30 mai 2008
Central Park 1
J'ai laissé passer les jours sans présenter un extrait des photos que j'ai prises à Central Park, ce parc mythique de Manhattan, d'une surperficie de 341 hectares (4km de long sur 800m de large).

Ce qui frappe donc dans ce parc, c'est qu'à l'image de la ville, du pays même, il est très grand. Cependant, comme on le voit sur le plan ci-dessus, il a une forme rectangulaire et son immensité vient bien plus de ses 4km de long (51 rues !) que de ses 800m de large (3 avenues). Je m'y suis rendu le dimanche qui a suivi mon arrivée, en pèlerinage en quelque sorte, parce que j'adore les espaces verts d'une part, mais surtout parce qu'on m'en avait pas mal parlé.
J'ai vu beaucoup de joggers, des familles qui pique-niquent sur les pelouses, des touristes ou riverains qui flânent... Pour commencer voici une photo prise sur la 59ème rue avec l'entrée de Central Park sur ma droite.

Pour continuer une petite vue d'ensemble dans la zone fréquentée du parc au Sud, près du quartier des affaires et ses nombreux gratte-ciels.

Par endroit c'est vraiment bien fleuri, ce sont parfois des particuliers et/ou des associations de riverains qui entretiennent certaines parcelles du parc, soit par leurs dons financiers, soit directement même.

On continue avec une grande allée très célèbre du parc, et évidemment très fréquentée en cette mi-journée de dimanche, nous sortons tout juste d'un brunch bien sympathique dans un restaurant français...

Au bout de cette allée, on débouche sur une fontaine et un bassin sur lequel on trouve pas mal de barques pour se promener sur l'eau, ambiance aquatique donc...

En avançant un peu, sur les berges de ce petit lac, on se croirait quand même assez loin de la civilisation.

Un petit pont qui permet de traverser ce petit lac, et la vue nous rappelle que l'on est quand même au coeur de Manhattan, mais je trouve une certaine harmonie dans cette diversité.

Un peu plus loin, nous arrivons dans une partie du parc quasiment laissée à l'abandon, volontairement, afin de garder un côté sauvage au lieu, ça s'appelle le Ramble. Dans cet espace, le goudron posé sur certains chemins se disloque, comme si le monde qui l'entoure avait disparu...

En continuant à progresser grosso modo vers le Nord, nous atteignons un second étang, dont les abords sont très fréquentés : une grande pelouse sur laquelle jouent (au baseball) pas mal de gens, d'autres sont juste assis pour pique-niquer.

On finit par faire une rencontre assez improbable : un obélisque égyptien datant de 1500 avant JC. Détail surprenant : il y a des pinces de homards à sa base, comme écrasées par le poids du monument !

A ce niveau là du parc, on n'est plus très loin du MET (le grand musée incroyable de New York, comparé au Louvre) où François et Aurore m'emmènent faire un tour rapide dans la partie égyptienne, assez impressionnante, avec des tombeaux reconstitués et dans lesquels on peut, par conséquent, déambuler librement.
En sortant, mes amis me laissent et je commence alors une traversée en solitaire et sans assistance de ce vaste parc. Je m'arrête quelques minutes sur un des innombrables bancs que l'on trouve dans le parc, devant cette vue étonnante. Depuis notre court passage au MET (que j'ai visité bien plus longuement par la suite), le ciel s'est couvert, c'est pourtant toujours dimanche après midi...

Après une nouvelle petite marche vers le Nord (décidément, le Grand Nord me manque toujours, même à NYC !), j'arrive dans la partie Nord Ouest du parc, non loin d'Harlem, situé à l'extrémité Nord du parc. Je m'arrête là encore pour reposer mes pauvres jambes de ces kilomètres parcourus sur un banc, face à une vue plutôt apaisante. Dans cette partie du parc, la fréquentation est bien moindre, et le lieu dégage une vraie sérénité. J'ai dû rester là une bonne vingtaine de minutes.

Juste à côté de ce banc, on trouve ce petit pont sous lequel coule un ruisseau, il n'y a pas grand monde à ce moment à des dizaines de mètres à la ronde, on est pourtant dimanche après midi 16h... Cependant, même dans ces recoins reculés du parc, on croise d'inévitables joggers, des familles, et même quelques touristes volontairement (ou non) égarés comme moi.

J'arrive enfin à un des coins du parc : le bord Nord Ouest, à l'angle de la 8ème avenue (celle où je loge !) et la 110ème rue (bon là mon "chez moi" c'est la 47ème, assez loin). Coin très sauvage qui me plaît à nouveau beaucoup.

