Etats-Unis d'Amérique. Mais cela vaut également pour moi, naturellement. Je maintiens que la force d'un symbole, une vague d'espoir, sont des moteurs plus puissants que bien des actes. Avant de changer le portefeuille des gens, changer l'état d'esprit. C'est la dimension Obama. Parce qu'il est brillant, qu'il incarne la nouveauté, le dynamisme, l'ouverture, qu'il a une classe inouïe. L'homme politique idéal que j'aurais demandé au Père Noël, en quelque sorte !
Et tant pis si on s'aperçoit, de façon si prévisible, qu'il n'est pas le messie, qu'il se plante sur certains sujets. Ces jours là auront existé, et resteront gravés dans la conscience collective, contribuant ainsi à changer notre vision du monde. Dans une époque de vaches maigres, qu'exiger de plus d'un leader politique ? Ce sont les côtés irréversible, irrésistible d'Obama que j'aime. Un jour, quand je serai allé là-bas, après ce long séjour, il en restera quelque chose. Merci au président Obama ! Un véritable regret : celui de manquer la cérémonie d'investiture le 20 Janvier 2009, à Washington. De même que celui d'être resté à Paris, alors que dans l'absolu rien ne me l'imposait, quand l'Histoire s'écrivait de l'autre côté de l'Atlantique, notamment à Chicago. OK, on en fait trop avec Obama, ça devient ridicule, mais on ne rassasie pas un affamé avec deux miettes de pain...
Par ailleurs, j'ai été confronté à un exercice difficile ce vendredi : il m'a fallu rédiger une petite note dans laquelle je devais me décrire brièvement, afin d'accompagner le petit journal que je vais animer sur le site de Météo-France à mon arrivée à DDU. Ce ne fut pas simple, parce que je ne savais pas jusqu'à quel niveau me décrire, ni à qui je m'adresserais. Je me suis donc posé les mêmes questions que celles que je me suis déjà souvent posées au sujet de ce blog : pourquoi ? Pour qui ? J'ai donc fait un résumé de quelques lignes de mon parcours et mes motivations, tant à Météo-France que vis-à-vis de l'Antarctique. Mais j'ai eu tendance à en dire moins que ce que je dis sur ce blog, comme si j'avais un peu peur de la petite exposition médiatique que me procurera le label Météo-France. Fondamentalement, ça ne change pas grand chose, les lignes que j'écris en ce moment sont probablement aussi bien lues par des gens que je ne connais pas que celles que l'on trouvera sur le site de MF.
Enfin, des nouvelles de la première rotation de l'Astrolabe : dantesque, d'après les bruits qui me sont parvenus. Il a fallu calfeutrer les hublots afin de résister aux paquets de mer qui s'abattaient, menaçant de les faire exploser. Ca promet pour dans trois grosses semaines... Honnêtement, ça ne me fait pas plus peur que cela, je trouve ça plutôt amusant, mais je risque de déchanter une fois en situation ! Autre nouvelle rapide, l'aventurier Mike Horn, dont j'avais critiqué le livre sur ce blog l'an passé, va apparemment nous rendre visite à DDU vers le mois d'avril ! Il est en effet parti en solitaire avec son traîneau, à pied, depuis la péninsule antarctique, à des milliers de kilomètres à l'Ouest, pour une traversée Ouest-Est du continent, et son point d'arrivée sera DDU. Drôle de rencontre en perspective...
Allez, il est temps de retourner dans le néant après ces quelques distractions d'actualités, à bientôt. Heureusement qu'il y a Toulouse la semaine prochaine, puis j'espère un peu de Corse pour m'occuper d'ici la fin du mois... Pour revoir l'île de Montecristo, star bien connue des lecteurs de ce blog, comme en janvier 2007, le matin (avec l'île de Giglio à gauche), et le soir...


05 novembre 2008
Welcome to the new president

Bienvenue au 44ème président des Etats Unis d'Amérique, Barack Obama l'a brillamment emporté ce mardi soir, au terme d'une élection qui restera dans les annales. J'ai suivi toute la soirée électorale en direct sur CNN, avec mon cher ami Léo, une soirée assurément historique, dont on se rappellera sans doute encore longtemps. Merci au peuple américain d'avoir permis de continuer à croire au rêve américain, de donner cette immense bouffée d'oxygène au monde entier. L'ampleur de cette victoire est un symbole très fort : les Etats-Unis d'Amérique sont toujours le pays où tout est possible, on peut croire maintenant un peu plus au rôle pacificateur des US dans le monde qu'hier, même un tout petit peu plus. C'est un moment historique, je suis heureux de l'avoir vécu, on s'en rappellera sans doute bien plus tard. La valeur du symbole, je ne l'oublierai pas, je n'y renconcerai pas, convaincu que c'est ainsi que l'on peut, lentement mais sûrement, faire évoluer les choses...
Son premier discours en tant que président fut un merveilleux discours de rassemblement, comme je n'en ai jamais entendu, simple mais tellement efficace. Pourquoi n'entendons nous pas ce genre de discours plus souvent ? Pourquoi n'avons nous pas plus de leaders qui nous inspirent ainsi ? Peut être que le monde commencera bientôt à tourner un tout petit peu plus rond. God bless Barack Obama and the American people. Pour ma part, après une nuit blanche heureuse, je vais me reposer un peu, l'attente en valait tellement la peine...
01 novembre 2008
Beautiful november

