Je suis retourné pour quelques jours dans notre belle maison corse, ce lieu que j'ai si longtemps fréquenté il y a quelques années, en quasi ermitage. Evidemment, mes souvenirs sont de nature différente puisque j'ai connu à la fois les grandes réunions de famille en vacances mais aussi la solitude totale en ce lieu, les deux m'ont plu et m'ont laissé des impressions agréables et diverses. Une chose est sûre : c'est toujours aussi agréable de revenir ici et de cohabiter avec ces innombrables souvenirs, d'observer le jardin vivre et évoluer au fil des ans, légèrement façonné par nos petites mains d'hommes...

Voici une photo prise depuis le ferry lundi matin peu de temps avant d'accoster à Bastia. Le voyage en bateau a ce côté toujours magique par rapport à l'avion qui gomme la sensation d'éloignement par sa rapidité. Le bateau longe ainsi le Cap Corse à la fin de la traversée.

On voit les fameuses éoliennes du Cap Corse, un des lieux les plus ventés de France, où les vents soufflent fréquemment au delà de 100km/h, plusieurs fois par an au dessus de 160km/h même ! (Là c'est bien le météorologue qui parle, en effet...) Et pourtant, ces tempêtes de vent passent médiatiquement inaperçues. La végétation, les habitations sont adaptées à cet environnement souvent déchaîné. Quand on pense aux dégâts gigantesques qu'occasionneraient de telles forces de vent sur une grande partie de notre belle France...

Un peu plus tard, à presque 7 heures du matin, on s'approche de Bastia sans y être encore tout à fait...

Ensuite, direction la maison au village de Penta, pour se rendre compte des dégâts provoqués par les intempéries exceptionnelles qui ont touché la Corse en mai : tous les records de pluie ont été battus ou presque ! Un vrai déluge sur l'île, le genre qu'on observe bien plus fréquemment en automne qu'au printemps, et encore, pas souvent aussi fort. Les résultats sont là : une grosse branche de cerisier cassée qui obstrue l'accès au bas du jardin.

Par ailleurs, un peu plus embêtant, un mur s'est partiellement effondré, ce qui est toujours assez grave pour un jardin en terrasses... C'était le mur qui surplombait notre petite vigne, dont je m'étais occupé lors de mon dernier passage ici en mars, et qui est maintenant partiellement recouverte par des pierres et de la terre. Implacable force de la Nature !

Cela dit, elle n'a pas l'air morte, et il va falloir que j'aille inspecter ça et que j'essaie de la dégager, mais pour cela, il faut s'occuper de libérer l'accès coupé par la grosse branche de cerisier... A part ces quelques désagréments, le jardin semble avoir bien supporté toute cette eau, et a rarement paru aussi vert pour une mi-juin, on se croirait presque à Pâques, de quoi voir venir sereinement l'été et son inévitable sécheresse méditerranéenne.

Mais la Corse, c'est aussi ces cieux merveilleux que nous observons grâce à la belle vue que nous avons vers le Levant. Hier il y avait beaucoup d'humidité avec ce vent qui nous venait du Sud Est, d'origine maritime donc. Le résultat fut intéressant, avec des ombres parfois surprenantes sur les nuages bas, qu'on pouvait confondre avec une île émergeant de la brume...

J'aurai bien besoin de tous ces souvenirs familiers, colorés et enchanteurs quand je serai dans les grandes étendues glacées du Sud. J'en apprécierai mieux la force brute en la comparant à la Corse et ses atouts fabuleux. Aujourd'hui, je rêve d'être là bas pour voir autre chose. Quand je serai là bas, je rêverai probablement de revenir ici. Il est temps de faire le plein de bonnes choses d'ici, avant de faire celui de là bas. La Corse est éternelle, toujours aussi séduisante.