En sortant juste quelques mètres du parc, j'observe ces maisons de l'extrême Sud de Harlem qui fon donc face à Central Park et qui, de fait, doivent avoir une valeur élevée...

Je prends alors la 110ème rue vers l'Est, je longe donc Central Park à la droite de la photo, les bâtiments précédents sur la gauche. On remarque ce détail sympathique : il n'y a pas ces grandes grilles derrière lesquelles on barricade nos parcs français, ce qui ne semble pas nuire particulièrement au parc. J'aime vraiment ce côté ouvert, avec les risques que cela comporte certes mais surtout le symbole positif que cela véhicule...

Etant donné qu'il commence à se faire un peu tard et que ce n'est là que mon "aller" dans Central Park, je parlerai du "retour", c'est-à-dire du trajet vers le Sud dans un prochain billet. Cette journée fut assez typique de l'état d'esprit qui m'anima dans ce voyage : découvrir en marchant, en prenant, à tout instant, le temps de dévorer des yeux, de contempler calmement, de s'arrêter, de réaliser où j'étais...
25 mai 2008
Eurodivision
Comme un nombre élevé de millions d'européens, j'ai regardé ce samedi soir la 53ème édition du grand concours européen de chanson : l'Eurovision. Souvent raillé, à juste titre, pour la piètre qualité musicale proposée, celui-ci nous réservait un élément nouveau de choix cette année : la France était représentée par le talentueux Sébastien Tellier.
Autant le préciser tout de suite, je ne saurais être objectif au sujet de Tellier car je suis fan depuis un bout de temps. Son dernier album, sorti cette année et intitulé Sexuality est fort justement salué par la critique. En tout cas, France 3 l'a désigné courant mars pour porter haut les couleurs de la France lors de cette 53ème édition qui se déroulait en Serbie, à Belgrade.
Ce choix particulièrement audacieux ne s'est finalement pas révélé payant : la France a fini le concours 18ème sur 25, en récoltant cependant le plus grand nombre de points depuis 5 ans, il faut dire que nos artistes avaient pris la fâcheuse habitude de prendre des gamelles mémorables. Au vu du résultat, il serait exagéré de prétendre que ce résultat est bon pour Tellier, il est même décevant. Il est, par ailleurs, révélateur d'un triste fait qui a vraiment pris corps hier soir : l'Europe est complètement divisée.
La répartition des votes hier soir était caricaturale : tous les pays de l'Est, principalement, ont voté pour leurs voisins, de façon systématique. J'entends bien l'argument qui consisterait à dire que ces gens sont naturellement plus sensibles à un style de musique d'un pays voisin de culture voisine. Seulement, ça ne marche pas : un grand nombre chantaient en anglais, le style de musique étant franchement mondialisé et très rarement traditionnel/représentatif du pays.
On a ainsi eu droit à des choses assez amusantes, la Bosnie a voté pour la Serbie, et réciproquement, la Croatie pour les deux précédents cités, la Macédoine pour les 3 précédents, idem pour l'Albanie, la Grèce, etc... Une caricature géopolitique, qui révèle malheureusement un bien triste fait : le bide des "grandes nations" d'Europe de l'Ouest que sont le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France dans une moindre mesure, n'est hélas pas seulement imputable aux (éventuellement) piètres prestations de leurs représentants : ces pays sont jalousés et probablement peu appréciés du reste de l'Europe.
Or on sait bien qu'il y a une constellation de petits états en Europe de l'Est, qui envoient donc logiquement leurs points sur leurs voisins régionaux, quasiment sans en lâcher le moindre vers les pays de l'Ouest, les 3 grands pays du Nord-Ouest de l'Europe, disons. Ce qui est donc extrêmement décevant dans cette affaire, c'est que tout cela sentait le nationalisme à plein nez...
Si on était tenté de croire naïvement comme moi que cela se jouerait vraiment sur la prestation des artistes, quelle déception ! A un moment donné, la Biélorussie annonçait ses votes, j'ai pris les paris qu'ils mettraient leurs 8, 10 et 12 points à la Russie, l'Ukraine et je ne sais plus quel autre et ça n'a pas manqué. Apparemment c'est comme ça chaque année, c'est sans doute la première et donc dernière fois que je suivais ce non-événement.
Cela dit, le but était certainement d'offrir à tous ces artistes, et notamment à Sébastien Tellier, une visibilité médiatique d'un ampleur sans précédent. J'espère que nombreux auront été sensibles à sa musique décalée et kitsch... En plus, il faut bien reconnaître qu'il n'a pas été vraiment aidé par le réalisateur qui faisait des plans bizarres sur ses chaussures, ou sa veste, quand il ne se retrouvait tout simplement pas hors cadre !
Tout ceci révèle donc à quel point il semble vain d'espérer une Europe politique dans un avenir proche, on voit bien qu'il persiste un fort "bloc de l'Est" encore centré autour de la Russie dans la partie orientale de notre vieux continent. L'idée européenne, le rêve européen, une des choses les plus belles qui a émergé de l'horreur des guerres fratricides du XXème siècle, semble de plus en plus inaccessible... L'union économique s'est réalisée finalement sans trop de difficulté, en consultant les peuples concernés a minima, mais on est sans doute à des années-lumière d'une union politique.
Il y a trop d'intérêts nationaux en jeu, et surtout beaucoup trop de nationalismes comme dans la région des Balkans pour espérer passer outre ces fortes résistances et construire quelque chose de plus grand dans un avenir proche. Les récentes tensions autour de l'indépendance du Kosovo l'ont bien montré : la région reste hélas une véritable poudrière pourrie par l'ultra-nationalisme. La Russie défend bec et ongles son influence régionale, en ayant bien souvent des intérêts aux antipodes de ceux de l'Union Européenne, ou du moins des pays de l'Ouest.
Je ne sais donc pas en définitive si j'ai bien fait de suivre cette 53ème édition, c'était finalement assez déprimant, tant pour le résultat lui-même que sur la forme qu'il a pris. Peut être que si on avait jusqu'ici essayé de construire l'Europe davantage avec le peuple, plutôt que se contenter de monter des structures technocratiques régulant un simple marché commun, on n'en serait pas là. Au stade où nous en sommes, je ne vois pas trop ce qui pourra nous relancer. Europe des peuples, qui/où es tu ?
20 mai 2008
Service minimum
Parce qu'il y a des soirs où la flemme empêche de se lancer dans de grands récits, on se contentera donc de quelques photos sobrement commentées... En attendant, je me réacclimate lentement à la vie parisienne, si paisible, pour l'instant je dors étonnamment bien pour un décalé venant de l'Ouest ! Bonne nouvelle : je n'ai plus du tout mal aux jambes, je me remets de ces dizaines de km new yorkais.
La tour où je logeais, au milieu (en fait à l'angle droit, caché), au 28ème étage...