Et nous voici donc enfin, déjà, au mois de novembre. Terrible mois de novembre, au cours duquel se déclenchent souvent les fameuses dépressions saisonnières, en raison du manque de lumière, de l'arrivée de l'hiver. Mois superbe également par le spectacle grandiose de la Nature déclinante qu'il nous offre, comme sur cette photo prise au coeur de la Castagniccia, en Corse, le 19 Novembre 2003. Plus jeune, je redoutais ce mois, mais les temps ont changé. D'abord, je ne peux pas penser novembre aujourd'hui sans penser que là bas, de l'autre côté de la Terre, dans ma future maison, c'est le renouveau de la Nature, les jours qui rallongent à une vitesse folle et deviennent quasi complets, le retour d'une certaine douceur.
Surtout, cette année, ce mois de novembre 2008 a cette saveur très particulière : c'est le dernier avant le grand départ ! L'attente va donc se transformer d'une souffrance en un réel plaisir. Enfin ! Déjà, en raison de changements de calendrier de dernière minute, il se trouve que j'en ai quasiment fini, à un jour près, avec mon boulot. La formation que je devais suivre à Toulouse fin octobre a été reportée mi-novembre. Mais avant et après cela, vacances. Une autre contrainte est venue s'ajouter avec quelques séances de dentiste imprévues : on ne pouvait pas me laisser partir avec une dent en si mauvais état. Il vaut mille fois mieux s'occuper de tout cela ici, parce que notre médecin local à DDU est certes formé pour faire des soins dentaires, mais elle nous a clairement dit "d'éviter les problèmes dentaires, parce qu'(elle) n'aime pas ça !". A bon entendeur, en effet...
Ce mois de novembre va également être marqué par un événement important, que je suis attentivement depuis de longs mois : l'élection présidentielle américaine. J'avoue avoir été très impressionné, presque bouleversé, quand j'ai réalisé début janvier qu'un certain Barack Obama postulait à cette haute fonction. Je suis depuis lors un de ses fervents supporters, rien d'original certes, puisqu'un large consensus se dégage en sa faveur à peu près partout dans le monde. Aux US, ça reste à voir, le préjugé racial est encore incroyablement violent à bien des endroits, le vote à venir va être un véritable test pour voir où en est réellement ce grand pays par rapport à ces questions, attention à la déception mercredi 5 au matin... On nous inonde de sondages donnant tous Obama gagnant, mais finalement on devrait uniquement se concentrer dans les Etats susceptibles de basculer d'un camp à l'autre, les fameux swing states où la course est serrée...
Une victoire d'Obama serait un symbole incroyablement fort et positif venant d'un pays qui a réussi à ternir à ce point son image sur la scène internationale grâce à George W. Bush. Il est à peu près certain que, politiquement parlant, le bouleversement serait plus modéré, mais je crois fermement à la valeur des symboles, surtout dans une époque où tout se sait si vite, où on est inondé de représentations diverses et variées. Un métis à la tête des US, ça aurait de la gueule ! Une first lady noire ! Voilà ce simple élément permettrait peut être de combler un peu le fossé qui sépare les peuples, de limiter quelque peu le "choc des civilisations" voulu par l'administration Bush. Je crois sincèrement que ce genre de choses peut avoir un impact profond sur la façon dont les gens de toute la Terre verraient les US, avec un regard plus amical. Accessoirement, ça nous donnerait peut être aussi, à nous petits Français, un bon coup de pouce pour que des minorités émergent davantage dans la représentation nationale.
Tout ceci pour dire que je risque de ne pas beaucoup dormir mardi soir et, j'espère, fêter longuement l'événement mercredi dans la journée... Mais rien n'est gagné, une mobilisation ou démobilisation de dernière minute peut changer énormément de choses. Mais je ne pouvais pas passer sous silence cet événement qui rendrait assurément ce mois de novembre historique, ni ignorer l'immense espoir que j'ai ressenti au début de l'année en découvrant le candidat Obama. Espoir parfaitement résumé par ce très joli clip d'un jeune rappeur californien, McYogi, qui ne parle que de ces fameux symboles. OK, la politique concrète, c'est autre chose, mais la force du symbole est immense. Et un homme portant de telles valeurs pourra difficilement avoir une politique totalement contradictoire avec tout cela...
Je vous souhaite à toutes et tous un joyeux mois de Novembre, terminons à nouveau par une petite photo prise le même jour que la première, au village de La Porta. Le mariage entre ces vieilles maisons rappelant la nôtre de Penta, et les couleurs d'automne, me plaît particulièrement. November is beautiful, isn't it ?