Une vue de bâtiments dans Upper West :

Sur la 5ème avenue, une des plus prestigieuses de la ville, à droite Central Park :

Dans East Village, à l'angle de la 2ème avenue et la 58ème rue (ouais je triche, on voit ça sur la photo !) :

La vue depuis l'Empire State, là c'est Central Park qu'on voit derrière les tours Rockefeller (la tour GE paraît modeste avec ses 70 étages et 266m de haut) :

Toujours vu de là haut, Madison Square, une des places celèbres de la ville, avec un immeuble souvent photographié à droite, à la forme étrange, entre Broadway et la 5ème. Petit moment culturel : il ne me semble pas avoir dit que Broadway était la seule avenue qui traversait entièrement Manhattan du Nord au Sud, et elle n'est pas droite, elle !

18 mai 2008
Back to France : Paris, c'est petit !
Je rentre ce dimanche de mon petit voyage new-yorkais, plein d'images, de sons, d'odeurs dans la tête. Cette ville est vraiment marquante, sans doute parce qu'elle ne ressemble à aucune autre, dans son style propre hyper varié, qui fait toute sa richesse. J'aurai l'occasion de revenir les prochains jours sur quelques faits/moments marquants du séjour.

Après avoir été "initié" à Times Square par Aurore et François une semaine plus tôt, c'est ma cousine Flora qui était de passage à New York qui a eu droit au passage du flambeau, il ne lui reste donc plus qu'à acheter son T-Shirt I Love NY pour être une touriste accomplie ! Etant donné que nos deux voyages étaient complètement indépendants, la probabilité pour que nous allions tous les deux à New York pour la première fois au même moment était infime, et pourtant ça s'est fait ! On s'est donné rendez-vous à l'Apple Store de la 5ème avenue (un repère facile) et ensuite on a fait un petit bar branché près de Times Square avant ce grand baptême, puis un petit resto italien sur la 9ème.
Bon la photo fait un souvenir sympa, mais on aurait pu se prendre en photo tous les deux, simplement il y avait un crachin breton bien humide qui compliquait sérieusement cette tâche, tant pis, elle m'a pris en photo sous mon parapluie... La météo a été très bonne d'ailleurs mardi, mercredi et quasiment jeudi, mais exécrable à nouveau vendredi, où malgré mon parapluie je me suis bien fait tremper lors de mes longues marches.

Au revoir New York donc, au revoir cette vue assez spectaculaire, il faut bien dire, prise au 102ème étage de l'Empire State Building, qui est redevenu le gratte ciel le plus haut de la ville depuis les attentats de septembre 2001. La vue regarde vers le Sud, on voit donc Downtown, le premier quartier d'affaires où on trouve la Bourse, la Mairie notamment. On voit même au fond à droite les deux îles Liberty et Ellis Island mises à l'honneur dans mon dernier billet.
Le voyage s'est déroulé sans encombre si ce n'est qu'en misant sur le métro j'aurais fort bien pu être très juste pour mon avion : il y avait des travaux sur la ligne rapide de métro que je voulais emprunter, je me suis rabattu sur la lente (ligne A), là il m'a fallu attendre le bon métro, etc... Bref, quelques petites sueurs froides mais j'ai quand même réussi à enregistrer 15 minutes avant l'heure limite finalement ! Evidemment on peut payer 50$ son taxi et aller plus sûrement et rapidement à JFK AIrport mais c'est juste 7 fois plus cher...
Vol sans histoire et à l'arrivée, l'accueil français, c'est quand même autre chose que l'accueil américain. Bon certes je rentre dans mon pays donc les formalités sont sans doute plus légères pour moi que pour les étrangers, mais enfin c'est fluide, on ne prend pas deux empruntes digitales + photo de tous les gens qui entrent, en leur posant des questions suspicieuses... Ca va donc beaucoup, beaucoup plus vite. Et je ne parle même pas des douanes qui étaient inexistantes ou presque : il y avait un seul officier des douanes qui tournait le dos au flot de passagers qui sortaient en discutant avec quelqu'un... Là encore, c'est autre chose quand on entre aux US. Tout cela pour dire qu'on sait recevoir, en France !
Quant à Paris, jamais le contraste ne m'a paru si grand avec les US, comparé à New York ça fait vraiment petit, surtout la taille des immeubles bien sûr parce qu'avec la banlieue niveau étendue c'est tout de même assez grand. Je vois pour ma part assez clairement un parallèle entre la grandeur de certains buildings new yorkais et l'ambition, le dynamisme, qui caractérisent cette ville. Toujours plus haut, toujours plus fort, quand en France on stagne dans notre belle ville musée... Comme mon ami Léo me l'avait dit, NY c'est une énergie, c'est tout à fait ça, quand on rentre, on se dit qu'on va faire une longue sieste à Paris sans être dérangé. Je développerai certaines choses prochainement.
On se quitte avec une vue assez typique de ce fascinant patchwork tant architectural que culturel, quelque part dans Upper East, non loin du siège des Nations Unies.

15 mai 2008
Liberty & Ellis Island
Aujourd'hui mercredi, j'ai passé une grande partie de la journée sur ces deux îles emblématiques situées à quelques kilomètres de Manhattan. Sur Liberty Island, on trouvé la fameuse statue de la Liberté. Sur Ellis Island, le musée national de l'immigration des Etats-Unis, puisque c'est par cette île que sont passés des générations d'immigrants entre 1892 et 1954. On accède à ces deux îles à partir d'un ferry que l'on emprunte à l'extrême Sud de Manhattan. Comme on l'imagine, c'est un circuit touristique très prisé. Il y a donc énormément de monde, et j'avais ainsi décidé d'embarquer avec le premier ferry à 9:30 ce matin.

Je passe ici sur l'attente inévitable, mais à signaler à d'éventuels visiteurs : même arrivé à la billeterie à 8h40, j'ai juste pu embarquer avec les premiers à 9h30 sur le ferry, il y avait déjà une queue relativement immense derrière moi, et pas mal de gens devant moi. On a eu droit à un premier contrôle de sécurité, exactement comme quand on prend l'avion, on vide ses poches, on met son sac, on passe aux rayons X, etc... Belle file d'attente pour cela, puis pour le ferry lui-même. Enfin me voilà peu avant 10h sous la statue. Je profite de l'affluence encore assez faible. Belle vue sur Manhattan depuis Liberty Island.

Après un temps d'hésitation qui me coûte probablement 30min d'attente, je décide de rentrer dans la monument lui-même. En effet, une telle hésitation laisse le temps à quelques dizaines de personnes de s'engouffrer dans la nouvelle file d'attente pour le monument lui-même. Comme c'est un symbole parmi les symboles, on a droit à un nouveau contrôle de sécurité, encore plus drastique que le précédent puisqu'il y a un système qui nous propulse de l'air afin de détecter je ne sais quelle substance interdite. En réalité, on ne peut plus monter dans la statue, mais seulement dans le massif piédestal, ce qui offre tout de même une vue sympathique, notamment sur Ellis Island.

A l'intérieur du piédestal, on a droit à une explication détaillée du processus de fabrication/conception/transport de la statue, depuis Paris jusqu'à New York. Je le savais pourtant, mais là j'ai été vraiment frappé, c'est vraiment un monument complètement français, et ce musée est un hommage au génie français tant artistique (Auguste Bartholdi) que technique (Gustave Eiffel) ! On parle de la France partout, de ces français qui ont donné de l'argent pour que la statue voient le jour, pour un cadeau destiné aux Etats Unis d'Amériqué ! L'amitié entre nos deux peuple est donc bien profonde... Les Français ont financé la statue, tandis que les Américains ont financé le piédestal.
Une photo d'ombre plus anecdotique : après le long moment passé à m'instruire dans le piédestal, me voici donc dehors côté Nord, il est presque midi et l'ombre de la statue se projette sur le sol, on voit ma tête et mon bras dépasser en bas à gauche de l'ombre...

Enfin, la vue vers Manhattan d'un peu plus bas, en descendant...

Ensuite, je reprends donc le ferry pour aller sur Ellis Island, ce lieu symbole de l'immigration américaine. Sur le ferry, on a toujours une vue imprenable sur Manhattan, on croise un voilier, ça fait une image sympa...

Juste avant d'accoster, on a une vue sur le bâtiment principal d'Ellis Island, celui où passèrent donc tous les immigrants du début du XXème siècle, et qui a été restauré récemment. En dessous, une fois à terre, il y a un petit jardin avec arbres et pelouse bien aménagés, on peut se reposer en regardant Manhattan, comme des millions d'immigrants ont dû le faire avec émotion, envie, impatience, grande fatigue liée au voyage...


A l'intérieur du bâtiment, l'ambiance est presque solennelle, on s'imagine des milliers d'immigrants épuisés, sales, parfois malades qui ont tout quitté pour tenter le rêve américain, le port de New York est la porte d'entrée pour environ 70% des immigrés, presque un passage obligé. Qui étaient ils, ceux qui se sont entassés ici pendant des heures, parfois des jours, attendant la terre promise ? Finalement, malgré des examens médicaux et psychologiques, l'immense majorité (98%) était acceptée et pouvait ensuite prendre un billet de train (par exemple) pour rejoindre leur destination finale aux US, seule une bonne minorité (30%) restant à New York même. Voici une photo de la salle principale au rez-de-chaussée, où on entrepose quelques bagages d'époque...

Voici enfin une photo prise au troisième niveau du bâtiment, on domine la grande salle d'enregistrement où les immigrants s'entassaient parfois par milliers. Dans les petites salles annexes, on voit de nombreuses photos d'immigrants, des témoignages comme celui de cette polonaise, arrivée en 1913 : Voici tout ce qu'on entendait : il y avait de l'or sur les rues d'Amérique. Il ne s'agissait pas pas d'Amérique du Nord, ni d'Amérique du Sud, ni d'Etats Unis, simplement d'Amérique. Ce n'était que des bonnes choses. On pouvait être qui on voulait ici et gagner beaucoup d'argent, même si ce n'était qu'un dollar par jour. On sent là tout l'enthousiasme, l'espoir, le fantasme même qui habitaient ces immigrants.

J'ai passé deux bonnes heures dans ce sanctuaire, j'ai pique-niqué à l'extérieur face aux gratte-ciels, j'ai apprécié le temps que j'ai passé sur cette île un peu hors du temps, où l'on sent le poids de l'Histoire. Aux US, c'est un endroit assez unique. Ensuite, les visiteurs se firent progressivement plus rares dans le bâtiment, le ciel se couvrit, il était temps de regagner Manhattan par le dernier ferry. Drôle de contraste entre cet afflux quotidien de touristes en ferries et la victoire que représentait cette traversée pour des millions de gens qui y jouaient une part importante de leur existence... Au revoir Ellis Island, et salutations à tous tes héritiers disséminés dans ce grand pays ! Retour à Manhattan, Battery Park au premier plan, où l'on accoste...

Fin de journée, le temps de faire un peu de shopping pour profiter encore du dollar pas cher (3 chemises et un pantalon ce mercredi !), et aussi pour passer à un autre lieu symbolique : Ground Zero, le site de feu les tours jumelles victimes du 11 Septembre 2001. Toujours un trou béant, une aberration en plein Downtown en quelque sorte. Le projet de reconstruction avance et est prévu pour 2012, avec 3 nouvelles tours notamment. Il y avait avant les attentats un globe (création de l'artiste Fritz Koenig) entre les deux tours, celui-ci a été endommagé mais non détruit par les attentats, il a été exposé à Battery Park avec une flamme qui brûle jour et nuit en hommage aux victimes.

Enfin, une vue de Ground Zero, pas besoin d'être New-Yorkais pur souche pour deviner qu'il y a un gros trou indésirable à cet endroit...

Avec tout ceci, je n'ai raconté que cette journée de mercredi, mais je n'ai pas chômé pour autant les jours précédents, j'essaierai d'alimenter le blog dès que possible avec le reste (Central Park, fascinant, notamment). Il s'est passé d'autres choses plus insolites : j'ai été mardi témoin du mariage de mes hôtes Aurore et François, à la mairie de New York ! Tout s'est décidé assez rapidement, avant un double mariage (religieux+civil) en France dans les prochains mois, il y a donc eu un premier épisode ici, auquel j'ai eu l'honneur de participer. Meilleurs voeux de bonheur, d'autant que je vais louper le mariage religieux et la grande fête l'an prochain...
12 mai 2008
Samedi dans la Grosse Pomme
Le surnom de New York est la Grosse Pomme (the Big Apple en anglais), l'explication de cela est fournie par Wikipedia, je ne la recopie donc pas.
Ca y est ! Le week end est passé, bien vite bien sûr, mais il fut bien rempli. Pour prendre les choses chronologiquement, vendredi temps exécrable avec 10°C et une pluie assez forte toute la journée, la météo avait parfaitement anticipé la chose, idéal en tout cas pour se remettre un peu du voyage. Je me suis contenté d'un petit tour sous mon parapluie dans la ville, avec deux destinations adaptées à un temps aussi inhospitalier : le MoMA (Museum of Modern Art) et l'Apple Store de la 5ème avenue, à côté de Central Park.
Le MoMA est à la hauteur de sa réputation, on y voit des choses étonnantes, très variées, c'est un vrai voyage. Dans ce musée, à un moment, j'entendais presque plus souvent parler français qu'anglais ! Il y a beaucoup de français ici, sans doute pas mal de touristes attirés par le dollar faible également. Incontestablement en tout cas quelque chose à voir, en fait ce qui m'a surpris c'est qu'il y a également toute une partie design dans ce musée, ça change un peu des tableaux aussi abstraits soient-ils...
Enfin, après 3 heures et demie passées dans le musée (nouveau record personnel je pense), je quittai la foule encore plus compacte à 17h30 qu'à 14h afin de repartir sous la pluie vers l'Apple Store. On rentre dans le grand cube de verre ci-dessous, on est en suite accueilli par une horde de vendeurs, ça ressemble à une mini Apple Expo permanente. Dire que j'ai fait cela, en quelque sorte, il y a quelques années, étrange impression...

Une fois le pèlerinage accompli, je suis rentré à l'appartement, essayant de me mouiller le moins possible. Un bon dîner entre amis et au lit. Samedi matin, retour de quelques éclaircies, voici la vue disponible depuis le 28ème, côté Ouest :

Nous sommes ensuite partis bruncher dans le quartier appelé Meatpacking, un quartier composé d'anciens abattoirs qui a été complètement réaménagé et est devenu assez tendance. Nous avons retrouvé un de mes anciens amis de l'ENSIMAG (mon école d'ingénieur à Grenoble) qui vit et travaille à New York. Cela faisait donc 5 ans que je n'avais pas vu Stan ! On brunche dans un bistrot français (Pastis, à gauche de la photo ci-dessous) très correctement, puis nous partons nous promener.

Comme Stan habite New York depuis plus de 5 ans, il connaît bien le coin, il nous emmène ainsi très gentiment nous promener dans le coin, à pied bien sûr, afin de découvrir le quartier qu'il considère le plus agréable de la ville : Tribeca. Comme il a habité plus de 2 ans là bas, mes amis et moi profitons de l'aubaine d'avoir d'un tel guide. Tribeca est un quartier composé d'anciens entrepôts qui ont été réaménagés en lofts très agréables à vivre.

Nous passons notamment devant une petite ruelle qui est très souvent utilisée pour des tournages de films... Et juste en dessous une curiosité locale : la caserne qui a servi pour le film Ghostbusters, où on me voit avec Aurore et Stan.


Après nous avoir amenés jusqu'à la mairie de la ville, Stan nous a quittés, et nous sommes retournés faire un petit tour dans Tribeca car ce quartier intéresse Aurore et François. Au passage, nous sommes tombés sur un magasin immense qui vend des affiches, sur toute la largeur d'un bloc. J'ai trouvé que certaines de ces affiches étaient assez drôles comme celle que l'on voit en dessous. Beaucoup d'affiches françaises en tout cas, d'ailleurs, comme je l'ai déjà dit précédemment, le français est quand même bien présent à New York...

Ensuite, direction le quartier assez connu de Soho (South of Houston Street), on y trouve beaucoup d'artistes, un très grand nombre de galeries d'art, pas mal de commerces en général, autant Tribeca est assez calme (on croise assez peu de monde dans la rue), autant Soho grouille. Les immeubles ont une structure métallique, et contrairement à une bonne partie de la ville, on y trouve une certaine homogénéité architecturale : les immeubles font à peu près tous la même taille, par exemple.

Retour en fin de journée dans Midtown West où résident mes amis, ça grouille de monde, ça klaxonne beaucoup dans la rue, les tours sont partout, toute une ambiance... Pas très calme d'habiter à 3 minutes de Times Square, mais au moins le quartier des affaires avec les tours Rockefeller où bosse François ne sont pas très loin !

Nous avons terminé ce belle journée de découverte dans un très bon restaurant italien, c'est tout simplement fou le nombre de restaurants qu'il y a dans cette ville. Les New Yorkais sortent tout le temps, du moins à Manhattan, et comme ceux qui habitent ici sont plutôt aisés, ils en profitent abondamment. Cela dit, comparé au prix du logement notamment, les restaurants restent très abordables, surtout au prix actuel du dollar, on a un bon repas pour 50-60$ environ (30-40€, assez proche de Paris).
Pour conclure ce récit de samedi, voici une photo de coucher de soleil prise depuis l'appartement, le salon étant idéalement exposé.

10 mai 2008
Arrivée à NYC

Voici une petite photo de mon hôte François et moi à Times Square, à quelques minutes à pied de son appartement. Le voyage fut relativement long, surtout l'arrivée qui n'en finissait pas : 45 minutes entre l'atterrissage et le moment où on a pu sortir de l'avion, et ensuite le métro pour rallier Manhattan depuis l'aéroport JFK : une heure. Ambiance presque lourde avec 22-23°C et pas mal d'humidité, soleil voilé, ciel laiteux.
Quand je suis sorti du métro, le choc bien évidemment, ça y est, c'est le décor de film bien connu. Il faut dire que, dans l'avion, les trois films que j'avais vus se déroulaient au moins en partie à New York/Manhattan. J'ai ensuite trouvé sans difficulté l'appartement d'Aurore et François, autour de 18h30. Un bel immeuble de 54 étages, l'appart' se trouve au 28ème, ça donne une vue sympathique déjà. Une petite heure après, nous sortions pour dîner à un excellent japonais, tout près de chez eux. C'est au retour du japonais qu'Aurore nous a pris en photo à Times Square, encore bondée à 23h. Cette ville ne dort jamais, dit-on...
06 mai 2008
Perspectives

Voici une vue de New York, puisque je pars jeudi voir cette ville dont tout le monde dit le plus grand bien. A l'approche du départ, classiquement, une certaine excitation monte, l'impatience grandit. On pourrait croire, de façon assez justifiée par ailleurs, que je préfère découvrir des paysages naturels que des villes, mais cela ne m'empêche pas d'être curieux de découvrir ce que les hommes ont bâti de plus spectaculaire, de nouvelles perspectives urbaines.
J'en profite au passage pour rendre visite à des amis sur place, qui ont l'extrême gentillesse de m'héberger : Aurore et François, je vous remercie d'ores et déjà ! On vit quand même une époque sous certains aspects formidables : la mondialisation par les amis a cette incontestable vertu, surtout pour un nomade comme moi. Et même si la météo s'annonce assez capricieuse là bas, il y a pas mal de choses à faire en intérieur. Toutefois, ce que je préfère dans une ville inconnue, c'est marcher, déambuler presque au hasard dans les rues, observer, écouter, essayer de ressentir l'atmosphère de la ville. Affaire à suivre, jolie perspective pour les dix jours à venir en tout cas.
Je vais donc quitter la France où l'on célèbre avec la modestie de rigueur la première année de notre jeune président hyperactif. Comme je le pressentais il y a un an, on a continué à voir beaucoup de communication au détriment d'une action confuse et peu assurée. A mes yeux, il ne fallait pas attendre grand chose d'autre de la part d'un avocat d'affaires qui s'est finalement égaré en politique, ce dont tout le monde semble à peu près convaincu aujourd'hui. Une machine à gagner les élections ne fait pas un président.
Je ne regrette pour autant pas la candidate socialiste malheureuse qui ne m'a jamais séduit, au contraire, qui n'aurait été qu'une présidente par défaut. Ce dont souffre la France, c'est aussi de la pauvreté de son personnel politique, du moins ceux qui sont mis en avant. Ce constat dressé il y a un an est toujours valable, on attend un renouvellement massif du personnel par des personnalités engagées sur de vrais projets, et non une pléthore de promesses parfois contradictoires.
La révolution écologique tant espérée à la suite du numéro de Nicolas Hulot n'a pas eu lieu, on s'est contenté là encore de faire de gros efforts de communication pour un résultat finalement décevant et pas à la hauteur des défis évoqués. Cela dit, je n'en tiendrais personnellement pas rigueur à ce président et ce gouvernement, puisqu'en la matière, une action française serait d'un impact limité. On a sans doute perdu l'occasion d'être leader, de montrer l'exemple à d'autres... Ce qui a été acté à la suite du Grenelle de l'Environnement a manifestement permis de nous mettre en conformité avec les directives européennes sur le sujet, ni plus ni moins. La France a recollé au peloton des médiocres.
Et Nicolas Hulot que j'avais tant apprécié à l'époque, a disparu médiatiquement. Avec le recul, il apparaît évident qu'il aurait dû aller au bout de sa logique et se présenter à l'élection présidentielle, plutôt que de déclarer lors d'une de ses rares sorties médiatiques récentes qu'il condamne le libéralisme et se dit séduit par Besancenot et Cohn-Bendit. Joli constat d'échec de nos politiques actuelles. En attendant, sur le sujet, rien n'avance fondamentalement. Hulot a sans doute fait le mauvais choix, mais était il taillé pour le bon ? Quelles perspectives pour l'écologie en politique ?
Concernant un autre aspect évoqué dans ce billet du 7/05/2007, j'ai toujours aujourd'hui le désir d'expatriation, je suis trop curieux pour rester en France. Il est naturellement possible qu'une année complète de recul dans les terres australes glacées altère cette opinion, bien que j'aie quelque difficulté à imaginer que cette curiosité disparaisse un jour. Je suis né français par hasard, cette constatation étant faite, la vie m'a donné les moyens (et donc la liberté) d'avoir d'autres perspectives que celles que mon environnement d'origine me proposait...
Allez, profitez du joli printemps français, let's go to NYC !
01 mai 2008
Joli mois de mai
Un petit mot pour célébrer l'entrée dans le mois de mai, mois qui a toujours représenté quelque chose de sympathique et positif à mes yeux, sans doute parce que c'est, en premier lieu, celui de mon anniversaire. Mais c'est également le printemps qui s'emballe, la Nature qui refait surface, les longues soirées, une température souvent idéale, etc...
Je réalise aussi que c'est une saison que je ne connaîtrai pas en Terre Adélie, d'une certaine façon cela confère à ce printemps et ce joli mois de mai une saveur inédite. Ce rapide billet pour dire également que, sans être complètement réveillé, j'ai commencé à sortir de la torpeur que je décrivais dans le billet précédent. Peut être est-ce un autre effet secondaire du mois de mai, même si cela fait maintenant 2-3 jours. Ou tout simplement l'incroyable puissance de l'écriture qui permet souvent de se libérer de tant de choses.
Joyeux mois de mai et printemps à toutes et tous !

(Bon, d'accord, ce n'est qu'un prétexte pour caser une photo de lever de soleil prise en mai 2004 à Penta, mais ça faisait longtemps et il faut bien illustrer !)